Cycles climatiques

(traduction libre de « Klima-Zyklen und ihre Extrapolation in die Zukunft » par Dr. Dietrich E. Koelle)

Avec la reconstruction du développement du climat passé par proxy, on y découvre une série de cycles de température qui semblent être inconnus, ou alors ignoré par les scientifiques du climat. Parmi ces cycles, il y en a de très grands, de 150 à 180 millions d’années (voir ic et ici), mais aussi des cycles plus courts et plus importants pour nous:

1000 ans (900-1100) Cycle de Suess sans nom(?) +/- 0,65°C
230 ans (230-250) Cycle de DeVries +/- 0,30°C
65 ans (60-65) Cycles océaniques +/- 0,25°C

En principe ces cycles ont un comportement sinusoïdal comme démontré en figure 1. Bob Tisdale a aussi démontré comment l’augmentation de la température dans le cycle de 65 ans de 1975 à 1998 a conduit à l’hypothèse que c’était dû aux émissions de CO2, parce que les deux arrivaient parallèlement. Et certains ont naïvement étendu cette tendance jusque 100 ans dans le futur et formé les bases des modèles climatiques et l’invention de la fameuse « catastrophe climatique »

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Figure 1: Onde sinusoïdale caractéristique du cycle océanique de 60-65 ans (Source: Bob Tisdale).

Dans cette analyse, nous allons essayer de voir comment le développement de la température pourrait être durant les 700 prochaines années, assumant bien sûr que les cycles climatiques passés vont continuer dans le futur. Ceci ne doit pas être (mal)interprété comme une prédiction du climat futur. Jusqu’à maintenant il n’y a que le GIEC qui prédit que la température va monter de 2 à 5°C d’ici 2100, basé seulement sur la hausse prévue du CO2. Pourtant cette hypothèse n’a pas fonctionné depuis 18 ans parce que les multiples facteurs climatiques naturels n’ont jamais été pris en considération., ou n’ont pas été permis d’être considéré dans les modèles climatiques. Inclus dans ces facteurs sont la couverture nuageuse moyenne (albedo) et l’effet d’isolation résultante (watts par mètre carré) à la surface de la terre, ou la surface de la mer, qui est pour le développement de la température. Ensuite, la figure 2 ci-dessous démontre le cycle de 1000 ans et le cycle de 230 ans, qui ont été reconstruit avec des données proxy. Ils proviennent d’une combinaison de résultats de publications variées dans le domaine de la paléoclimatologie dans les dernières années. Le diagramme des derniers 3200 ans montre de façon distincte un cycle de 1000 ans; les derniers 2000 ans étant en plus confirmés par des documents historiques. En fait ce cycle remonte jusqu’à la fin de la dernière ère glaciaire, i.e. depuis au moins 9000 ans. La raison de ce cycle est encore inconnue aujourd’hui, mais son existence n’est pas remise en question.

La période chaude actuelle n’est pas un « produit anthropique », il s’agit plutôt du résultat naturel d’un cycle répétitif de 1000 ans qu’on peut retracer très loin dans le passé. La période chaude actuelle ne se rapproche même pas des température vues dans les périodes chaudes précédentes, qui ont étés de 1 à 2°C plus chaudes. En outre, il est important de noter que durant les deux derniers optimums de températures il y a 1000 et 2000 ans, le taux de CO2 était à 280ppm (partie par million), alors qu’aujourd’hui il est à 400ppm. Ça indique que les périodes plus chaudes précédentes étaient liées à l’activité solaire naturelle et non pas à une hausse du CO2 parce qu’il n’y a pas eu de hausse du CO2 durant ces phases chaudes.

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Figure 2: Températures globales depuis 3200 ans qui montre un cycle distinct de 1000 ans chevauché par un cycle de 230 ans.
Notes de traduction: (Jahr = année)
Texte du haut:
Optimum Minoéen, Optimum Romain, Optimum médiéval, période chaude actuelle
Texte du bas:
Migration (celtes), Migration (goths), Famines en Europe

Il est d’importance historique significative le fait que durant l’histoire de l’humanité, les périodes chaudes ont toujours été des périodes de prospérité économique et culturelle. Les périodes plus froides ont toujours mené a des problèmes sérieux, famines et migrations de population massive en Europe. Il est ici indéniablement clair que les affirmations alarmistes que « la terre à la fièvre » faites par des politiciens comme Al Gore sont manifestement absurdes.

Le cycle « idéal » de 1000 ans, est influencé par le cycle de 230 ans, qui lui est influencé par le cycle océanique de 65 ans, tel que démontré en figure 1. Ajouté a ces cycles sont les évènements typiquement non-cycliques comme le ENSO (El Nino Southern Oscillation), les éruptions volcaniques etc. La Figure 3 montre la courbe de température pour les deniers 165 ans, avec le cycle de 230 et l’effet du cycle océanique de 65 ans. La température actuelle fluctue de plus ou moins 0.2°C due aux effets de ENSO, les taches solaires, activités volcaniques etc.

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Figure 3: Le cycle de 230 ans depuis 165 ans, superposé avec le cycle de 65 ans ainsi que d’autres effets comme le cycle irrégulier fects like the irregular ENSO events and large volcanic eruptions.

La hausse de température de 0,6°C durant la période 1975-1998, qui a déclenché toute l’actuelle hystérie climatique, était de la même amplitude que la précédente hausse qui a eu lieu dans la période 1910 à 1940, qui en retour n’avait rien a voir avec le CO2 puisque à ce moment la concentration dans l’atmosphère n’avait augmenté que d’environ 10 ppm (de 297 à 308 ppm). Aussi la hausse de température de 1,5°C depuis 150 à 250 ans n’a rien “d’extraordinaire” ou de “dangereux”, comme on nous le répète dans les médias. Au lieu, il s’agit d’un rétablissement naturel suite à la petite ère glaciaire qui s’était emparée de la planète entre 1400 à 1750. La petite ère glaciaire a non seulement fait geler complètement la Tamise et la mer Baltique, mais a aussi causé des famines sévères en Europe et provoqué une immigration massive vers l’Amérique.

Les chiffres montrent aussi que les 3 cycles ont atteint leur maximum juste après la fin de dernier millénaire. Avec ceci en tête, on se serait attendu à avoir des température plus élevées que durant les périodes chaudes précédentes. Ici peut-être le fait que la température globale est en tendance négative depuis l’optimum holocène joue un rôle. Ce qui signifie que la température globale a baissé de 2°C depuis 8000 ans.

Basé sur des faits historiques, il est possible d’étendre cette tendance dans le futur pour former un possible scénario climatique. La Figure 4 démontre l’extrapolation du cycle de 1000 ans et du cycle de 230 ans selon la tendance attendues. Ajouté à ça les fluctuations du cycle océanique de 65 ans, les impact des évènements ENSO, cycles de taches solaires et éruptions volcaniques, qui résultent en fluctuations additionnelles de quelques dixièmes de degrés – tout comme elle l’ont fait dans le passé..
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Figure 4: Extrapolation des cycles de 1000 ans et de 230 ans, 700 ans dans le futur.

La Figure 4 démontre le développement réel de la température globale des derniers 1000 ans et sa continuation théorique pour les prochain 700 ans. Il ne s’agit pas d’une prévision, mais plutôt d’un prolongement du possible tracé possible de la tendance actuelle, qui dans la moitié des prochains 100 ans pourraient voir un baisse d’environ 0,3°C et de 2°C en 350 ans – ce qui signifierait des conditions semblables à celles vécues durant le petit âge de glace entre 1450 et 1700. Dans environ 1000 ans, le cycle de 1000 ans sera de nouveau dans sa phase chaude et on pourrait s’attendre à des températures comparables à celles d’aujourd’hui.

Durant les prochains 50 ans, il ne devrait pas y avoir de hausse de température, mais plutôt une légère baisse de température. Dans les décennies avant et après l’an 2300, une dramatique baisse de température pourrait arriver parce que les deux cycles de 1000 ans et de 230 ans vont baisser rapidement et en parallèle.

Références:

1 J.R.Petit et al.: Climate and atmospheric history of the past 420 000 years from the Vostok ice core, Antarctica, Nature Vol.399, June 1999

2 Th.Steuber et al.: Low-latitude seasonality of Cretaceous temperatures in warm and cold episodes, NATURE Vo.437, 27 Oct.2005

3 W.S.Broecker and G.H. Denon: What Drives Glacial Cycles ? Scientific American, Jan.1990

4 H.Kawamura et al.: Antarctic Dome C Temperature Reconstruction, Nature, 23 Aug.2007

5 J.Veizer et al.: Evidence for decoupling of atmospheric CO2 and global climate during the Phanerozoic eon, NATURE Vo.408, 7 Dec.2000

6 K.Kashiwaya et al.: Orbit-related long-term climate cycles revealed in a 12-MYr continental record from Lake Baikal, NATURE Vol410, 1 March 2001

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11 commentaires pour Cycles climatiques

  1. crioux dit :

    Dans le même ordre d’idée, un billet que j’avais écrit il y a plusieurs années:
    https://crioux.wordpress.com/2012/12/16/manipulations/

  2. Robert dit :

    Si je puis me permettre, les cycles de Suess et de De Vries sont un seul et même cycle et pour ce qui est de leur prétendue influence sur le climat j’aimerais que vous nous fournissez des sources.

    Ah ces climato-sceptiques, ils nous feront toujours rire.

    • crioux dit :

      Vous avez raison, le cycle de Suess et DeVries sont deux noms différents pour désigner le cycle de 200-230 ans.
      Il s’agit probablement d’une erreur qui s’est glissée dans le document original, ou dans le site web qui l’a reproduit: http://www.kaltesonne.de/klima-zyklen-und-ihre-extrapolation-in-die-zukunft/
      Je ne suis pas l’auteur, je n’ai que traduit, et je ne me suis pas rendu compte de l’erreur.

      Ça ne peut pas être Hallstatt non plus (2300 ans). Je vais vérifier dans ma documentation pour trouver le nom correct, et faire un erratum.

      Mais ça ne change rien au reste du document et à la validité des cycles et leur influence sur le climat, qu’importe leur nom.

    • crioux dit :

      Après une vérification rapide, il semble que le cycle de 1000 ans n’ai pas encore été nommé.

  3. youppi dit :

    j’ai décroché de ton explication dès le départ car on ne sait pas qui et comment ont été fait les reconstructions de température du passé.

    Surtout que des reconstructions fiables des millénaires passés ne sont faits que depuis MBH 98 et cie. Un dizaine d’autres ont faits.

    mon autres points c’est que tu dis que ce ne sont pas des prédictions, c’est quoi alors ?

    Finalement quand Milankovitch a émis ces cycles n’y avait t’il pas une explication sur la cause de ces cycles. Alors que toi tu dis que ce sont des cycles sans causes ?? bizarre Non ?

    • crioux dit :

      J’ai jamais dit que ces cycles étaient « sans causes ».. Ce sont des cycles solaires et océaniques, mais le but de l’auteur n’était pas d’identifier les causes, mais bien de montrer l’influence de ces cyles. Et si tu avais lu correctement je ne « dit » rien, j’ai traduit un article…. Je n’en suis pas l’auteur.

      Quant aux cycles de Milankovitch, il n’en est pas question ici, parce que ce sont des cycles à beaucoup plus long terme, qui influencent entre autres les cycles d’ère glaciaires. Les cycles de Milankjovitch sont des cycles orbitaux et d’inclinaison de l’axe de la terre. Rien à voir.

  4. jipebe29 dit :

    @c. Rioux
    Je vous recommande l’ouvrage de Philippe de Larminat, qui utilise la technique d’identification bien connue dans le domaine de l’automatisation de processus. C’est la première fois que cette technique est utilisé pour le climat.

    Titre: Changement climatique: identification et projections, aux éditions iSTE.

  5. juloM dit :

    Vous oubliez le cycle de Gleissberg (90 ans environ) son minimum est prévu en 2030 et le prochain vers 2200, sachant que l’AMO va devrait être négatif entre 2025 et 2035 c’est seulement entre 2018 et 2030 environ que la température pourrait baisser puisque la PDO sera négative en même temps que la PDO, et que nous entrerons dans un minimum solaire profond dès le cycle 25 jusqu’au 27 environ. La température pourrait baisser durant plusieurs décennies disons jusque 2070 avant de remonté pendant 30 ou 40 ans.
    Mais quoi qu’il en soit le grand refroidissement n’arrivera pas avant les années 2200.

    • crioux dit :

      Sans être nécessairement le grand refroidissement tant redouté, il y aura quand même un refroidissement qui devrait commencer a se faire ressentir entre 2015 et 2024. Et non pas le réchauffement apocalyptique tant médiatisé.

      • juloM dit :

        Je pense qu’il est possible de revenir au niveau de pré-réchauffement d’ici 2040 voir peut-être 1910 d’ici la fin du siècle.

  6. juloM dit :

    Il y a du nouveau avec la conférence de Car-Otto Weiss
    http://www.laterredufutur.com/accueil/le-changement-climatique-est-du-a-des-cycles-naturels-selon-le-pr-carl-otto-weiss/

    Cette étude est très sérieuse et «réaliste», pour la lire c’est ici: http://www.clim-past.net/9/447/2013/cp-9-447-2013.pdf

    Nous sommes au maximum du cycle de Vries et l’on peut aisément prédire un minimum autour de 2100 avec une cure de refroidissement climatique assez brutal pour ce siècle car nous pourrions retrouver d’ici la, les valeurs de 1870 !

    Nous sommes au maximum d’un sinusoïdale et l’on observe bien le maximum de Vries et aussi le maximum au niveau du cycle océanique de 60 ans, d’ou le fort réchauffement entre 1975-1997, la PDO va de nouveau chuter après notre El Niño pour encore 25 ans environ, l’AMO va suivre pour 35 ans d’ici 10 ans mais il sera intéressant avec une si faible activité solaire de voir le comportement de ces oscillations océanique.

    L’on pourrait aussi discuter du cycle de Bond !

    Les cycles de Bond ont été suggérés par l’auteur éponyme dans le cadre de l’analyse des variations de température au cours des phases glaciaires, centrées du le bassin Atlantique, lesquelles présentent une cyclicité de 1500 ans environ (1470 +/- 500 ans). Les événements abrupts de Dansgaard-Oeschger et de Heinrich seraient une forme particulièrement « prononcées » de ce cycle, avec amplification par les calottes glaciaires.
    Cette erreur de +/- 500 ans est imputable aux variations des cycles de Vries (200 ans) et Hallstattzeit (2300 ans)

    http://www.cdejager.com/wp-content/uploads/2008/09/2012-sudden-trans-JSWSC-2-A073.pdf

    Dans leur article, Bond et al. (1997) considèrent que le PAG est le dernier exemple en date de cette oscillation d’échelle millénaire. Il est à noter qu’ils ne se prononcent pas sur l’origine du cycle en question (voir leur conclusion). Certains travaux ont suggéré qu’il pouvait s’agit d’une variabilité intrinsèque de la circulation thermohaline, sans lien particulier avec une variation solaire. On a parfois rapproché les cycles de Bond des cycles de Halstattzeit.

    http://www.sciencemag.org/content/278/5341/1257.short

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