Mépris des électeurs

J’ai attendu de laisser retomber la poussière, mais il y a un profond malaise depuis la raclée au PQ. Au lieu d’accepter le résultat des élections et le fort message envoyé par la population, certains péquistes refusent de reconnaitre la voix du peuple et sombrent dans des excès de frustration, d’insultes et de théories de conspiration.

Ici, Le syndicaliste Marc Laviolette, président du PQ dans Beauharnois a traité les libéraux de «concentré de crosseurs» et le Dr Gaétan Barrette de «gros morceau de cochon».
http://www.journaldemontreal.com/2014/04/08/marc-laviolette-qualifie-le-plq-a-un-concentre-de-crosseurs

Ici, l’ex journaliste, candidate déchue Dominique Payette dit que c’est la faute des médias et montre notamment du doigt les radios de Québec.
http://www.journaldemontreal.com/2014/04/10/la-faute-aux-medias

(Pourtant, Pierre Karl Péladeau à lui seul est propriétaire de 40% des médias au Québec)

Et ici Yves Desgagné, metteur en scène de la campagne du PQ dit que c’est la faute des misogynes:
« Malheureusement, on vit dans une société extrêmement misogyne, oppose-t-il. Les femmes, en politique, tous partis confondus, se font carrément traiter comme des guidounes. Elles sont discréditées par les gars, qui l’appellent “la popo” ou “la Marois”, sans aucun respect pour la fonction. J’en veux à ces misogynes qui nous dirigent. Mme Marois a aussi été victime de ça »
http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/10/yves-desgagnes-election-plq_n_5123846.html

Ici, le député réélu Stéphane Bergeron qui expose ses frustrations sur Twitter (5 jours après, donc il ne peut pas dire que c’est sur le coup de l’émotion):
bergeron

Ca rapelle l’entrevue avec Gilles Duceppe après la quasi-disparition du Bloc, il était frustré et disait que les électeurs ne comprenaient pas et qu’ils avaient fait une erreur.

Ces gens qui pointent un doigt accusateur vers les autres oublient qu’il reste trois doigts pointés vers eux-même. Ils refusent de reconnaitre que c’est leur faute, qu’ils ont fait une très mauvaise campagne, basée sur la xénophobie, la chicane et la division au lieu de l’économie.

Ça montre aussi un mépris de la démocratie. La démocratie n’est pas parfaite, on le sait. Churchill disait :« Democracy is the worst form of government, except for all those other forms that have been tried from time to time. » mais refuser d’accepter le résultat de l’élection de cette façon est symptomatique d’un profond désarroi dans la famille péquiste.

Ca démontre aussi ce qui cloche avec le discours péquiste depuis des années, un discours basé sur l’élitisme et la haine de « l’autre ».
Si t’es pas d’accord avec eux, c’est que tu comprends pas.
Si tu détestes pas Harper, c’est que tu comprends rien.
Si tu votes pour les libéraux, t’es cave…
Si tu haïs pas les anglais, t’es un traitre à la nation.
Si t’aime le Canada, tu es un colonisé.
Si t’es pas indépendantiste, c’est que t’es pas un « vrai » québécois.

Et après ils se demandent pourquoi les québécois leur ont dit deux fois NON et qu’ils viennent pratiquement de les mettre à la porte…

Il va falloir un profond examen de conscience si le PQ veut espérer autre chose que de devenir un parti secondaire. Personnellement je crois qu’il est temps pour eux de fermer boutique.

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8 Responses to Mépris des électeurs

  1. André Martin dit :

    Quoi, le peuple a toujours raison? il prend toujours les bonnes décisions? Le peuple réfléchit? Le peuple, c’est jamais de sa faute?

    Bullshit.

    Le peuple est réactif, en général ignorant et content de l’être, manipulable et manipulé, Au Québec, on vote à peu près jamais « pour » toujours « contre ». On regarde la commission Charbonneau comme un téléroman; ensuite, dans la vrai vie, on ré-élit les crosseurs derrière. On reçoit un crosseur sur le plateau de TLMP, on l’applaudit.

    Et les politiciens n’auraient pas le droit de se plaindre du peuple?

    • crioux dit :

      Non la démocratie n’est pas parfaite, mais c’est le moins pire des systèmes qui existe. Je préfère une démocratie imparfaite à une dictature menée par des élites à la Trudeau. Ce dernier ayant avoué en entrevue admirer la dictature chinoise, parce que « having a dictatorship where you can do whatever you wanted, that I find quite interesting »

      • Diogène dit :

        Ni les démocraties parlementaires ni les Républiques modernes ne sont des démocraties, c’est une grossière erreur. Il n’y a pas de démocratie quand le choix du peuple consiste à choisir un dirigeant issus de l’élite.

  2. lapin de paque dit :

    Qu’est-ce que tu penses que les électeurs ton envoyé comme message par rapport à tes idées 108 votes vs 10 000 vote pour le PQ dans ton comté ?

    • crioux dit :

      Le problème est que tu penses vraiment que les gens vont voter en étudiant les idées des partis. C’est cute que tu penses comme ça mon petit lapin 🙂

      Au Québec les gens votent en regardant les sondages, et souvent en votant « contre » quelque chose. Aussi il y a toujours dans chaque comté un pourcentage de « teindus » qui vont voter toujours de la même couleur sans se poser de questions. Ici c’est 6000 PQ et 6000 PLQ. Un candidat d’un de ces partis, sans aucun effort, aura toujours à peu près 6000 votes.

      Je ne me suis pas lancé en politique pour gagner ou même avoir des votes. Je travaillais en même temps, je n’avais pas le temps de faire du porte à porte, ou de faire tous les évènement publics pour serrer des mains. Malheureusement c’est comme ça que ça marche la politique au Québec, les gens votent pour un candidat qui leur semblent sympathique quand ils le rencontrent. Et moi quand je vais dire aux étudiants que la gratuité scolaire c’est une utopie, qu’il faut couper dans les subventions aux éoliennes, ou abolir les commissions scolaires, je ne vais certainement pas chercher des votes. Les gens sont habitués de voter pour ceux qui leur donnent des cadeaux (sans leur dire que la facture va arriver ensuite)

      Et finalement, cette élection-ci les gens ont voté « contre » le PQ, pas pour les libéraux qui n’ont rien fait d’exceptionnel pour mériter un appui aussi fort. Dans mon comté, le député sortant était un ministre connu et apprécié. On savait tous qu’il allait rentrer facilement. Dans le cas du PCQ, il ne s’agit pas d’une course, mais d’un marathon pour faire connaitre nos idées et ça progresse tranquillement, plus que tu ne le crois. Au total, nous avons eu 115% plus de votes que la dernière élection. Un jour nous serons débarrassé du PQ qui polarise le vote entre fédéraliste/séparatiste, et nous aurons un vrai débat gauche/droite.

      Et puis? Est-ce que j’ai enlevé la pancarte qui te dérangeais tant?

  3. André Martin dit :

    L’argumentaire de droite, comme de gauche, est toujours un peu magique, simplet mais comme labo d’idées, très intéressant et essentiel. En général, la réalité administrable se situe plus ou moins au centre.

    Aux dernières élections, le peuple a clairement fait une montée de lait irréfléchie, et l’épais (oui, ça lui arrive de l’être) a remis les naufrageurs et surfacturateurs amis du parti au pouvoir, certainement pas pour leur mérite on s’entend, mais juste pq ils existaient (comme Ginette Renaud ou Patrick Normand, on sait qui c’est!). Ils auraient voté pour une poignée de porte si elle avait été libérale, juste pour être contre et se donner l’air d’avoir décidé de quelque chose.

    Quoi? On sait pas… Ils savent pas. Jusqu’au prochain « contre ».

    À visionner, pour le fun : à la fin il y a de l’espoir, mais d’ici là, le temps va être long.

  4. Gilles Laplante dit :

    Moi j’aime beaucoup l’arrogance des péquistes. Ça leur permet d’exprimer le vrai fond de leur pensée et de se faire encore plus détester de la majorité qu’ils méprisent royalement.

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