Journée des patriotes

Dollard des Ormeaux
Ce qui était la fête de la Reine Victoria, est devenu ensuite au Québec la fête de Dollard Des-Ormeaux. Un « héros » de la nouvelle France, tué dans un combat épique… Mais l’histoire nous dit plutôt que cette bataille qui ne serait qu’un mythe. Certains éléments textuels supposent d’ailleurs que Dollard n’aurait pas été envoyé pour défendre la colonie et qu’il serait plutôt parti de son propre chef à la tête d’un petit groupe de Français pour aller à la rencontre d’un convoi d’Amérindiens alliés des Français. Ce convoi transportait des marchandises (des fourrures surtout) qui n’avaient pas été livrées depuis plusieurs mois (on parle de près de deux ans) en raison des guerres avec les Iroquois. Dollard aurait donc décidé de s’emparer du butin avant que les Amérindiens ne se soient rendus au poste de traite français. Malheureusement, un fort contingent iroquois aurait eu la même idée, et le hasard fit que Dollard trouva les Iroquois avant les Amérindiens alliés des Français. Ainsi, retranché dans un fort, il aurait fait feu sur un parlementaire iroquois venu négocier leur reddition (les Iroquois vendaient les prisonniers français, lesquels étaient rachetés à prix d’or par la colonie), le tuant, ce qui aurait déclenché les hostilités, courtes et inutiles. Dollard serait donc en fait un pirate malchanceux et, de surcroît, maladroit avec les barils de poudre, mais encensé par les autorités religieuses, avides de héros et de martyrs propres à stimuler le sentiment patriotique et religieux.

Patriotes?
Comme la plupart des québécois ignoraient de toute façon qui était Dollard des Ormeaux, certains pensant que c’était la fête du « Dollar » ($), les péquistes ont changé en 2003 cette fête pour la fête des patriotes, rendant cette fête un évènement politique partisan, puisque selon les révisionnistes péquistes, les patriotes s’étaient battus contre les méchants « anglais ». La vérité est toute autre, les patriotes étaient tout autant francophones qu’anglophones et ils se battaient pour l’indépendance du Haut-Canada (Ontario) et Bas-Canada (Québec) de l’empire britannique, et non pas séparer le Bas-Canada du Canada. Les patriotes canadiens-anglais et Canadiens-français se battaient ENSEMBLE contre l’empire britannique.

Mais les séparatistes n’ont retenu que les mots “indépendance” et “anglais”, et tentent de s’appuyer sur ça pour aider leur cause. Dans tous les textes des patriotes, quand ils utilisent “anglais”, c’est pour désigner les britanniques, et non pas leur compatriotes canadien-anglais.

Mais ce n’est pas la première, ni la dernière fois que les séparatistes modifient l’histoire à leur avantage…


(Est-ce que son arme est enregistrée?)

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12 Responses to Journée des patriotes

  1. Joel G. dit :

    Est-ce que tu insinue que, selon le PQ, les Patriotes étaient des canadiens-français qui se battaient contre les canadiens-anglais ???

    • crioux dit :

      Je dis que volontairement, il ne font pas la différence.

      • Joel G. dit :

        Ah ok, ce n’est que ta perception personnelle des intentions d’autruis…

        Je suis parfaitement en accord avec toi lorsque tu dis que « dans tous les textes des patriotes, quand ils utilisent “anglais”, c’est pour désigner les britanniques, et non pas leur compatriotes canadien-anglais » et c’est précisément pourquoi que de dire que les patriotes s’étaient battus contre les (méchants) « anglais » n’est aucunement du « révisionnisme péquiste » sauf si l’on décide de prêter des intentions malveillantes.
        Personnellement, je n’est jamais entendu un péquiste et encore moins le PQ insinuer que les patriotes était des canadiens-français se battant contre des canadiens-anglais (mis à part les volontaires recrutés par les britanniques). Une personne qui dirait une chose pareille ne serait pas un grand stratège indépendantiste tentant de confondre les foules, mais plutôt un ignare comme il y en a partout, dans tous les mouvements.

        Prétendre que les canadiens-français se battaient contre les canadiens-anglais ou que le Bas-Canada se battait contre le Haut-Canada serait biensur un révisionnisme déplorable. Mais encore faut-il faire attention de ne pas tomber de l’autre coté du révisionnisme en niant tout caractère identitaire de ce mouvement au Bas-Canada ou en prétendant que les rebellions du Haut et du Bas-Canada ne sont qu’un seul mouvement totalement uni…

  2. Antitribu dit :

    Pour faire suite à tes propos sur les patriotes, The Vindicator un journal patriote canadien anglais a dû cesser ses opérations après que ses installations furent saccagés en novembre 1837.
    Gageons qu’on en parlera pas beaucoup dans les discours de la Fête des patriotes.

    • Joel G. dit :

      Effectivement, je crois que nous devrions rehausser le rôle joué par les irlandais du Bas-Canada au cour des rebellions… !

      • Joel G. dit :

        Irlandais catholiques du Bas-Canada, plus précisément… la communauté derrière le journal « The Vindicator »

  3. Gilles Laplante dit :

    Ce qu’on peut retenir c’est que les séparatistes de l’époque étaient mal organisés et mal dirigés. Ça n’a pas vraiment changé depuis.

    • Joel G. dit :

      Si, au Québec, un cour d’histoire traitant, entre autres, des Patriotes et des peuples autochtones (allez-vous vraiment nier que ce sont des notions historiques importantes au Québec ???) est synonyme d’utiliser l’histoire à des fins politiques… vaudrait-t-il mieux simplement abolir les cours d’histoire !?

      Vous voulez quoi au juste ?
      Qu’on enseigne pas les rebellions des patriotes et l’histoire des peuples autochtones parce que ça fait trop PQ ou trop QS ? Si c’est le cas, c’est vous qui transformé l’histoire en petite politique pathétique !

  4. claudettetr dit :

    Le PQ devrait revenir à la fête de la Reine:la fête de la reine Pauline. Le PQ veut réécrire l’histoire.

  5. Antitribu dit :

    Que dire de Wolfred Nelson, ce fils de loyaliste qui mena les patriotes à leur unique victoire à Saint-Denis en 1837.
    Pour certains Québécois ethnocentriques de 2013, c’est mal parti pour faire la promotion de l’irréconciliable différence.

    • Joel G. dit :

      Absolument !
      Et son frère Robert qui proclama l’indépendance de la république du Bas-Canada !

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