Prof incompétent, mais surtout détournement de démocratie

Vous avez tous sûrement entendu parler de ce prof qui a manqué cruellement de jugement et montré le viéo du meurtre de Magnotta à sa classe de secondaire 4.

C’est très grave et on espère que ce gars sera congédié et que le syndicat ne le défendra pas. Mais en dehors de ça, ce qui m’inquiète c’est d’entendre que les étudiants ont voté à main levée pour voir le vidéo, et que le prof à dit que puisqu’ils avaient voté, c’est correct et démocratique.

Premièrement, voter à main levée, c’est un méthode reconnue qui utilise la pression des pairs. Même ceux qui ne voulaient pas ont levé la main pour pas avoir l’air « chicken », ou ne pas recevoir le jugement de leurs camarades. C’est pas ça la démocratie. Sinon, il pourrait y avoir un vote en classe pour savoir si on allait foutre une raclée au souffre-douleur de la classe et si la majorité l’emporte c’est « démocratique » et c’est correct de le battre? Cette démocratie du type « syndicale » ou « association étudiante », c’est un bien mauvais exemple de démocratie.

Et en plus, les étudiants font circuler une pétition pour ne pas que le prof soit congédié. Ca aussi c’est un mauvais exemple de démocratie. C’est pas comme ça que ça marche. Au lieu de leurs montrer des choses aussi horribles, il serait grand temps de donner aux étudiants un véritable cours de culture politique. Pas un cours biaisé donnée par un prof socialiste et/ou séparatiste qui fait sa propagande, un cours bien équilibré qui explique la droite et la gauche de façon objective, et surtout c’est quoi la véritable démocratie.

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34 Responses to Prof incompétent, mais surtout détournement de démocratie

  1. jeanlucproulx dit :

    Une fille de secondaire 5 avec qui je travaille m’a dit que plusieurs élèves (Christian, quand on est au primaire et au secondaire, on est des élèves, pas des étudiants) de son niveau ont vu la vidéo du meurtre sur Internet!!! Elle ne l’a pas vu personnellement, mais elle trouve ça dégueulasse pareil!!! C’est vraiment inquiétant de constater que ce genre de sites gore peuvent être accessibles aux moins de 18 ans!!!

    Pour ce qui est de ce professeur, un tel manque de jugement mérite un congédiement!!! À quoi cette vidéo pouvait bien servir comme objet pédagogique, dans le cadre d’un cours d’Histoire de secondaire 4??? On apprend quoi en Histoire de secondaire 4, de nos jours??? Moi, dans mon temps, c’était l’Histoire du Québec et du Canada!!! Mais, je sais que ce n’est plus ça, car, depuis la charmante Réforme, on glisse notre Histoire sous le tapis!!!

    • crioux dit :

      Malheureusement, sur Internet il y a le meilleur, mais aussi le pire. Et c’est impossible a contrôler.

      Faut être malade dans la tête pour aller voir des vidéos de gens qui se font démembrer.

    • papajohn dit :

      tant qu’a montrer des horreurs aux étudiant , pourquoi ne pas montrer l’haulocauste nazi, le rwanda, ou encore les horreurs que les musulmans font subir aux chrétiens de partout dans le monde , on aurait moins de caves qui croiraient que la palestine est un peuple d’opprimés

      • jeanlucproulx dit :

        Ce serait déjà un bon début, mais l’idéal serait, bien évidemment, que ces têtes de linotte sachent que le «peuple palestinien» a été inventé de toute pièce, par des adeptes de la «solution finale» et par des membres du KGB, comme arme pour détruire Israël et pour jeter, ainsi, les Juifs à la mer!!!

        L’idéal serait ces étudiants sachent la vraie Histoire, mais avec des professeurs gauchistes qui sont atteints de la palestinîte aigüe, c’est peine perdue, car l’Histoire est et elle demeurera manipulée, par idéologie!!!

  2. Simon D. dit :

    Come on Jean Luc…

    J’avais pas 18 ans et je pouvais voir de la porn sur internet. J’suis pret a gager ne pas etre le seul. Les mesures de sécurité pour savoir si on est majeur…c’est disons plus symbolique que d’autre chose.

    J’avoue que pour le prof, c’est pas fort son affaire. J’pense pas que les élèves ont eu raison d’avoir voté cela. Qu’ils le fassent a la maison si ils veulent voir de tel chose pas necessaire dans une classe. Quand j’avais mon cours d’histoire au CEGEP, on a écouté « Nuit et brouillar » (Déja qu’on a eu 3405959 avertissements que c’était hardcore de notre prof)…pas un vidéo de torture sur un juifs.

    • crioux dit :

      Les vidéos de guerre sont difficiles, mais au moins il y a un but pédagogique derrière ça. Expliquer le conflit, et les horreurs de la guerre, pour éviter que ça se reproduise.

      Regarder un meurtier dépecer sa victime c’est autre chose.

    • jeanlucproulx dit :

      @ Simon D.

      Tu compares des vidéos porno avec des vidéos de vrais meurtres et de vrais démembrements??? Hé bien!!!

  3. ferguson911 dit :

    Je suis d’accord avec toi c’est irrecevable pour la vidéo, j’espère des mesures disciplinaires. Par contre la partie vote à main levé….à l’assemblée nationale c’est le même principe… dans les congrès de parti politique aussi.

    • crioux dit :

      Il y a une différence importante:
      Une salle de classe n’est pas une démocratie.
      Dans une démocratie c’est un vote par scrutin secret pour élire nos représentants. Eux ils votent en se levant pour qu’on voit ce que ceux qui nous représentent votent.

      • L'engagé dit :

        Il est vrai qu’une salle de classe n’est pas une démocratie ou un forum démocratique.

        Toutefois, la démocratie ne se résout pas à un type de scrutin ou au vote, qu’il soit secret ou non, et la démocratie ne se résout pas seulement à la délégation de pouvoir et à la manière de procéder pour organiser cette délégation.

        L’auteur semble dire ici que c’est le type de démocratie qui pose problème (type syndical ou association étudiante) alors que dans le cas qui nous intéresse, le problème est lié au pauvre jugement du prof.

        1) D’abord, la faute grave, exposer un contenu inapproprié et dommageable

        2) Faire reposer la faute sur une prétendue manoeuvre démocratique de la classe :

        A) Une classe ne fonctionne pas comme un démocratie, précisément parce que les apprentis citoyens que sont les jeunes doivent être formés et assez matures pour participer
        à la vie civile et politique. C’est la société qui détermine, idéalement de façon démocratique, le parcours et le procédé pour leur transmettre le bagage culturel pour les amener à jouer leur rôle comme adultes. Les profs sont alors les gardiens, les responsables et les acteurs de cette transmission,

        B) Un prof qui délègue donc l’éthique et la responsabilité de son rôle de gardien, comme un berger qui donnerait la responsabilité de la sécurité du troupeau à ses brebis (excusez l’image, on s’entend qu’une classe n’est pas un troupeau et que des critiques faciles peuvent évidemment être soulevées contre cette vision, j’utilise l’exemple pour la force de l’image), n’est pas digne d’occuper un tel rôle. Il fait montre d’un bien pauvre jugement

        3) Il n’est pas étonnant qu’un être au pauvre jugement mélange tout, démocratie et classe et donc qu’il fasse des fautes professionnelles. On devrait utiliser son exemple de mauvaise compréhension de la démocratie et de sa place incongrue dans une classe comme la preuve de son mauvais jugement (que fait-il si 100% des étudiants ne veulent pas d’examen?) et utiliser cela comme contexte pour montrer les conséquences d’un mauvais jugement, des décisions aux conséquences néfastes pour nos jeunes.

        Donc en voulant critiquant l’excuse du prof par une dénonciation du type de vote, sans voir le fond du problème, l’auteur fait un grave raccourci pour se servir de l’affaire pour attaquer en biais la démocratie syndicale et étudiante, ainsi que pour écorcher au passage les gauchistes et les séparatistes

        En occultant le fond éthique et philosophique principal du problème, pour surfer sur ses considérations sur le vote et casser accessoirement du « gauchiste et du séparatiste », il est difficile de croire que l’auteur puisse nous éclairer véritablement sur les dessous épistémologiques et les débats idéologiques sous tendant un cours de sciences politiques chez les jeunes.

        En admettant si rapidement un biais défavorable envers les les profs gauchistes et séparatistes et à l’encontre de la démocratie syndicale et étudiante, on se demande si l’auteur ne va pas trop vite en affaire…

      • crioux dit :

        Démocratie: Régime politique fondé sur le principe que la souveraineté appartient à l’ensemble des citoyens , soit directement (par des référendums) soit indirectement par l’intermédiaire de ses représentants élus.(Perspectives Monde)

        Une salle de classe, une asso. étudiante, ou même un syndicat, ne sont pas des régime politique. Ce sont des groupes ou des associations. ils peuvent utiliser des principes démocratiques pour prendre des décisions, mais jamais ils ne seront des démocraties. Et leurs décisions ne font pas loi.

        Ceci dit, mon point est que le professeur donne un bien mauvais exemple de ce qu’est la démocratie à des jeunes en apprentissage. C’est pas parce qu’un groupe vote pour quelque chose que ça devient automatiquement correct ou légal. Un groupe ne représente pas le peuple.

        Par exemple un petit groupe d’étudiants ne peut pas décider de limiter les droits des autres en bloquant l’accès aux classes et défiant les lois parce « qu’ils ont voté ».

        Seul le peuple, à travers le régime politique peut prendre des décisions démocratiques

    • Gilles Laplante dit :

      À l’assemblée nationnale on ne procède pas par vote secret pour ne pas couler la ligne de parti. Ça n’a rien de très démocratique.
      Les anciens grèques qui ont inventés la démocratie avaient compris qu’on ne pouvait procéder par main levée et utilisaient, des siècles avant notre ère, le vote au moyen de pierres blanches ou noires déposées dans une urne.

      • crioux dit :

        Je crois que c’est nécessaire que nos représentants votent publiquement. Ils nous représentent, et peuvent bien nous dire qu’ils travaillent pour nous par exemple en s’opposant à une loi. Si jamais ils votaient secrètement, ils pourraient faire le contraire.

        Quand un parlementaire vote, c’est pas comme un vote lors d’une élection où c’est un vote personnel. Un vote a l’assemblée, c’est un vote par procuration, et on doit voir s’il vote comme il le dit à ses citoyens.

      • Filou dit :

        … ou comme il le dit aux dirigeants de son parti…

      • crioux dit :

        En effet ça permet de forcer la ligne de parti, mais je crois que c’est un mal nécessaire.

  4. L'engagé dit :

    Votre définition est un peu courte, mais on peut travailler avec ça.

    Régime politique fondé sur le principe que la souveraineté appartient à l’ensemble des citoyens , soit directement (par des référendums) soit indirectement par l’intermédiaire de ses représentants élus

    La souveraineté de l’ensemble des citoyens peut aussi s’exercer par le biais d’institutions, que sont par exemple les syndicats, les associations étudiantes, qui fonctionnent de manière démocratique, et qui participent à la délibération dans l’espace public. On pourrait aussi ajouter le BAPE ou des États généraux.

    Ainsi, de la même façon que l’on s’oppose à ce qu’une minorité prive une majorité, ou qu’une majorité brime une minorité, un gouvernement peut-être élu par «la majorité», c’est à dire la plus grande des minorités (ex. un gouvernement qui serait élu en gagnant 63 comtés par une infime marge, alors qu’il serait battu dans les autres et qui serait néanmoins majoritaire à l’Assemblée nationale).

    Parce qu’il y a une majorité absolue de citoyens qui ont voté contre le parti libéral ou qui se sont abstenus ne fait pas en sorte que les lois et les mesures votées par le parti libéral ne sont pas exécutées. La société civile respecte le gouvernement au pouvoir et croit en sa légitimité (en le critiquant toutefois).

    Mais il existe des contrepoids, des contrepouvoirs et des pare-feux et ceux-là sont soumis aux mêmes règles. Par exemple une grève se décide à la majorité et rassemble tous les travailleurs syndiqués aillant participé au dit vote. Jusqu’à la grève actuelle, avec les injonctions et la loi 78, le même principe avait été appliqué dans les Cégeps et les universités.

    Il y a effectivement eu une contestation de cette tradition, mais pour un réel débat sur le sujet, il faut une définition plus élaborée de la démocratie et on ouvre forcément encore le débat gauche/droite, ce qui implique d’avoir des sources costaudes, voire même de citer La philosophie du droit de Hegel et la critique qu’en a fait Marx.

    • crioux dit :

      Ensemble des citoyens c’est différent de petit groupe de citoyens.

      Quand à notre système électoral il n’est pas parfait non plus mais c’est un des moins pires qui existe. Un système à plusieurs tours donnerait la majorité absolue, mais ferait disparaitre les petits partis, comme Québec Solitaire.

      • jeanlucproulx dit :

        Ton dernier paragraphe n’est pas tout à fait vrai!!! Que fais-tu de la présence du Front national au deuxième tour de l’élection présidentielle française de 2002???

  5. L'engagé dit :

    La souveraineté de l’ensemble ne veut justement pas dire que c’est seulement le plébiscite par une majorité absolue ou relative qui constitue l’essence de la démocratie.

    C’est la raison pour laquelle le concept d’espace public est important, la qualité principale de la démocratie c’est l’accès à un espace délibération où l’intérêt public peut-être discuté d’une manière rationnelle, en garantissant la participation, l’accessibilité et la diversité des points de vues.

    En dehors de la qualité du régime qui offre à tous les citoyens la possibilités d’êtres des acteurs (et pas seulement à titre de délégués, mais par leur participation), mais la démocratie repose sur l’idée que plus la qualité d’un débat est grande, donc plus l’espace public est enrichi de l’arbitrage d’une grande intelligence, plus ils sera possible d’entendre des points de vus originaux et articulés. La résolutions des problèmes, la gestion des affaires publiques et les propositions provenant donc de cet échange puissant.

    C’est pourquoi des forums de démocratie directes, comme les assemblées générales des associations étudiantes ou des assemblée syndicales sont importantes, elles permettent de porter, dans la société civile, puis vers l’arène politique, des propositions et des visons qui autrement seraient marginales. C’est par un ensemble d’institutions, dont les syndicats que se réalise cette souveraineté de l’ensemble. On peut être en désaccord avec les positions des syndicats aujourd’hui, mais historiquement, l’existence même de groupes de travailleurs ou d’étudiants était interdite. Les revendications sur leur légalité et les gains concomitants menés lors des luttes sociales passée ont justement amené plus de droits et de démocratie. C’est une chose qu’on oublie de rapporter.

    Enfin, la prétention suivante manque de rigueur : il [notre système] n’est pas parfait non plus mais c’est un des moins pires qui existe. Un système à plusieurs tours donnerait la majorité absolue, mais ferait disparaitre les petits partis, comme Québec Solitaire.

    Au contraire notre système est arriéré et archaïque, le fait qu’il s’agisse d’une monarchie constitutionnelle fait en sorte que le PM a justement le pouvoir d’un souverain le temps de son mandat, sans compter qu’il n’y a pas de séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif et que le judiciaire, lui, est nommé par l’exécutif. La séparation des pouvoirs est trop ténu et le quatrième pouvoir la presse manque définitivement de mordant, nous n’avons pas de garanties (constitutionnelle ou non) pour éviter la concentration de la propriété , pour protéger l’intérêt public, pour promouvoir la diversité, l’objectivité et la pérennité d’une presse indépendante.

    Enfin, dès avril 79, Un Livre vert sur la réforme du mode de scrutin était publié par le ministre d’État à la Réforme électorale et parlementaire du Québec, Ce document montre qu’il est possible de maintenir les tiers partis et de s’assurer que l’exécutif dispose d’une plus grande légitimité en allant chercher une majorité soit par l’ajout de tours un en intégrant des éléments de proportionnels.

    La conclusion selon laquelle une réforme conduirait à ferait disparaitre les petits partis, comme Québec Solitaire indique que l’auteur s’est peu renseigné sur le sujet…

  6. crioux dit :

    « La conclusion selon laquelle une réforme conduirait à ferait disparaitre les petits partis, comme Québec Solitaire indique que l’auteur s’est peu renseigné sur le sujet… »

    Je ne te dirai ma MA conclusion, ça serait impoli.
    J’ai déjà couvert le sujet de la proportionelle mixte.

  7. Filou dit :

    Pas de commentaire sur le sujet traité pour moi.

    Seulement, je désire préciser que pour contraint que M. Rioux me soit apparu au niveau linguistique, je déborde cette fois-ci de joie de constater qu’il n’a pas souitché vidéo au féminin, comme tout un chacun semble l’avoir fait au Québec entre mon départ de ladite province en 2000 et mon retour en icelle en 2011.

    C’est tout, mais supposant que M. Rioux ait remarqué, via le blogue de M. Du Berger, mon amour et mon intérêt pour la linguistique, amour qu’il me semble partager (bien que nos opinions sur le sujet divergent), j’ose espérer qu’il sera aussi heureux que moi de constater cette tangence de nos points de vue, autrement plus dissemblables que similaires.

  8. marto dit :

    @ Filou
    Vidéo EST un nom féminin dans le dictionnaire de la langue française. Je n’ai malheureusement pas trouvé le mot « souitché » dans ce dictionnaire, alors je me retiendrai d’en rajouter sur votre « intérêt pour la linguistique »…

    • Filou dit :

      À Marto (Mayet pour les intimes),

      La linguistique n’est pas la langue, le dictionnaire n’est pas la seule référence linguistique possible, les langues vivantes changent au gré des nouvelles lubies, fautives un jour, officielles un autre, puis désuètes à la fin.

      Vidéo a pendant des années été utilisé au masculin au Québec et au féminin en France, selon le sentiment respectif que semblent en avoir eu les deux peuples (dont le second est davantage consulté pour constituer les dictionnaires les plus utilisés), et il me semble que souvent des animateurs de Radio-Canada ou des journalistes du Devoir (ou même d’ailleurs, mais moins souvent) tentent (et réussissent à l’occasion) à courber le parler populaire vers une norme française que les Français eux-mêmes brisent pourtant allègrement sans s’en soucier outre mesure.

      Parmi les récents changements de genre observés de plus en plus couramment dans le parler populaire québécois (qui s’aligne dans ces cas vers l’usage français), je pourrais citer mozzarella (de plus en plus féminine, la mozza) et guacamole (pas encore très commun au masculin, mais certainement davantage qu’il y a dix ans), mais pas encore féta (qui semble encore presque exclusivement utilisé au masculin au Québec).

      Le mot souitcher est un anglicisme, et l’étude des emprunts qu’une langue fait officiellement ou officieusement à d’autres langues fait aussi partie de la linguistique. La linguistique n’est pas fine gueule comme le frère Untel.

      Plutôt que de chercher des mots que vous saviez bien ne pas exister dans votre dico, vous eussiez mieux fait de chercher ceux dont vous ne connaissiez pas exactement la signification.

      (Je n’ai pas trouvé @ parmi les synonymes de à dans mon dictionnaire…)

    • Filou dit :

      @ Marto (Tarto pour les aminches)
      Je trouve étrange que vous trouviez quelque chose à redire & matière à sarcasmes quand quelqu’un exprime sa joie. Est-ce là nouvelle recette pour se faire des amis??? Devrais-je me mettre à jour sur ce point?

    • Filou dit :

      À l’attention du sieur Marto (Piochon en privé):

      Peut-être un petit détour par la littérature «française» médiévale dans le texte original (idéalement avec traduction en français moderne en regard) ouvrirait un peu vos horizons. La langue d’alors n’était pas aussi institutionnalisée qu’aujourd’hui, l’orthographe était quelque chose d’étranger à la langue d’alors, et accessoirement, elle permettait une expression plus concise et souple que ne le permet la langue française d’aujourd’hui. Par ailleurs, plusieurs langues cousines co-existaient alors dans l’Hexagone.

      L’époque de la Renaissance est aussi fort fertile pour la langue française, qui commence alors tranquillement à ressembler à celle que nous utilisons aujourd’hui. Lisez François Rabelais dans le texte original. La quantité de mots que cet homme a inventée est tout simplement prodigieuse. D’accord, il s’inspirait davantage du grec et du latin que de l’anglois, mais à ceci près, il commit des mots et expressions bien autrement plus dérangeantes que ce pauvre «souitché» qui ne sortira jamais du discours de la populace québécoise pour aller s’installer dans le Petit Robert.

      En l’honneur de l’imagination débridée et de l’inventivité non-conformiste de cet homme qui plus que presque tous les autres a contribué à développer cette langue que vous utilisez aujourd’hui (dans cette version qui sera déjà pittoresque dans deux cents ans), vous devriez au moins laisser les gens néologiser en relative quiétude, à défaut d’approuver leur manières.

      À l’attention de M. Rioux, qui tient les rênes de ce blogue:
      Je vous demande bien humblement pardon de détourner la discussion de ce billet dans une direction aussi saugrenue.

    • Filou dit :

      M’sieur Marto (à ne pas confondre avec l’homme de main d’Amonbofis dans Astérix et Cléopâtre),

      Vous connaissez Raôul Duguay?

      Vous vous retenez sûrement à deux mains d’en remettre sur son « intérêt pour la linguistique » (dans le sens où vous comprenez linguistique, bien sûr). Rien de tel que de sous-entendre des méchancetés sur l’intérêt d’un poète pour la linguistique. (Je n’apprécie pas outre mesure le personnage en question, mais il ne me passerait pas personnellement par la tête de remettre en cause son amour de la langue, malgré toutes les inventions, détournements et tortures qu’il lui fait subir).

      Sur un autre sujet, je trouve très intéressante votre utilisation des guillemets anglais en premier niveau de citation. Pour quelqu’un qui ne veut pas connaître le participe passé « souitché », vous me semblez bien au fait des habitudes de l’anglais. En typographie française orthodoxe, on leur préfère habituellement les guillemets français, suivis ou précédés d’une espace insécable, selon qu’ils sont ouvrant ou fermant. Par ailleurs, « espace » est bel et bien féminin en jargon typographique.

      Bebaille!

    • Filou dit :

      Monseigneur du Marto,

      J’attends, en vain semble-t-il, réponse de votre part à toutes mes tentatives de justification et d’exemplarisation de mon amour de la linguistique.

      Je suis pourtant entre vous et l’enclume. N’en profiterez-vous donc pas?

      Je suis bavard et insolent. Ne vous taperez-vous donc pas la tête sur un pupitre en menaçant d’évacuer la salle si je ne fais avant longtemps silence?

      Je ne suis qu’un pauvre ouannabi qui prétend sans doute à tort s’intéresser à la linguistique. Ne vous montrerez-vous pas vorace à en engloutir en un instant ma pauvre carcasse démembrée (tiens tiens, je reviens un peu sur le sujet du billet) comme l’eusse fait votre grand-père Requin?

      Si on me laisse aller, je triche sans vergogne. Ne chercherez-vous donc pas à tirer profit de l’avantage de la dernière pierre qui est pourtant sensée être vôtre, ainsi que l’a sans ambiguïté imposé votre tante Curling?


      Écoutez! Écoutez cet assourdissant
      (silence)
      … (Vos oncles Pilon et Piqueur doivent se cacher de honte en ce moment.)

      Eh! bien, je crois que je devrai me faire ausculter les conduits auditifs, car l’un de mes osselets ne se fait plus du tout entendre.

      Seulement… Attendez un peu! Si je n’ai plus Marto en oreille, il me vient néanmoins soudainement martel en tête. Se pourrait-il, Monseigneur du Marto, que vous ne soyez qu’un Martroll???

    • Filou dit :

      Anecdotes de mon passé, pour ceux qui aiment à s’amuser avec la langue et qui trouvent que les enfants, c’est bien mignon:

      Je demandais à ma fillette de deux ans si elle a jeté un œil…

      [M. Marto, qui vous retenez depuis bien longtemps d’en rajouter sur mon intérêt pour la linguistique, notez bien mon usage de l’e dans l’o là où certains journaux, qui devraient savoir mieux, y vont d’un e puis d’un o]

      …si elle avait jeté un œil, disais-je, …

      [M. Marto, notez bien que j’utilise le verbe dire, bien que je sois bien plutôt en train d’écrire que de parler, et que je le sache pertinemment. Est-ce à dire que je me fous du français? Que nenni! Je vous renvoie à votre dico pour de plus amples explications, question de retenir un peu plus longtemps l’expression de vos condescendants commentaires sur mon amour de la linguistique.]

      …si elle avait jeté un œil, donc, sur la cour avant de la maison (dans laquelle se nourrissaient quelques dizaines de lagopèdes des saules, mieux connues chez nous sous leur nom affreusement familier de « tites poules blanches », information qui autorisera M. Marto à redoubler d’effort pour se retenir d’exprimer le fond de sa pensée (lequel n’est pas, selon moi, un fonds très significatif)).

      [J’en profite pour attirer l’attention de M. Marto sur les orthographes successives de fond et de fonds, et sur l’implication de ces orthographes successives sur la signification du message.]

      Avait-elle donc jeté un œil, ma petite? Nous ne l’avons pas su tout de suite, car elle a dû tout d’abord étancher une incoercible soif de fou rire, laquelle découlait, nous l’avons éventuellement appris entre deux éclats de rire, de l’expression « jeter un œil ». Qui l’eût cru? Des années d’exposition à cette expression apparemment fort comique semblent avoir blasé les adultes au point qu’ils ne savent même plus qu’elle est drôle. Mais comme un rire d’enfant est fort contagieux, nous avons ce jour-là rigolé en chœur.

      [Encore une fois, M. Marto, chœur comme bœuf, pas choeur comme boeuf, ainsi que l’écrivent plusieurs compagnies d’alimentation, cf. les étalages de vos épiceries, section viandes et section bouillons.]

      La seconde anecdote, maintenant, avec ma seconde fillette, qui avait elle aussi deux ans à ce moment. Elle me demande pourquoi il faut faire attention à la soupe très chaude. Je lui explique que ce n’est pas très drôle de se brûler la bouche avec du bouillon trop chaud. Elle me demande (quelle naïveté désarmante ont les enfants, n’est-ce pas?): « Quand on ne se brûle pas la bouche, est-ce que c’est drôle? ».

      À ce moment là, je me retenais moi aussi de commenter ma propre appréciation de ma langue maternelle. Tant d’expressions incongrues me passent sous le nez ou sortent même de ma propre bouche sans que j’en en perçoive le côté surréaliste? Je dois vraiment être le minable dont M. Marto s’abstient avec tant de retenue de commenter l’amour pour la linguistique. Il ne m’a cependant pas encore prouvé n’en pas être un autre.

      Voyons voir quel lapin il sortira de son chapeau (bien qu’un marteau ait une tête, je ne sais pas quel genre de chapeau lui convient – peut-être pourra-t-il aussi nous éclairer sur ce sujet?)

    • Filou dit :

      M. Marto (qui me mènez en bato ces temps-ci en m’ignorant complètement),

      Mes discours pécheraient-ils par surabondance de légèretés ne convenant pas à votre esprit sérieux, austère, grave et plein de retenue? Peut-être un ton plus docte conviendrait-il à qui désirerait retenir un peu votre attention.

      Allons-y donc de trois anecdotes linguistique un peu plus barbantes que toutes ces folies que je déballai jusqu’ici.


      Première anecdote linguistique

      Possédez-vous un Petit Robert des noms communs? De quelle année? Vous me voyez venir, croyez-vous? Que votre exemplaire soit récent ou ancien, je vous mettrai devant quelque néologisme récemment apparu et vous démontrerai que la langue française vit et change, et que ces changements sont perceptibles même en l’espace d’une génération? Foin de ce genre de démonstration! Les journeaux et magazines de tous acabits nous innondent chaque année de leur revue des nouveaux venus dans les dictionnaires les plus utilisés dans la Francophonie, et votre conclusion sur le sujet ne doit pas vraiment différer de la mienne. Non! Là où je voulais en venir, c’était sur le grain de sel que tout un chacun pourrait être justifié de mettre sur les données fournies même par un dictionnaire à l’équipe aussi fiable et compétente que celle du Robert. Jusqu’à il y a quelques années, l’étymologie du mot assassin (assassin: on touche un peu au sujet du billet, n’est-ce pas?) du Petit Robert parlait d’une déformation de l’arabe pour buveur de haschisch, y adjoignant un rapide survol sur une secte de fanatisés sous les ordres d’un certain vieux dans la montagne. Toujours est-il que des recherches étymologiques récentes ont contredit cette dérivation, d’où un ajustement dans les éditions plus récentes du Robert. La conclusion d’il y a quelques années, pour conforme qu’elle fût à la théorie alors en vigueur, n’en demeurait pas moins fausse. Il n’est pas question ici de glissement de sens dont les versions successives demeurent valides et incontestables pour des périodes historiques ou des lieux particuliers donnés (par exemple dîner, qui désigna d’abord le premier repas du jour, pour ensuite devenir le repas du midi, et désormais le repas du soir en plusieurs lieux de la Francophonie contemporaine – il pourrait être intéressant d’imaginer où ce repas finira sa course linguistique…). Il ne s’agit pas non plus de nouveaux usages d’un mot existant (craindre, verbe transitif depuis toujours, maintenant aussi utilisé de façon intransitive, initialement seulement dans certains milieux que vous ne fréquentiez sûrement pas, mais désormais de plus en plus communément un peu partout). Non, il ne s’agit pas de ce genre d’information reflétant la mouvance du langage. Il s’agit bel et bien d’une erreur. D’une erreur qui était considéré par la vaste majorité comme la vérité, mais malgré toutes les excuses imaginables, une erreur malgré tout. Pas d’une gravité épouvantable, mais assez pour compromettre, m’a-t-on dit, un ou quelques passages du best-seller Da Vinci Code. Pourquoi l’a-t-on trouvée, éventuellement, cette erreur d’interprétation des signes étymologiques? Est-ce parce que la violence et la drogue attirent l’attention des gens? Je ne m’avancerai pas à conclure, mais je juge la chose possible. Après tout, quand j’ai commencé à m’intéresser à l’étymologie, ce fut l’un des premiers mots que je trouvai, et certainement le premier dont l’étymologie ait durablement frappé mon imagination. Si ce fut le cas pour moi, si en prime Dan Brown lui-même a jugé la chose assez intéressante pour la mentionner dans l’un de ses romans, se pourrait-il que davantage d’experts soient eux-mêmes intéressés par la chose? Si c’est le cas, avec quelle confiance pouvons-nous juger de l’étymologie beaucoup moins intéressante et piquante de nombre de mots sur lesquels les experts ne se sont peut-être pas penchés avec autant d’attention? On pourra certes sans trop de crainte s’y fier pour étaler en public une certaine culture tape-à-l’œil, ainsi que je le fais présentement, mais on ne soutiendra peut-être pas très longtemps son discours face à un linguiste professionnel.


      Deuxième anecdote linguistique

      Un ami que j’avais étant adolescent m’a un jour repris: On ne dit pas alcô-ole, on dit al-cole! Peut-être était-ce vous? Cette personne ne s’appelait pas Marto, mais je ne m’appelais alors pas non plus Filou, et Luka Rocco Magnotta s’appelait encore Eric Clinton Newman (toujours des digressions, bien sûr, mais j’arrive toujours, tôt ou tard, à me rapprocher un tant soit peu du billet), alors je ne suis sûr de rien. Toujours est-il que ce bon élève qui me reprenait était tout droit dans la lignée officielle du gouvernement du Canada, qui dénonce comme anglicisme la prononciation alcô-ole. Voyez plutôt par vous-même: http://www.noslangues-ourlanguages.gc.ca/bien-well/fra-eng/angl-engl/phonet-fra.html

      Et pourtant! Il existe en ligne un fac-similé de la troisième édition, parue en 1890, d’un livre, œuvre de M.-A. Lesain, ancien professeur de langue et de littérature françaises, entièrement revue et complétée par le Professeur Dr. Chr. Vogel, Chef d’institution de jeunes gens à Genève, intitulé Traité complet de la prononciation française dans la seconde moitié du XIXe siècle. On y trouve en page 102 le commentaire suivant:

      Alcool, alcoolique, alcooliser, etc., qui s’écrivent encore quelques fois alcohol, etc., se prononcent alcó-òl, alcó-olik, etc. — Dans la prononciation familière, on supprime un o: alcòl, alcolik, etc.

      Alors? Anglicisme, alcô-ole? Ou survivance régionale/familiale d’un fait linguistique avéré? Il y a plusieurs mois, j’ai envoyé au gouvernement du Canada un courriel exposant cette argumentation. Ils ont fait pareil comme vous depuis trois semaines: pas un mot! Leur silence les rend-il plus fiables? Si c’est le cas, votre fiabilité doit elle aussi être bien admirable.


      Troisième anecdote linguistique

      Vidéo (encore une fois, voyez, j’effleure le sujet du billet), pour non-officielle que fut sa désignation masculine, bien qu’elle fût incontestable en une certaine époque au Québec, quoi que vous désiriez en penser, vidéo, donc, n’est pas en français un cas unique de genre évolutif. Le Bon usage de Grevisse cite un florilège de ces noms qui furent jadis d’un genre différent de celui considéré correct aujourd’hui. On y trouve, entre multiples autres: comète, dent, horloge, populace, qui en leur temps furent masculin, et caprice, cloaque, exemple, losange, mensonge, navire, repoche, qui furent féminins avant de devenir masculins.

      Le Bon usage y va aussi d’une fort intéressante citation que vous pourrez mettre dans votre pipe pour vous distraire un instant de cette retenue dans laquelle vous vous terrez. On y parle de l’automne:
      « Il est trop naturel d’y voir une belle femme mûre pour que ce vocable n’ait pas été souvent employé au féminin. »

      Je me retiendrai de ne pas vous souhaiter que votre fin de journée soit plus agréable que ce temps que vous perdîtes à la lecture de ce billet.

    • Filou dit :

      M’sieur Marto (Mista Hamma pour les anglais),

      Suis-je trop volubile? Des messages et phrases plus concises seraient-elles* mieux?

      Quand même, après tant de temps et d’efforts, il me vient parfois la coupable idée de vous demander ce qu’un policier de mes connaissances me demandait récemment: « Tu vas parler, oui? ». Vouvoyisons** le tout pour demeurer poli: « Vous allez parler, oui? ».

      * Survivance d’une habitude médiévale, encore bien présente au XVIIIe siècle: on accorde avec le donneur le plus proche (comparez avec: Consacrez ces trois jours et ces trois nuits entières, RACINE, Athalie, I, 2). Autres exemples d’auteurs tout aussi prestigieux: Le Bon usage, Grevisse & Goosse, 14e éd., §443).
      ** Ce mot est inusité parmi les dictionnaires que j’ai consultés. Pour la seule utilisation que j’ai trouvé de ce verbe en ligne, voyez ici: http://www.commentcamarche.net/forum/affich-11666469-extensions-de-fichiers. L’auteur a eu des scrupules, puisqu’il prit le soin de préciser qu’il s’agissait là d’un barbarisme. Je ne partagerai pas ces scrupules, bien que je puisse sentir grandir en vous un désir de vous retenir d’en rajouter.
         Après sondage auprès d’enfants de douze à quinze ans, ce mot dans le présent contexte est tout-à-fait compréhensible. Are you smarter than a seventh grader?

  9. Filou dit :

    Youhou, Maître du Marto! Êtes-vous tombé dans les pommes?

    TAP TAP

    Eh bien! Pour tenir compagnie à votre pâmoison, je vous entretiendrai un peu d’étymologie (pour faire changement). Savez-vous ce qu’on raconte à propos de la tombée dans les pommes? On dit qu’il y a fort longtemps, on tombait non pas dans les pommes, mais dans les pâmes. Ce mot étant tombé en désuétude, la langue populaire est passé au vocable courant le plus près, soient les pommes. Le regretté Claude Gagnière lui-même, qui, il est vrai, n’y regardait pas de si près et forçait parfois les faits quand le plaisir tiré d’un petit mensonge compensait que l’on ne fût pas entièrement fidèle à la vérité, a immortalisé cet historique de l’expression dans l’article « Faux, tout faux » de son fabuleux bouquin Pour tout l’or des mots. Pour cette fois au moins, ce fut lui qui eut tout faux. En effet, l’expression « tomber dans les pâmes » n’est pas attestée dans le corpus littéraire français antérieur à l’apparition de l’expression « tomber dans les pommes ». Il s’agit en fait d’une spéculation étymologique, voire d’un canular étymologique, qui s’avéra indémontrable et, qui plus est, hautement suspect. Cette explication fautive suivit de peu l’apparition de l’expression, au XIXe siècle, et son rejet comme hypothèse vraisemblable ne tarda pas à s’imposer. Mais ça n’a pas empêché Raymond Queneau de voler ces belles pommes pour y croquer à belles dents, et de leur substituer ces fameuses pâmes. La boucle fut bouclée: « Tomber dans les pâmes », de fausse version archaïque qu’elle fut un temps, devint vraie version archaïsante.

    Comme vous ne sortez ni des pommes ni des pâmes, j’en profiterai pour attiser votre intérêt sur la subtile différence qui existe entre substituer (que j’ai utilisé il y a peu…) et remplacer. Je sais que c’est un peu cucul comme bagage linguistique, et je me vois mal placer ce genre d’information dans une conversation de bar pour impressionner une fille, mais ça peut malgré tout s’avérer utile parfois, si vous devez produire un rapport, si vous désirez écrire un petit texte, ou peut-être même, qui sait, si vous désiriez me répondre une bonne fois pour toutes.

    • Filou dit :

      L’arbitre lance un tonitruant: DIX! et Marto est déclaré K.-O. Ce n’est certes pas que Filou fut particulièrement brillant. Il commit en fait de nombreuses bourdes qu’un tacticien plus expérimenté que Marto eût exploitées, sur un ton ludique ou cassant, mais Marto fut balourd, c’est le moins qu’on puisse dire, et le combat se termine donc sur une victoire complète et incontestable de Filou.

      — Nous avons au micro le gagnant de cette joute. Dites-nous Filou, vous sembliez bien nerveux au début du combat. Vous n’aviez pas cette confiance tranquille qu’ont ceux qui se sentent certains de leur capacités.
      — Ouin ch’savais pas trop à qui j’avas affaire, pis c’é sûr qu’avec tous les gens qui vont à l’université d’nos jours, j’m’attends toujours d’avoère l’air d’un épais. Mais à mesure que je l’sentais qu’i arrêtait pas d’s’ertenir, j’me sus dzis que le valeureux Marto tournait son énergie su lui plutôt qu’sus moué, pis qu’ça l’allait i nuire autant qu’ça allait m’aider.
      — Il semble que Marto n’aura été que l’homme d’un coup?
      — Pis c’é ben dommage. I s’é mis su pause pis on l’a vu manger sa volée pis tomber sans qu’sa face change. I a été coincée s’un sourire narquois pis un regard hautain d’un bout à l’aute du combat, même quand l’arbite l’a déclaré K.-O. Ch’peux pas dzire que c’é tute à son avantage. Quand tsu décides de touiller d’la vase aux dépents d’un aute, c’é pas pire de s’préparer à un affrontement. Lui, on dzirait qu’i a jusse fait ça d’même, sans trop y penser, pour le plaisir de rabatte le caquet à quelqu’un.
      — Comment vous êtes-vous senti lorsque vous vous rendîtes compte de la bourde de l’e dans l’o, dont vous affirmâtes qu’il se traduisait en moult lieux par un e suivi d’un o?
      — J’me sus senti un peu ridicule, j’le nierai pas. Mais j’sentais aussi que j’avais pas mal de bons points en réserve de mon bord, pis que si Marto s’concentrait à essayer de fesser un grand coup d’la mort, i faudrait ben qui s’déguédzine vite, pace qu’i prenait de plus en plus de r’tard su moué. En gros, i m’avait pas convaincu d’ête àa hauteur, pis j’me sus dzit que ch’pourrais peut-ête y aller d’la tactique qui a si bien réussit à Lukas Rosol lors de sa victoire inespérée contre Rafael Nadal à Wimbledon c’t’année: on fesse dans l’tas, on tchèquera les bobos après. Mais Marto, c’tait pas Nadal non plus, faque… i a morflé, comme qui disent les Français.
      — Et ce « tout-à-fait » presque à la fin de ce huitième message, message qui fût pratiquement parfait jusqu’au bout, à l’exception de ces entorses à l’usage académique que vous aviez ostentatoirement assumées?
      — Ah ça! J’ai rien vu aller. C’é mon coach qui me l’a dit après coup, pendant la pause. « Quécé t’as fait là, mon Filou? Prende le soin de fouiller l’alinéa exacte du Bon usage, chercher le symbole approprié su l’ordzi, prende le temps de fouiller su Gougueule pour d’autes utilisations d’un néologisme, interroger des flôts pour sawoèr si ça s’comprend, commencer pis finir su’ne touche anglaise, pis pas t’es pas foutu de t’assurer de l’orthographe de tout à fait???? Ça devrait ête correct avec Marto, pace qu’i a pas l’air vitevite, mais fait attention un peu, là! » Ch’u tombé dé nues! J’me sus senti tellement niaiseux d’ête aussi inattentif que ça aux détails.
      — Et pourrez-vous nous indiquer vos projets pour les jours et les semaines à venir?
      — Ch’pense que j’vas finir les deux lives que ch’t’apras lire: Le Cimetière de Prague d’Umberto Eco, pis Le Kalevala, la fameuse épopée finnoise, dans la controversée traduction de Gabriel Rebourcet.
      — Ooh! Des commentaires jusqu’à présent?
      — Que du bien, de l’un comme de l’aute. On a accusé Eco de plein de choses avec ce roman, mais ceux qui entretiennent ces débât-là, ce sont ‘ien que des chercheux d’merde qui savent pus quoi inventer pour profiter un peu de l’éclat de quequ’un d’brillant pis érudit comme Umberto Eco. Pour Le Kalevala, Rebourcet a travaillé énormément pour offrir aux francophones ce joyau de poésie. I a pas eu peur de néologiser àa mort, de déterrer des vieux mots, d’inventer des tournures grammaticales p’t-ête un peu bizarres au début, mais pleines d’élégance pis d’beauté. En plus, on sent vraiment qu’i a travaillé fort su la musicalité de son texte: ça sonne comme une belle mélodzie quand on lit à haute voix.
      — On sent que la tension descend, là, de votre côté…
      — Mets-en! L’esprit a besoin d’un peu d’détente une fois d’temps en temps. On r’tourne àa langue familière, avec les gens qui savent pèter quand faut ça sorte. C’é beau, la langue académique, mais le joual itou, pis l’anglais, l’inuktitut, même l’espéranto, j’aime ça. J’vas aller faire un tit tour, pis je r’viendrai ben aux beaux discours à m’ment d’né. C’é drôle, ch’faisais état dans mon message initial des divergences d’opinions linguistiques entre moué pis monsieur Rioux. I tiennent justement principalement sur la valeur culturelle et linguistique du joual: moué je l’aime beaucoup, c’te parlure-là, mais lui i est pas mal plus critique, au point qu’i distribue un logo du genre pas de fumage icitte, mais pour le joual plutôt que pour la boucane.
      — Merci pour votre temps et au plaisir de vous retrouver.
      — Marci à vous aussi, pis j’vous souhaite une bonne fin d’journée, madame!

      Filou va par la suite aider l’équipe de soutien à défaire le ring-e-ling, opération qui remettra en état de convivialité cet espace du blogue de M. Rioux, envahi momentanément par cette prise de bec. L’équipe de soutien n’étant pas syndiquée, on accueille le renfort avec le sourire plutôt qu’avec un barrage de griefs, et aussi la tâche est-elle plus promptement achevée.

    • Filou dit :

      Après LA BOXE LINGUISTIQUE, voici:

      LA GUÉGUERRE DES TITS POUCES

      Un clou? Marto le pousse en bas
      Le boucan porte au loin!
      Est-ce un pieu? Il le pouce en bas
      Et touche un portoloin.

      Vous voulez la guéguerre?
      Fort bien! Je suis grégaire
      Je ne tarderai guère!

      J’appelle mes amis
      Mes pays et ma mie
      Allons!

      Du pain, du salami.
      Vers notre bon ami,
      Marchons!

  10. zarmagh dit :

    Au lieu de montrer des horreurs aux étudiants, ayons le courage de regarder en face l’horreur d’une classe d’étudiants ! 🙂

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