Limites de la liberté d’expression

Voici deux images provenant d’un groupe de musique appelé « Mise en demeure »

La première à été retrouvé sur la table de cuisine de Amir Khadir, lors de la perquisition pour arrêter sa fille. On y voit Amir Khadir, fusil à la main et Jean Charest devant lui, mort.

Et la suivante, pas besoin d’explications


Tout ceci sous le couvert de l’art et de l’humour. Est-ce que ça dépasse les limites de la liberté d’expression? Est-ce que c’est de la propagande haineuse, des menaces de mort?

25 commentaires pour Limites de la liberté d’expression

  1. L'engagé dit :

    La première est clairement un pastiche et caricature même Khadir, c’est-à-dire que pour quiconque connait le tableau et la référence historique, on peut y voir la propre prétention de Khadir à jouer aux justiciers. C’est un hommage, mais un clin d’oeil pour peut-être signifier qu’il se prend trop au sérieux.

    Je ne vois aucun problème au Charest mort puisqu’il s’agit d’une récupération d’une toile connue et qu’on peut facilement prétendre que Charest est là pour représenter la fonction souillée devant être «décapitée» on parle de la structure politique, on s’entend. L’image publique du PM représente «la tête de l’État», si le cadavre est dans la rue, c’est que la révolution a réussi, car il est ramené au nombre des victimes anonymes, nombreuses.
    La véritable critique n’est certainement pas dans sa mort, que dans le fait que cette mort est quelconque.

    Je ne dis pas que c’est LE SENS du tableau, je dis que cette interprétation se défend, d’autant plus que la banane montre que c’est tellement subversif que ce n’est pas sérieux. Voyons, l’allégorie de La Liberté devant une «Banane anarchiste»? La clé sur le sens est juste là!

    Le nom du groupe s’appelle comment? Mise en demeure, il me semble que ça nous éclaire aussi sur leurs intentions et leur désir de provocation.

    Pour ma part, c’est encore une diversion, une manière de déconsidérer la violence d’état que pratique le gouvernement sur ses opposants par le biais de la police.

    Ça permet d’associer Khadir à tuer Martineau, la dénonciation de ces deux image en les associant est donc une manipulation pour que l’on mélange Khadir et la phrase choc, comme si Khadir et propagande haineuse allaient ensemble.

    Ce genre de stratégie m’inquiète beaucoup plus que le contenu même du POST. Rioux apprend très bien de Duhaime…

    • crioux dit :

      Je n’ai pas fait de lien entre les deux comme vous tentez de le faire. Le seul lien en est l’auteur, et que ce genre de chose outrepasse les limites de la libertés d’expression.

      Le reste c’est du délire. Il n’y pas personne qui croira que c’est de l’interprétation à un autre niveau. « Tuer Martineau », il n’y a pas moyen d’interpréter ça autrement. Et Khadir avec un fusil et Charest mort, c’est difficile à défendre. Khadir lui même a dit que c’était de l’humour, pourtant, il n’y a rien de drôle là dedans, à moins d’avoir un esprit complètement tordu.

      Et quand j’entends violence des riches, violence capitaliste ou violence d’état, ça me fait saigner des oreilles. La seule violence est celle qui se passe dans la rue. La police ne fait que son travail pour prévenir cette violence. Dans nos sociétés civilisées, les policiers sont les seuls à avoir le droit d’utiliser la violence pour contrer la violence quand c’est nécessaire. Quand les manifestants sont pacifiques, les policiers le sont aussi. C’est un mal nécessaire, mais sinon, ça en vient à laisser la loi du plus fort.

      Et comme je vous l’ai souvent mentionné, contrairement à vous, je n’ai pas besoin des autres pour avoir ma propre opinion.

      • L'engagé dit :

        «Quand les manifestants sont pacifiques, les policiers le sont aussi.»

        Quelle est votre expérience des manifs pour pouvoir affirmer une telle chose alors que les témoignages, les vidéos et mêmes les rapports de médias pourtant corporatistes pleuvent pour pour nous indiquer le contraire?

        Votre opinion selon laquelle La seule violence est celle qui se passe dans la rue. La police ne fait que son travail pour prévenir cette violence

        C’est une opinion qui germe ex nihilo? Sur quoi se fonde-t-elle? Vous n’avez pas entendu parler de 728? Ou de la terrasse d’un bar saccagé sur Saint-Denis?

        Tiens, dans votre dernier «post» vous avez affirmez ceci :
        ll n’y aurait pas d’opérations policières s’il n’y avait pas de bonnes raisons. Ils en ont arrêté plusieurs avec des répliques d’armes et autre matériel pour faire des actes criminels.

        Pourtant même dans La Presse, certainement pas connue pour sa ligne éditoriale favorable aux manifestants, on a montré que les «fausses armes» n’avaient aucun lien avec les manifs :

        En conférence de presse lundi, le directeur du SPVM Marc Parent affirmait que les 34 arrestations préventives réalisées sur le site du Grand Prix et les nombreuses fouilles associées avaient été justifiées par ce qui avait été trouvé dans les sacs inspectés par la police.

        Pourtant aujourd’hui, on apprend par le porte-parole du SPVM des précisions importantes :

        «La personne qui transportait le sac de hockey était partie du métro Longueuil et venait de descendre à Berri-UQAM. Il avait aussi un faux insigne de police. C’était un étudiant en théâtre et il nous a dit que tout ça était du matériel nécessaire pour une pièce. Nous l’avons laissé repartir avec ses choses»

        Dimanche vers 10h, les agents du métro ont demandé à fouiller le sac d’un jeune homme qui leur semblait suspect sur le quai de la station Montmorency, en direction Montréal.

        Ils y ont trouvé un pistolet à plombs et un chandail à capuchon noir, ainsi qu’une vingtaine de carrés rouges en feutrine.

        «Nous avons été en mesure de confirmer qu’il s’en allait travailler dans un commerce avec son père, sur l’avenue Mont-Royal, à Montréal. Nous avons parlé au père. Ça n’aurait donc pas de lien avec le grand prix. Le jeune nous a dit transporter cette arme depuis longtemps, car il a été victime d’intimidation étant plus jeune.

        Quant à l’arme trouvée à Laval, son porteur a bel et bien été accusé, mais lui non plus n’aurait pas de lien avec le Grand Prix, selon la police locale.

        Pourquoi donc ces arrestations, le profilage politique et ces fouilles préventives dans ce cas?

        S’il y a mensonge ou désinformation sur les motifs, (la police dit aujourd’hui le contraire de ce qu’elle disait hier) pourquoi n’y en aurait-il pas pour la violence?

        N’aurait-on pas protégé le Grand Prix, non pas de la violence, mais de perturbations qui elles, bien qu’étant des perturbations, n’en demeuraient pas moins légales? On a usé de la répression policière à des fins policières pour protéger l’élite d’un événement privé qui a pourtant lieu dans un parc.

        Je dis ça pour relativise le saignement d’oreille…

    • G.Levesque dit :

      Plus je lis l`Angagé, plus il se croit la vérité incarnée. Il a réponse à tout et méprise la pensée contraire.

      • crioux dit :

        Il l’a ouvertment dit ici à plusieurs reprises, il vient ici pour « casser du droitiste », prouver que nous avons tort.

        J’ai pas de problème avec ça qu’il essaye, mais avant qu’il puisse prouver que la gauche à raison, pigs will fly.

      • L'engagé dit :

        J’aimerais que Rioux me trouve la référence à «casser du droitiste», si je ferais amende honorable car ce n’est pas très gentil.

        Ce que j’ai écrit à plusieurs reprises, par contre, c’est que je dénonce les procédés rhétoriques fallacieux. Et c’est très long, car c’est facile d’écrire «tout est pourri», la gauche c’est «voler aux riches», qu’on est une «province pauvre à cause des syndicats», etc.

        Ces constats sont des interprétations et on peut les défendre, mais le faire d’une façon rigoureuse, intellectuellement honnête. Il est beaucoup plus long et difficile de rectifier et d’expliquer un sophisme ou une association boiteuse, en démontrant avec transparence les vices de la pensée des propos que l’on critique, que faire des commentaires rapides et réducteurs.

        Par exemple, je salue dans mon premier commentaire l’habilité de Rioux qui apprend de Duhaime. Ici le thème de mon propos était sur le procédé, pas sur l’opinion à proprement parlé de Rioux. La réponse de Rioux elle, par contre, implique que « comme [il me l’a] souvent mentionné, contrairement à [moi], [il] n’a pas besoin des autres pour avoir [sa] propre opinion. »

        Rioux me reproche de recourir à des sources externes, livres, articles de périodique que j’utilise effectivement plus souvent que le net, là où sa pensée serait suffisamment autonome pour se passer de références.

        Ma thèse, c’est que nous abordons des sujets complexes et qu’il est justement nécessaire d’examiner les questions dont Rioux traite avec la plus grande rigueur et le plus grand soin. Qu’il n’est pas bête de réserver son jugement, par ce que nous sommes peut-être intoxiqués par l’esprit du temps et que les réponses toutes faites que nous croyons avoir nous sont soufflées par les médias de masse d’une manière pernicieuse.

        Ce jeu avec Rioux fait que j’ai constamment des livres sur ma table et que Rioux me permet de me rendre compte souvent de ma profonde ignorance. Cependant plus je m’informe et plus l’écart entre ma manière de voir et celle de Rioux se creuse.

        Par exemple, les sympathisants de la cause étudiantes et les opposants à la loi 78 soutiendraient des criminels et des communistes. Il refuse de considérer que les débordements, s’il y en a sont marginaux par rapport à l’ampleur de cette mobilisation… Ce sont les 500 extrémistes violents qui n’ont pas rapport avec les 300 000 manifestants (et tous les autres qui les appuient sans nécessairement venir manifester). Ce n’est pas parce que mon chien est brun que tous les chiens sont bruns, ce n’est pas parce qu’il y a des anarchistes dans les 300 000 que tous les manifestants soutiennent l’anarchisme, mais ils sont peut-être content de bénéficier de leur militantisme. Et ce n’est certainement pas tous les anarchistes qui forment des «blak block».

        Communisme, socialisme, anarchisme, criminels, tout est mélangé ici dans ce blog. Il suffit qu’un quidam fasse quelque chose de louche pour que tout un mouvement
        en soit entaché, comme si nous partagions tous une responsabilité indélébile. Par exemple les briques dans le métro… ça condamnerait tout le mouvement. Pourtant, doit-on condamner le capitalisme à cause de Madoff?

        Et dans tout ça, Rioux ne semble pas avoir pris le temps d’avoir lu Université Inc. d’Éric Martin ou Je ne suis pas une PME de Baillargeon, pas «pour se faire laver le cerveau» ou convaincre, je ne sais que trop que ça le convaincra pas, juste pour qu’il se rende compte de la pensée réelle de ses opposants idéologiques et qu’il argumente à ce niveau. Rioux au contraire distille une pensée manichéenne simplifiée à l’extrême où il a choisi son pôle.

        Je sais bien que je ne le convaincrai pas, je suis donc désolé de paraitre hautain, mais cette opposition entre l’analyse usant de références et une expression plus populiste (et dont je reconnais l’efficacité) amplifie probablement ce trait.

        Avant de me pencher sur le pastiche présenté dans la première image, je suis retourné voir des notes en histoire de l’art, je n’arrive pas à conclure comme Rioux, parce qu’il me semble qu’on pourrait faire un cours de communication au complet sur ce détournement de l’oeuvre de Delacroix et sur sa signification.

        J’aurais besoin d’exemples de procédés du même type et j’aimerais bien lire des universitaires, comme Christian Nadeau, lorsqu’il analyse une série de fresques d’Ambrogio Lorenzetti intitulée Les Effets du bon et du mauvais gouvernement pour en arrivée à une opinion.

        Dans son exemple, Rioux voit une représentation de Charest mort, Khadir en révolutionnaire et il capote. Ça ne me surprend pas, parce que je sais qu’il produit une pensée manichéenne, mais je ne fais pas du tout la même lecture du tableau. C’est pour ça que j’accroche sans doute, parce que quelqu’un d’aussi peu porté à analyser profondément les dessous de l’affaire s’exprime immédiatement, sans voir qu’il induit un biais.

        Pour ma part, c’est signe d’une grande perméabilité aux médias dominants et aux messages du gouvernement. Le peu de résistance aux idées officielles me semble être le fruit d’un mépris pour la culture générale et la vie intellectuelle, comme il l’écrit lorsqu’il dévalorise le fait que je puise mon matériel critique dans les livres.

      • crioux dit :

        J’utilise des références externes qui contiennent des faits, comme des données scientifiques ou des faits historiques ou d’actualité. Mais pas des documents d’opinions.

        Je suis centre/centre-droite. La droite se base sur les faits et la raison. La gauche sur les opinions et les émotions. Il est impossible de prouver une émotion avec des faits.

        Pour ce qui est des images, j’ai de la difficulté à croire que quelqu’un puisse faire une lecture autre des ces images.

        Quand à votre référence à « prouver les torts de la droite », avouez que ça serait une tâche assez lourde d’éplucher tous les commentaires pour l’y retrouver. Mais je ne l’ai pas inventé. C’est le genre de commentaire qu’on se rappelle. Je ne considère pas ça insultant. Chacun a droit à ses opinions, mais ça campe les positions, et me place en défensive.

        Quand à vos commentaires, ils sont souvent si longs et lourds, que, comme je vous l’ai déjà mentionné, vous auriez avantage à être plus concis, quitte à diviser en plusieurs commentaires. Le style « roman » convient difficilement à un commentaire sur un blog 🙂

  2. lemoutongris dit :

    Mise en demeure a l’immunité socialiste, humoristique ET artistique. Il n’y a rien qu’on puisse faire…

  3. L'engagé dit :

    «J’utilise des références externes qui contiennent des faits, comme des données scientifiques ou des faits historiques ou d’actualité. Mais pas des documents d’opinions.»

    Comme par exemple votre Tentative de définition de la gauche et la droite de François-Xavier Robert?

    http://www.fnb.to/FNB/Article/Bastion_65/gauche%20droite.htm
    c’est clairement un texte d’opinion, sans crédibilité, pourtant vous vous en servez pour faire des généralisations , comme celle-ci, particulièrement juteuse :

    « Je suis centre/centre-droite. La droite se base sur les faits et la raison. La gauche sur les opinions et les émotions. Il est impossible de prouver une émotion avec des faits.»

    Quand je dis qu’on gagne à consulter des livres… Vous gagneriez à lire Noël dont je ne cesse de vous parler. («La gauche et la droite un débat sans frontière»).

    http://www.cerium.ca/La-gauche-et-la-droite-Un-debat

    Pour ce qui est des images, j’ai de la difficulté à croire que quelqu’un puisse faire une lecture autre des ces images.

    Bienvenu dans un autre monde où les choses sont complexes, il y a DES TAS de gens qui lient autrement que vous. Ont-ils tort pour autant? Que voulait dire Delacroix avec son tableau originalement?

    Pour les distinguer, commencer par chercher les gens qui peuvent vous parler des Trois Glorieuses, du romantisme en peinture ou encore de la post-modernité….

    Quand à votre référence à “prouver les torts de la droite”, avouez que ça serait une tâche assez lourde d’éplucher tous les commentaires pour l’y retrouver.

    D’abord vous avez employé les termes casser du droitiste et vous dites ne pas être capable de la trouver, donc vous vous fiez à une impression et à votre expérience personnelle et non sur les faits et la raison, seriez vous en train de virer à gauche?

    Voyez, vous avez tordu mes propos et me faites paraitre par cela autrement que je ne le suis, combien de fois faites-vous ça quand vous parlez d’acteur politique?

    Ce manque de rigueur (pas de preuve consistante) et la rhétorique pour démoniser l’adversaire est utile on soutient le principe que toute les opinions se valent…

    Les opinions se valent, certes, mais ce sont pas toutes les opinions qui sont basées sur un exposé rationnel ou rigoureux. je ne prétends pas que toutes mes thèses le sont, mais déconstruire une argumentation fallacieuse, (ex. votre exemple de «casser du droitiste») prend plus de temps que le temps nécessaire pour la pondre.

    Vos billets seraient pas mal plus crédibles si le temps que je prends à les commenter avec mes romans, vous le preniez en précédant à un examen rigoureux des faits et des idées que vous présentez.

    Par exemple, vous auriez quelque chose à dire en Socio, en Politique, en Histoire de l’art, en Philo, en Littérature comparée sur la fameuse parodie de Delacrox, mais je gage que vous seriez en train de lire et de faire des recherche à la bibliothèque si vous vous y étiez lancé sérieusement. Je n’interviendrais donc pas parce que je n’aurais rien à dénoncer.

    Votre propos serait nuancé, articulé, fondé sur des références crédibles et vos raisonnements (vous êtes intelligent, on s’en doute) produiraient sans doute des textes lumineux.

    C’est un peu comme si je parlais de géologie ou d’informatique, votre domaine, sans m’informer de ces domaines, en lisant uniquement l’hebdo «Voir». Vous remettriez certainement en question mes conclusions et ils s’agirait d’un problème de méthode…

    • crioux dit :

      « Comme par exemple votre Tentative de définition de la gauche et la droite de François-Xavier Robert? »

      Texte que j’avais cité principalement pour sa référence historique.

      • L'engagé dit :

        Euh, non puisque vous reprenez sa typologie réductrice à votre compte…

  4. Marc B dit :

    l engagé ca fait un bout que je ne prend meme pas la peine de le lire c est comme d essayé de faire entendre raison a un adios enteté une perte de temp

    • crioux dit :

      Le but ici n’est pas de faire « entendre raison » à personne, mais de débattre dans un climat sain, sans insultes ni attaques personelles.

      Il ne va pas changer d’idée, et moi non plus. Par contre s’il y a des gens indécis ou peu informés sur certains sujets et qui lisent ces débats, eux peuvent en profiter.

  5. L'engagé dit :

    LE JM a publié une entrevue avec le groupe
    http://www.journaldemontreal.com/2012/06/12/ses-auteurs-se-dissocient-de-khadir

    mais le plus intéressant a été coupé . Voici l’intégrale de l’entrevue, pour ceux qui voudrait comprendre les motifs et la démarche. Attention, ça parle de Delacroix et de Ionesco et de Duchamp.

    Depuis quand cette affiche existe-t-elle?
    « Mise en Demeure guidant le peuple » existe depuis octobre 2010.

    Qui l’a créée, vous ou a-t-elle été faite à votre demande?

    C’est une affiche autoproduite par le groupe. Nous sommes responsables du concept et de la production. Malheureusement, nous avons du faire affaire à un sous-traitant (dont nous tairons le nom, mais il n’est aucunement affilié à l’empire Québécor) pour l’impression.

    Pour quelle raison la mettez-vous en vente sur votre site internet? Pour une cause?

    Jusqu’à tout dernièrement, elle était tombée dans l’oubli. Nous sommes très heureux de voir le battage médiatique entourant notre oeuvre dans le cadre de l’arrestation très people de notre camarade Yalda… Si les ventes se relèvent, avec de la chance, on pourra bientôt quitter la misère pour connaître l’opulence. En effet, à ce jour, tous les profits découlant de la vente du poster nous sont revenus.

    À l’époque de la création de l’image, nous touchions le fond du baril, on en grattait même le double fond pour voir s’il n’y restait pas un peu de poudre histoire d’y mettre le feu. Nous allions sortir notre album « Les belles années »* et on avait désespérément besoin de cash. Notre premier album « Brasse d’la marde comme d’autres brassent d’la bière » était discontinué et on avait besoin d’un revenu. On s’est dit qu’une affiche était la solution à nos maux.

    Voici pour la cause pour laquelle on a créé Mise en Demeure guidant le peuple : faire la piastre pour financer un album.

    Pour quelle raison la mettez-vous en vente sur votre site internet?

    Eh bien, mon cher Dan, on l’a mise sur notre site Internet pour la faire connaître au monde. Quand on crée un produit culturel, il faut aussi s’assurer de sa diffusion dans la sphère publique. miseendemeure.org joue ce rôle pour nous.

    En avez-vous vendues beaucoup?

    Malheureusement, nous ne pouvons répondre à cette question. Notre conseil d’administration est très clair à ce niveau, nous ne pouvons divulguer l’état de nos ventes au premier journaliste venu. Tout ce que nous pouvons vous répondre, c’est que nous en avons vendues assez pour que l’une d’elles se retrouve sur la table de cuisine d’un député de l’Assemblée Nationale, celui-là même dont nous nous payions la tête, pour ensuite être citée en justice.

    Qu’est-ce que cette image signifie pour vous?

    Cette image signifie beaucoup pour nous. Elle nous a permis se produire notre second album et, pour ça, nous lui sommes éternellement reconnaissant. L’aspect économique ne peut être relégué au deuxième plan. Il en va de même dans notre société et vous devriez le savoir : votre canard nous rabâche cette ritournelle jour après jour.

    Cependant, un truc qu’on aime bien, dans l’économie qu’on met de l’avant, c’est cette idée que le prix n’est pas fixe. Chacun paye selon ses capacités et chacun réclame ce qui fait son bonheur. On aimerait encore plus qu’il n’y ait plus de prix et qu’on ne réclame que du bonheur, mais y’a des gens plates qui contrôlent la société qui ne veulent pas de ça.

    Que représente-t-elle?

    Ouh là… C’est une grosse question que vous nous posez là!

    Mise en Demeure guidant le peuple est tributaire d’une longue tradition d’oeuvres et d’artistes engagé.es et nous espérons qu’un observateur ou qu’une observatrice attentive saura les décoder. Attention, on va te parler d’art, de politique, de linguistique, d’économie et de sociologie. Y’a peut-être un peu de philosophie qui va suer de tout ça, mais on va la garder en laisse.

    En premier lieu, on s’est inspiré de La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix dans laquelle Marianne représente à la fois la Liberté et la France au combat. Celle-ci nourrit la nation avec ses gros seins bien gorgés de lait et la mène vers un avenir meilleur. La Bananarchiste est notre claviériste et joue bien le rôle d’icône anarchiste. C’est un clin d’oeil.

    En fait, on n’aime pas tant Delacroix qui était un petit-bourgeois. Bien que progressiste, il croyait que c’est en s’impliquant dans le système qu’on parvient à changer la société. Toute sa vie, il rechercha la reconnaissance du pouvoir et il l’obtint sur le tard alors qu’il fut nommé Académicien. Il tenta d’ouvrir les portes de cette institution à un plus grand nombre de peintres et d’ébranler la tradition qui en pourrissait les murs, mais il fut incapable de mener sa mission à bien… De cet échec est née une révolution du champ des arts. On est passé de l’académisme à la modernité. Aussi, certain.es expert.es du monde de l’art affirment que le jeune bourgeois en chapeau haut de forme est un autoportrait du peintre. Nous croyons que Delacroix fut un allié des pauvres et des opprimé.es, mais qu’il a emprunté une mauvaise voie pour faire l’Histoire. C’est aussi le cas de Monsieur Kadhir et c’est pourquoi nous avons remplacé le visage de Delacroix par celui de l’unique député de Québec Solidaire. On y fait un lien politique entre le réformisme d’antan et celui d’aujourd’hui.

    Mais ce n’est pas tout. Vous le savez probablement, mais Mise en Demeure guidant le peuple, en tant qu’oeuvre photoshoppée est l’héritière des collages. Les collages sont apparus au début du XXe siècle dans un mouvement artistique qu’on a dérisoirement nommé « les cubistes ». Alors que la Première Guerre mondiale devenait imminente, Picasso intégra à ses tableaux de petits morceaux d’articles de journaux faisant état du conflit entre les États impérialistes qui allaient se livrer bataille. Par la suite, la pratique du collage a connu de beaux jours à Berlin alors que le mouvement dada s’y exprimait à l’aube des années 1920. Les collages donnaient alors un nouveau sens à des images glanées ici et là. Après le parti pris pacifique des oeuvres de Picasso, les oeuvres de Dada-Berlin étaient propagandistes pour la cause communiste.

    Parallèlement aux collages, on doit mentionner que L.H.O.O.Q., oeuvre phare de l’artiste français Marcel Duchamp, a montré au monde entier qu’on pouvait reprendre une oeuvre et en détourner son message initial. Par la suite, ce qui s’appelle le détournement d’oeuvre est devenu une pratique populaire grâce à l’apport des membres de l’Internationale situationniste au courant des années ’60. Et puis, comme Boris Vian l’avait si bien dit quelques années auparavant : « Tout a été dit cent fois/ Et beaucoup mieux que par moi/ Aussi quand j’écris ces vers/ C’est que ça m’amuse/ C’est que ça m’amuse/ C’est que ça m’amuse et je vous chie au nez ». C’est ce que nous avons fait à notre façon.

    Allez, concentrons-nous et revenons au sujet qui t’intéresse, Daniel.

    Alors, nous avons l’oeuvre de Delacroix. On y remplace l’autoportrait par Kadhir. On y remplace la liberté par l’anarchie et Marianne par la Bananarchiste. Mais ce n’est pas tout. On doit dire que vous êtes un fin observateur : vous avez su distinguer tous les ajustements que nous avons apportés à l’oeuvre originale. Nous avons donc éclairé les éléments 1 et 2 de votre charmant article. Passons donc aux autres!

    Charest est mort. C’est la vie qui continue. C’est une émeute, une insurrection, non, mieux une révolution et on trouvait ça à propos d’y mettre des crapules contemporaines**. Charest, c’en est une. C’est une des têtes d’affiche des crosseurs québécois alors on l’a choisi. On aurait pu mettre bien d’autres gens.

    Donc, nous voulions faire un outil autopromotionnel pour notre groupe. Nous retrouvons déjà la Bananarchiste, mais nous sommes quatre. Eh oui, c’est aussi nous 4-5-6 avec nos costumes de scène! On s’est dit que c’était bien de mettre le flic se prosternant devant le peuple qui se révolte. On s’est dit que le dictateur un peu nazi sur les bords serait beau aux côtés de Charest. Y nous restait le gars cagoulé à mettre, pis on a réussi à l’intégrer à l’oeuvre originale en laissant l’épée que le personnage tenait. C’est assez cool.

    Tu vas peut-être trouver que c’est un peu gros, un groupe de musique qui se prend pour l’avant-garde éclairée d’une révolution à venir et qui se met ainsi en image. C’est un peu ça le but. Dans notre société sédentaire où le peuple n’a pas le temps de s’amuser en dehors de ses obligations économiques (travail et consommation), tout est un peu gros. Nous sommes un peu gros. On aime ça faire dans le grossier. Ça nous permet de faire notre juste part en tant que pauvres et artistes en lutte contre le capital. On se trouve drôle aussi. Et beaucoup de gens qui nous aiment nous trouvent drôles et sympathiques. Cependant, ce n’est pas le cas de tout le monde et notre production artistique peut ainsi se trouver dans la preuve que l’État présente contre une dangereuse criminelle. C’est absurde, n’est-ce pas?

    Tiens, as-tu déjà lu la pièce Rhinocéros d’Eugène Ionesco? Un chic type. Il y est question d’une étrange maladie venue de l’étranger. Cette maladie a comme symptômes que les personnes atteintes se transforment en rhinocéros. C’est gros de même. Derrière l’absurde de la chose, Ionesco a écrit cette pièce comme étant une allégorie du fascisme et du conformisme politique qui rampaient lors de la Deuxième Guerre mondiale. C’est drôle comme maladie, ça ne fait pas de sens, mais c’est aussi triste et tellement lourd comme sujet.

    Nous croyons utiliser une approche similaire. Le fait que notre oeuvre soit une pièce à conviction sur laquelle se jette un certain journal sensationnaliste représente pour nous le comble de cette absurdité. On n’aime pas la police. On n’aime pas le gouvernement. Et la légende de l’oeuvre « si j’avais une machine à remonter le temps… »? Elle fait référence à une de nos chansons, où l’on dit, carré comme ça : « si j’avais une machine à remonter le temps, j’irais péter la yeule à Jésus ».

    C’est un petit fantasme qu’on se permet, un exutoire. C’est ce qui nous permet de nous regarder le matin dans le miroir et de vivre jusqu’au lendemain. Ainsi, en plus d’être un clin d’oeil à La Liberté guidant le peuple, notre affiche fait référence à une chanson de notre répertoire qui laisse sous-entendre qu’on aurait bien aimé ça faire parti de cette révolution où on se serait débarrassé des crapules qui nous entourent. On pastiche un autoportrait pour en refaire un autoportrait.

    Mise en Demeure

    *Vous allez aussi probablement aimer le graphisme de cet album. On y retrouve la fameuse Bananarchiste et – on dirait que ça relève du fétichisme, mais c’est pire que ça – Jean Charest dans le rôle d’un cadavre. Allez voir sur notre dit site d’intérêt, y’a du croustillant là-dedans!

    **As-tu été voir? Eh oui, à côté de Charest, on retrouve PKP. C’est-tu pas croustillant à souhait ça?! D’ailleurs, on pensait seulement boycotter votre torchon en vous ignorant, comme on le fait si bien habituellement, mais ça nous amusait de te répondre. En plus, on ne sait pas trop si tes patrons auraient compris la différence entre notre boycott et une grève pis on voulait pas être l’origine d’un nouveau lock-out. C’est pas facile la vie parfois…

    • crioux dit :

      Comment ça peut dater de 2010, à une époque où la bananarchiste n’existait pas?

      • ferguson911 dit :

        réponse simple, ce n’est pas banane rebelle, c’Est un costume de banane tout court. Surment que l’homme banane à Québec c’est inspiré de la toile

    • Gilles Laplante dit :

      « Jusqu’à tout dernièrement, elle était tombée dans l’oubli. Nous sommes très heureux de voir le battage médiatique entourant notre oeuvre dans le cadre de l’arrestation très people de notre camarade Yalda… Si les ventes se relèvent, avec de la chance, on pourra bientôt quitter la misère pour connaître l’opulence. En effet, à ce jour, tous les profits découlant de la vente du poster nous sont revenus. »

      Très instructif.
      Le terme camarade Yalda ne vous évoque-t’il pas quelque chose? Évidemment on peut torturer la logique pour démontrer que ça n’a aucun rapport avec le communisme.
      Pour un groupe qui exècre le capitalisme et le profit l’appel à l’opulence est passablement ironique. La honteuse opulence ça ne fait pas parti du communisme à moins que ça ne soit bon que pour la gauche.

      • L'engagé dit :

        Qu’est-ce que vous voulez dire?

        Effectivement, l’appel à l’opulence est ironique et le terme camarade est courant à gauche.

        En d’autres mots, pensez-vous vraiment qu’ils ont fait de $$ avec cette affiche?

  6. L'engagé dit :

    L’album «Les Belles Années» a été lancé en février 2011 et un type déguisé en banane est bel et bien sur la pochette.

    Des photos de cette époque montrent effectivement le band en action avec des déguisements…

    • crioux dit :

      Si ce que tu dis est vrai, c’est encore plus grave. Ca veut dire qu’Amir avait ça chez-eux bien avant les carrés rouges, bien avant le conflit étudiant. ET que les dérangé de « mise en demeure » avaient fait cette « oeuvre » alors que tout allait bien au Québec…

      Et ça fait donc 2 ans que ça traine sur la table de la cuisine?!

      • L'engagé dit :

        Je vais te tutoyer… pour que tu vois que je ne suis pas un adversaire, juste un gars qui ne voit pas les choses comme toi, mais avec qui tu pourrais prendre une bière…

        Imagine que, parce que nous sommes carrément opposés, que je fasse une caricature de Christian Rioux en vraiment «redneck» et que tu sache que c’est pour rire. Je sais que tu es plus à droite que moi, mais tu sais que je sais que tu n’es vraiment pas un «redneck», mais je prends une photo d’un gars du Texas, avec un «pick-up», pis une 12, le gars est torse nu, et au loin on voit le Rocher Percé, pour être certain que les gens qui savent que tu viens de la Gaspésie reconnaissent bien que c’est toi.

        Pis là, sur cette photo-là, je mets ta tête, celle du blog, avec des lunettes fumée pis ton pinch… En même temps (c’est pas le cas, mais ça aide pour l’histoire) tu apprends que je suis un auteur de MTL, pas trop populaire, mais lu quand même.

        Je prends la peine dans une de mes lubies dans mes parodies que je publie d’ordinaire sur l’Union des communistes libertaires, de me servir de toi comme l’exemple typique des «droitistes de région qui écoutent (je sais que c’est pas ton cas, mais c’est hyperbolique) des radios-poubelles.

        C’est complètement exagéré, je sais que tu te promènes pas sur le dessus de ton pick-up pour tirer des «carrés rouges» en région, mais je le laisse croire, avec ce montage.

        C’est un caricature. Une joke. Au pied du pick-up, il y a GDN, Léo et Khadir. Morts. Ainsi que Jean Trudel, ex-président des profs de cégep.

        Je sais que tu ne les veux pas mort… c’est trop gros justement.

        Duhaime, conduit le Pick-Up et Martineau recharge son gun. Johanne Marcotte est dans le siège des passager et Jean-Luc Proulx fait du pouce.

        C’est tellement gros que tout le monde sait que c’est trop, mais c’est la couverture d’un de mes essais.

        Tu te reconnais évidemment là-dedans. Et même si c’est une caricature, t’as une petite fierté : t’es assez important pour qu’un artiste mineur te représente.

        Ça te fait un petit velour, tu l’encadres.

        Tes amis savent que c’est ironique. Mais quand même, ça témoigne de ton importance relative et ça en dit quand même un tout petit peu, malgré le côté épouvantablement
        exagéré de ton opinion politique.

        Ça fait deux ans que c’est chez vous et ta blonde se fait arrêter parce qu’elle a tassé un syndicaliste, prof de cégep (tu vois le lien avec Trudel) mais ce dernier l’accuse de voies de faits et de menaces de mort. Donc il y a perquisition chez vous, et la police voit le tableau, la caricature que l’engagé avait faite et dans laquelle tu apparais…

        Les policiers ont aucune idée de ton blog, de notre «histoire», ils prennent le truc au premier degré et le lendemain, l’histoire est dans les hebdos locaux :

        Un tableau troublant chez Rioux montre Trudel, Khadir et GND morts, Rioux a un fusil

        T’as pas commandé le tableau, t’a juste découpé la pochette du livre, ou mieux un poster était dans le livre que j’avais écrit…

      • crioux dit :

        Il n’y a rien de drôle la dedans, pas plus que l’affiche avec Khadir, la banane et le cadavre de Jean Charest. C’est difficile d’y voir de l’humour, et je n’en verrais pas plus si j’étais gauchiste, ou si les rôles étaient inversés. Désolé.

        La différence, c’est que les révolutions ont presque toutes été des révolutions de gauche, et ont fini dans le sang.

        La révolution est typique de la gauche, puisque celle-ci rêve d’un monde imaginaire meilleur, et l’obstacle à ce monde « meilleur » est le statu-quo. Une fois la révolution terminée, le monde meilleur n’arrive jamais, alors la masse veux se révolter contre le pouvoir qui lui a tant promis, mais il est trop tard, et alors dans la plupart des cas, l’histoire montre que ça se termine en dictatures. La révolution française est une des exceptions, mais à quel prix? Combien de morts et de gens guilottinés juste parce qu’ils étaient riches pour qu’on puisse s’accaparer de leurs biens?

        Cette haine des riches, cette haine de nos dirigeants, cette haine des policiers, alimentée par un petite élite qui espère prendre le pouvoir, c’est une pente glissante et dangereuse.

        Ceux qui oublient leur histoire sont condamnés à la répéter.

        L’utopie n’est astreinte aucune obligation de résultats. Sa seule fonction est de permettre à ses adeptes de condamner ce qui existe au nom de ce qui n’existe pas. -Jean Francois Revel

      • crioux dit :

        En plus ce que tu décris est tellement ridicule et loin de la réalité, Tout ce qui est à droite de l’extrème gauche n’est pas nécessairement l’extrème droite. Je suis centriste/centre-droite. Je n’ai pas d’arme à feu, et même que ma blonde EST syndicaliste impliquée (ce qui donne lieu à des discussions colorées).

        Alors que Khadir est réellement d’extrème gauche, il ne manque que le mot « communiste ». Son père, Jafar Khadir, siégait jusqu’en 2007 au comité central du Parti Communiste du Québec. Il s’en est éloigné pour ne pas nuire à la carrière de son fils, mais reste militant. Québec Solitaire a des liens connus avec le Parti Communiste du Québec et autres organismes d’extrème gauche.

        Khadir attise la révolte, s’est fait arrêter dans une manifestation illégale, et sa fille est arrêtée pour méfaits, menaces et possiblement d’autres accusations en lien avec les attentats.

        Alors l’image de Khadir en pleine révolution violente est à la limite plausible, c’est comme ça qu’il se voit, quand il parle de « son » peuple, et qu’il se compare à Ghandi ou Luther-King.

        Alors que ce que tu imagines sur mon compte ne l’est pas du tout.

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