Ca n’a plus rien à voir avec la hausse….

Dès de départ, des groupes d’intérêts s’étaient greffés à ce mouvement.

L’alliance sociale, soit les grands syndicats étaient là dès le départ. L’alliance sociale fait la guerre au gouvernement Charest depuis son élection en 2003. Ils ont sautés sur l’occasion pour continuer à taper sur le clou. Ils ont largement financé, conseillé, appuyé le mouvement étudiant. Ils n’ont pas digéré que Charest a essayé de réformer les syndicats, et encore moins la loi 33 sur le placement syndical. En plus ça leur permet de détourner l’attention que les grands syndicats sont les principaux visés dans le scandale de la corruption dans la construction.

Les péquistes séparatistes, qui pensent qu’en tapant assez fort sur Charest, ils vont favoriser l’élection de Marois. Mauvaise nouvelle pour vous, personne ne veut de Marois non plus, et elle s’est tirée dans le pied en pensant s’attirer des votes en imposant le port du carré rouge à tous les députés. Elle passe pour une molasse qui aurait cédé à la violence et tout donné aux étudiants.

Le mouvement Occupy, anti-capitaliste, communiste, marxiste, dont le but est de renverser le gouvernement et le remplacer par un gouvernement socialiste. En fait, il s’agit en bonne partie des mêmes personnes qui sont dans les manifs actuelles. Encore une fois, il avait été démontré que les syndicats finançaient ce mouvement. Amir Khadir, de Québec Solitaire, extrême gauche tendance communiste, appuie le mouvement pour ces raisons. Il avait parainné une pétition pour la démission de Jean Charest il n’y a pas si longtemps, avant même la hausse. La CLASSE quand à elle a des liens rapprochés avec l’Union Communiste Libertaire.

Les anarchistes, dont le but est également de renverser le gouvernement, mais pour tomber dans un état sans loi. Ce sont les plus violents et ils profitent de chaque occasion, comme la manifestation annuelle « pour la violence envers les policiers ». Pour eux, la manif c’est un sport extrême, une occasion d’avoir une passe « gratis » pour agresser les policiers sans trop de chances de se faire arrêter.

Les Éco-anarchistes, parmis les moins connus, on en a vu à quelques reprises avec leur drapeau vert et noir. Ce sont des anti-civilisation. Ils souhaitent le retour à l’âge de pierre, pour « sauver la planète ».

Toute la ribambelle des « anti-touttes« . Depuis quelques années, il n’y a pas un manifestation sans qu’on y voit des pancartes anti-Port-méthanier, anti-gaz de schiste, anti-fracturation, anti-pétrole, anti-éoliennes, anti-barrage, donc anti-« toutte ». Ils se servent de ce mouvement pour continuer leur propagande anti-développement.

Ceux qui martèlent chaque jour que le gouvernement est « corrompu » sans aucune preuve. Le seul ministre reconnu corrompu est Tomassi, qui a utilisé une carte de crédit fournie par un ami en retour de faveurs. De là à dire que tout le gouvernement est corrompu….

Les artistes en manque d’attention, qui se greffent à ce mouvement pour avoir l’air « cool » auprès des jeunes (qui sont les plus grands consommateurs de musique et de spectacles), pour faire parler d’eux dans le cas des « has-been » ou bien se faire connaitre pour les moins connus. Ou simplement ils utilisent leur notoriété pour appuyer l’une des causes ci-dessus (séparation, communisme) en démonisant Charest, qui ne les représente pas.

Tout ces gens n’ont pas avantage à ce que le conflit de règle. Durant tout ce temps, ils continuent à avoir de la visibilité. Pendant ce temps ce sont les étudiants qui sont emphêchés d’aller à leur cours qui sont pénalisés.

Si ça avait été un gouvernement péquiste au pouvoir, jamais les syndicats, les séparatistes ou les artistes ne s’en seraient mêlés. D’un autre côté, Marois leur aurait tout donné ce qu’ils veulent.

Maintenant, la nouvelle excuse c’est la loi 78, la loi que Charest a passé pour que les étudiants puissent compléter leurs cours et limiter les débordement et le vandalisme dans les manifestations. Selon eux cette loi est inacceptable et Charest est un dictateur! (certains ne savent pas c’est quoi un dictateur)

Selon Joseph Facal, ex-ministre péquiste, la loi 78 :

« est moins raide que la loi spéciale à l’encontre des infirmières en grève illégale (une vraie grève celle-là) en 1999. Je le sais, j’y étais. »

Et tant qu’à parler d’être « anti-démocratique », que dire des péquistes qui ont forcé les fusions municipales, malgré des référendums populaires qui étaient majoritairement contre?

La loi 78 n’empêche pas les manifestations, elle ne fait que les encadrer, met des pénalités plus sévères à ceux qui font du saccage, encouragent la violence, ou veulent empêcher les étudiants d’aller à leurs cours. On est loin de la dictature, puisque dans la plupart des villes occidentales, des lois semblables, et même plus sévères existent.

La loi 78 oblige notamment tout groupe de plus de 50 manifestants faire connaître leur itinéraire aux policiers huit heures à l’avance, sous peine d’amendes, et n’exige pas l’obtention d’un permis, contrairement à d’autres endroits :

-En France, un permis est nécessaire, les contrevenants encourant une peine de six mois de prison et une amende de 7500 euros (environ 9800 $). A Paris, les manifestants doivent donner 20 jours d’avis;
-A New York, les groupes de plus de 20 personnes doivent obtenir un permis et donner cinq jours d’avis;
-A Londres, l’avis de manifester doit être transmis six jours l’avance;
-A Genève, en Suisse, les manifestants doivent faire part de leurs intentions 30 jours à l’avance;
-A Toronto, les autorités suggèrent de les aviser deux à trois semaines avant une manifestation, mais aucune amende n’est prévue.

Alors la loi 78 n’est pas anti-démocratique, n’est pas si radicale que ça et en plus elle est temporaire, c’est à dire que dans un an, elle ne sera plus en effet.

Pour ceux qui chialent sans avoir lu, voici un lien pour lire ce qu’est vraiment la loi 78


Alors ça n’a plus rien à voir avec la hausse des frais de scolarité, qui sont les plus bas au Canada, (même après la hausse complétée dans 7 ans).

Ça n’a rien à voir avec l’accessibilité non plus, puisque les améliorations aux régimes de prêts et bourses proposées par Charest sont plus avantageuses que le statu-quo pour la classe la plus démunie ET la classe moyenne. Seuls les mieux nantis paieraient plus. De toute façon des études ont démontré qu’ailleurs, là où les frais sont plus élevés, le taux de diplômés est plus élevé aussi, alors c’est un faux débat.

Il s’agit juste d’un exutoire pour toute sortes de groupes qui veulent se faire entendre ou nuire aux libéraux. Si demain une entente était signée, je suis prêt à parier que les manifestations continueraient avec une nouvelle excuse.

Mais le résultat n’est pas celui qu’ils pensent, beaucoup de gens qui ne pensaient pas voter pour Charest aux prochaines élections, y pensent sérieusement, moi compris, parce que c’est le seul qui se tient debout face à la violence et l’anarchisme. Legault a perdu une belle occasion de se faire du capital politique.

30 commentaires pour Ca n’a plus rien à voir avec la hausse….

  1. jeanlucproulx dit :

    «Les séparatistes»

    Merci de généraliser et de m’associer, de ce fait, à ce mouvement marxiste!!!

    • crioux dit :

      Si tu « fit » dans une catégorie ne veut pas dire que tu fit dans les autres. Beaucoup de séparatistes sont embarqués dans ce mouvement juste pour bûcher sur Charest. Ca ne veut pas dire qu’ils sont marxistes pour autant.
      c’est le but du billet, que plusieurs groupes sont derrière ce mouvement, pour des raisons différentes qui n’ont plus rien à voir avec la hausse.

      Juste pour te faire plaisir, je vais remplacer « séparatiste » par « péquiste »

  2. Alain Berger dit :

    « Le mouvement Occupy, anti-capitaliste, communiste, dont le but est de renverser le gouvernement et le remplacer par un gouvernement socialiste. »
    Pouahahahahahahahahahaha!!!!!!
    Tu devrais venir faire un tour aux assemblées générales d’OM leur expliquer exactement c’est quoi leur but… parce que je peux te dire une chose… c’est loin d’être aussi clair pour eux!

    Communiste?… mettre en place un gouvernement socialiste?…

    Désolé, je n’ai pas pu lire plus loin. Comment prendre ton analyse au sérieux lorsque l’info présentée est si ignorante des faits?

    • crioux dit :

      Ignorant des faits?! Je crois que tu aurais avantage a te renseigner un peu sur ce mouvement, sortir de ta tour d’ivoire et voir ce qui s’y passe réeellement: Et pourquoi ne pas lire le billet au complet?! Si c’est de cette façon que tu t’informes….

      • Alain Berger dit :

        Cher ami,

        L’autonme dernier, je suis justement sorti de ma « tour d’ivoire » et suis allé faire un tour du côté de l’occupation. Long story short, j’y ai habité pendant 27 jours (tout en continuant d’aller travailler tous les jours). J’ai vécu l’occupation. C’est là que je vais chercher mes infos.

        Il y a pourtant un mot qui qualifie très bien autant la structure organisationnelle du mouvement (et ce, à travers tous les « Occupy ») que l’idéologie dont dont la plupart de ses membres les plus engagés sont prêt à se réclammer. Et ce mot n’est pas « socialiste » et encore moins « communiste » (ha! if only… l’occupation aurait pu durer plus longtemps!)

        Sors de ta bulle idéologique un moment, comme je l’ai fait, arrête le combat de « clips » et va t’imformer pour vrai. Tu apprendra vite quelle étiquette idéologique qualifie adéquatement le mouvement Occupy.

        Ce jour là je te prendrai au sérieux et te lirai jusquáu bout.

        Alain B.
        Le Petit Émerillon

      • jeanlucproulx dit :

        @ Alain.

        Ton commentaire me donne le goût de te ploguer cette lecture suggérée: http://lequebecdedemain.blogspot.ca/2011/11/les-dessous-du-1-et-ceux-de-occupy-wall.html

        En passant, prendre ses informations sur le mouvement Occupy chez le mouvement Occupy, c’est comme prendre ses informations sur les raéliens chez les raéliens!!! Les deux te mentent en pleine face, pour couvrir leur véritable but et pour t’embrigader, ainsi, dans le mouvement!!!

      • Alain Berger dit :

        C’est comme essayer de m’informer sur la droite droite en allant chez toi, donc.
        😉

      • Alain Berger dit :

        Et les seuls qui peuvent m’informer adéquatement sur tes idées sont tes critiques?

      • jeanlucproulx dit :

        @ Alain.

        À la différence que moi, je ne suis pas un mouvement, mais bien un individu!!!

      • crioux dit :

        @Alain Berger
        On savait tous que tu étais un gauchiste, pas besoin de nous le confirmer. Un gauchiste utilise les insultes comme un argument, refuse la réalité qui ne correspond pas à son idéologie et surtout un gauchiste considère comme droite ou extrême droite tout ce qui n’est pas à gauche. Centre-gauche, centre ou centre-droite, pour vous ça n’existe pas….

        Pour ton information, j’étais centre gauche, et avec les années (sagesse) je suis devenu centre-droite.

  3. clauday dit :

    Moi, je n’en peux plus de lui voir la face à la tv. Je ne sais pas si les syndicats vont payer le loyer de machin choet! Charest a longtemps hésité, il se d’outait bien que les syndicats voudraient le renverser. Tant qu’à Mme Pkiss elle promettrait de ne pas augmenter les frais et une fois élue, elle dirait que dans l’état des finances que les libéraux lui ont laissé, qu’elle n’a pas le choix.

  4. Francis dit :

    Il faut comprendre quelque chose : Ces jeunes qui sont dans les rues depuis des mois, loin d’être des délinquants, ce sont ces gens qui ont commencé à s’intéresser au monde, à la politique et à l’actualité à l’époque où Charest a commencé son trop long règne et qui n’ont vu que des scandales, des mesures impopulaires imposées, des requêtes populaires ignorées, de la mauvaise foi et des mensonges à peine cachés, des tactiques (presque) frauduleuses, de la richesse de plus en plus mal distribuée, la démocratie reléguée comme privilège exclusif des élus, l’Arrogance à son plus haut niveau… ces jeunes qui sont allés à l’université pour contribuer à créer leur société idéale, où les politiques visent à créer un société équitable, où tous peuvent espérer réussir dans la vie, en ont ras-le-bol et voient dans la hausse des frais de scolarité, une nouvelle source d’appauvrissement social et culturel, la volonté d’endetter des gens qui, pour beaucoup (tous ces gens en sciences humaines et en arts), n’auront jamais d’autres richesses que leur savoir et les idées qu’ils peuvent emmener à la société, des gens qui souvent sont payeurs à temps plein, salariés à temps partiel et dont l’aide dépend de coups de dés ou de leur potentiel à s’endetter. C’est plus cher au Canada et aux États-Unis? Peut-être mais veut-on une société équitable et responsable ou seulement suivre des modèles encore plus de droite qui ont leurs tares? Ces supposés enfants rois (comme les nomme ceux qui ne parviennent pas à mettre en perspective cette simple logique…) qui manifestent veulent une seule chose : protéger (non pas eux-mêmes mais surtout) les futurs étudiants contre un gouvernement qui prend des décisions socialement importantes et démesurées qu’il ne dévoilent que lorsqu’il est déjà au pouvoir, sans sonder la population, et qu’il tente d’atténuer avec des mesures qui reposent sur une bonne foi des élus à laquelle il serait fou de croire après tout ça : quand on les accuse de ne pas vouloir faire de compromis parce qu’ils demandent à en faire sur une question sur laquelle Charest ne veut même pas discuter, quand on les accuse d’être antidémocratiques pour ne pas se soumettre aux décisions des élus (légitimes) sans rien dire : Entendre « C’est pas eux qui vont diriger le Québec. S’ils veulent gouverner, qu’ils mettent leur tête sur une affiche et qu’ils se fassent élire. » de la part d’un élu parce que des gens ont des revendications… Comment ne pas entendre que le gouvernement a exclus le peuple de la démocratie pour 4 ans, qu’il ne travaille plus pour le peuple et que c’est légitime? Comment entendre autre chose quand on pense que même lorsque plus que 80% réclamait une enquête afin de savoir s’il y a de la corruption (et si le gouvernement y participe), on a refusé d’écouter le peuple pendant des mois? Qu’est-ce qu’un gouvernement démocratique qui passe son temps à cracher sur le peuple?

    • crioux dit :

      Il y a un principe de base en démocratie, c’est qu’on vote pour savoir qui va diriger. Une fois qu’il est élu, il DOIT diriger, et non pas écouter chaque groupe de pression insatisfaits, qui sont des gens qui n’avaient majoritairement pas voté pour lui de toute façon. s’ils sont pas contents, ils iront voter la prochaine fois. Sinon ça devient ingouvernable.

      Et si tu regardes les sondages, la MAJORITÉ des gens ne sont pas d’accord avec les étudiants.

      • L'engagé dit :

        «Selon un sondage Harris-Decima fait entre le 10 mai et le 14 mai 2012, les Québécois seraient contre la hausse des frais de scolarité à 60%.

        Et ce sondage-là, contrairement à la plupart des autres sondages sur cette question, n’a pas été fait par internet, mais bien par la voix traditionnelle, donc téléphonique. Il a une marge d’erreur de 3.1%, 19 fois sur 20.»

        Même Canoë a diffusé l’information.

      • zarmagh dit :

        À l’engagé
        Les Québécois sont toujours contre toute hausse de tarifs ! C’est viscéral !

      • crioux dit :

        @l’engagé
        Je ne sais pas comment tu lis tes sondages ,mais de tous les sondages publiés, aucun n’a été majoritairement en faveur des étudiants.

      • Francis dit :

        Je n’ai jamais dit que Charest devait tenter de satisfaire tout le monde… mais quand tu prends la décision économique et de société d’augmenter des frais de quelque chose de 82% pour une tranche de la population (qui concerne une majeure partie de leur mode de vie) et que tu n’as même pas le respect pour l’annoncer lors des élections précédentes ni le respect pour discuter de son ampleur avec les gens concerner… Oui, il avait fait une première tentative, mais c’était pas une promesse de nouvelle tentative à venir.

        Dire que ce n’est plus une question de hausse de frais quand le gouvernement n’a jamais daigné en discuter avec les gens concernés, ne faisant que des « compromis » qui consistent à des dettes (prêts), bourses (réservé à quelques privilégié qui auront pigé la bonne carte ou fait parti du bon groupe) ou un remboursement éventuel des autres frais (éventualité que la ministre discréditait dès le lendemain)… c’est un peu facile de dire que c’est pas une question de hausse.

      • crioux dit :

        Encore le jeu des %. 82% ça à l’air important. 82% de pas beaucoup, ça fait encore pas beaucoup.
        Il ne s’agit que de quelques centaines de dollars par an. C’est bien moins que ce que la plupart dépensent en bière ou en frais de cellulaire.

        Et en plus c’est étalé sur tellement longtemps que normalement les étudiants actuels ne paieront jamais la hausse au complet.

        A oui, j’oubliais, ils le font pour « les autres »

  5. Simon Leduc dit :

    Je suis entièrement d’accord avec toi. Moi aussi, je pense voter libéral afin de barrer la route à Marois.

  6. Jean-Pierre Cornut dit :

    Il faut mentionner que dans les villes dont il est fait référence ce sont des règlements municipaux et non une loi qui régissent la tenue de manifestation.
    D’autre part on ne peut comparer Genève car en Suisse les problèmes sont généralement réglés par le droit au referendum tant au niveau municipal, cantonal et fédéral.

  7. L'engagé dit :

    Éric Marin (auteur de Université Inc.) , publié dans le Devoir ET en France sur Mediapart, vous donne tort.

    Le principal problème de la hausse réside dans la marchandisation de l’éducation et l’instrumentalisation de l’université que cela entraine. Le tout, sans un débat de fond.

    Puisque le Devoir ne se rend pas jusqu’à vous…

    L’acte fondateur de l’âge barbare

    Gordon Lefebvre, Enseignant à la retraite; Éric Martin, Professeur de philosophie au collège Édouard-Montpetit 23 mai 2012

    Pour une première fois, nous prenons la plume au Québec en craignant que cela puisse entraîner des représailles à notre endroit. Malgré cela, il existe des choses qu’il faut dire et écrire lorsque des crises significatives éclatent qui risquent d’ébranler les fondements mêmes de la démocratie.

    Depuis le début du conflit étudiant, le gouvernement présente l’augmentation des droits de scolarité comme une décision purement budgétaire qui relèverait du bon sens et de la saine administration. Or, malgré son aspect comptable à première vue, il s’agit dans les faits d’une décision proprement politique, laquelle participe d’un projet néolibéral de transformation du rapport que la jeunesse entretient avec le savoir, les institutions et la société en général.

    En effet, dans son discours de présentation de la loi d’exception, Jean Charest a qualifié la réforme du financement universitaire « d’acte fondateur » : « le gouvernement a posé un acte fondateur, il s’agit de l’avenir de nos universités et de nos collèges, il s’agit donc de l’avenir de nos enfants, du financement d’institutions qui sont névralgiques pour l’avenir de notre peuple ». Il faut entendre cette refondation comme une rupture avec les valeurs cultivées par notre société depuis la Révolution tranquille : universalité, égalité, caractère public de l’éducation.

    Désormais, l’éducation est entendue comme un bien de consommation individuel que s’arrachent des clients en concurrence. Cette transformation pousse les étudiants à intérioriser sous la contrainte les idées et comportements qu’attendent d’eux les entreprises et l’économie capitaliste. Les étudiants ne sont pas les seuls à qui on impose la culture de « l’utilisateur-payeur ». Cet imaginaire se diffuse dans toute la société, et tous les services publics.

    C’est le sens de la « révolution culturelle » dont parle le ministre des Finances, Raymond Bachand. Si le gouvernement tient tant à casser la résistance de la jeunesse, c’est qu’il veut s’assurer que la transition d’ensemble se fasse docilement.

    Faux-fuyants

    Afin d’éviter un débat de fond sur les finalités qui animent ses politiques, le gouvernement a tout fait pour faire dévier la discussion sur des enjeux réels, mais secondaires. Par exemple, on peut faire de savants calculs sur l’accès aux prêts d’études, mais cela ne règle en rien le débat fondamental sur la gratuité scolaire, une revendication dépeinte dès le départ comme utopique et irréaliste.

    Avant d’en arriver au décret d’une loi spéciale, le gouvernement a tenté d’épuiser le mouvement étudiant. Par la suite, il a prétendu être ouvert à des négociations au moment même où il préparait le projet de loi 78.

    Cette loi menace les libertés fondamentales et rompt avec les principes fondateurs de la démocratie. Par exemple, en vertu de l’article 9 : « le ministre de l’Éducation […] peut prendre toutes les mesures nécessaires, notamment prévoir les dispositions législatives et réglementaires qui ne s’appliquent pas et prévoir toute autre adaptation nécessaire aux dispositions de la présente loi ainsi qu’aux dispositions de toute autre loi ». Ces dispositions ouvrent la porte à la soumission de toutes les lois au pouvoir discrétionnaire et à l’arbitraire d’un seul ministre. L’effet recherché par cette loi spéciale est-il vraiment de calmer les esprits comme le prétend M. Charest ? Faut-il aller jusqu’à comprendre, comme le disent certains avocats, qu’il faudrait même parler d’un « coup d’État constitutionnel » auquel il ne manquerait que la « loi du cadenas » ?

    La Noirceur est en avant

    Pour la génération des baby-boomers, la Grande Noirceur est peut-être derrière dans le souvenir de Duplessis. Mais pour la jeunesse qui est dans la rue actuellement et depuis 2001, 2005 et le G20 de Toronto, la Grande Noirceur est droit devant : Charest à Québec, Harper à Ottawa. Dans les deux cas, le budget sert d’arme de destruction massive des politiques sociales.

    Contre cela, depuis des semaines, la jeunesse persiste pour introduire dans le débat public une conception du rapport au savoir et une conception du monde qui s’opposent aux politiques néolibérales actuelles. Elle nous donne l’exemple de la résistance aux politiques de Charest et Harper par sa combativité, sa ténacité, sa résilience et sa solidarité. Si nous abandonnons les jeunes au matraquage policier et aux lois matraques, nous aurons laissé dire qu’il s’agissait uniquement d’une lutte corporatiste ou d’un conflit de générations.

    Or, il s’agit d’une revendication qui concerne toute la société et son avenir. Nous choisissons aujourd’hui le visage du Québec de demain. Sera-t-il une collection d’individus-entrepreneurs en guerre concurrentielle, ou une société rassemblée autour de valeurs humanistes, de justice sociale et de respect de l’écologie ? Pour empêcher la barbarie néolibérale de prendre racine, il faut s’engager résolument auprès de la jeunesse et lutter à ses côtés.

    ***

    Gordon Lefebvre, Enseignant à la retraite; Éric Martin, Professeur de philosophie au collège Édouard-Montpetit

    ***

    Ce texte a été publié hier dans le journal en ligne mediapart.fr

  8. lemoutongris dit :

    ce type de manif n’est jamais sur un sujet. en 2005, alors que j’étais à Impact Campus *Université Laval), j’ai parlé à une fille qui tenait une banderole « contre les monopoles ». Je lui ai demandé des explications et elle a sorti le nom de Molson.

    Non seulement essaie-t-on de mettre tous les oeufs dans le même panier, mais on dit franchement n’importe quoi. Y a-t-il une théorie de l’abrutissement des grands rassemblements?

    « Le principal problème de la hausse réside dans la marchandisation de l’éducation et l’instrumentalisation de l’université que cela entraine. »

    Problème? C’est la solution

    « n’auront jamais d’autres richesses que leur savoir et les idées qu’ils peuvent emmener à la société »

    ne t’en déplaise, une société n’est pas plus riche si elle a 10000 sociologues et 0 plombiers

    • Gilles Laplante dit :

      En fait, on évalue le niveau de développement des sociétés de l’antiquité par leurs systèmes d’aqueduc et d’évacuation des eaux usées. Dans beaucoup de ces sociétés, on a aucune idée de ce que pensaient les penseurs.

      • L'engagé dit :

        Puisque vous êtes si curieux, Gille Gagné, un grand sociologue québécois (sans doute le plus grand sociologue vivant au Québec) peut répondre la prétention selon laquelle la marchandisation de l’éducation serait la solution :

        J’en parle parce que vous parlez de plombier et qu’il utilise dès le départ une analogie avec la tuyauterie pour évoquer le financement des universités. Ça va vous réconcilier avec l’idée que vous semblez vous faire des sociologues…

      • L'engagé dit :

        et j’aimerais bien comprendre qui est ce «on»? Quelle discipline évalue ce niveau de développement? D’après quelle normes? Ces sociétés (lesquelles), êtes-vous vraiment certain que l’on ne connaissait pas ce que pensaient les penseurs?

        On connait justement l’Inde de Gautama, le zoroastrisme de Zarathoustra en Perse, Solon en Grèce, Ciceron ou Sénèque à Rome, Confucius en Chine…

        Je ne suis pas sûr de comprendre le commentaire et ça serait plutôt l’inverse, les sociétés qui n’ont pas produit de penseurs, on les a oubliées ou on s’en rappelle uniquement à cause de l’architecture. Pourtant Troie a disparu, Carthage aussi, mais on en parle encore…

  9. Gilles Laplante dit :

    Voici un extrait d’entrevue réalisée en 1969 qui pourrait en faire réfléchir plusieurs: http://www.fm93.com/audioplayer.php?mp3=133809

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