Extrait d’entrevue avec Gilles Duceppe

Gilles Duceppe est encore sous le choc des résultats de la dernière élection. Dans sa première entrevue depuis la défaite du Bloc, il dit:


« Si les Québécois et Québécoises ne bougent pas, d’ici 15 ans, inévitablement, on sera sur la même pente que les Franco-Canadiens et les Acadiens. C’est une assimilation fulgurante. On ne peut pas se cacher la vérité. »
— Gilles Duceppe

duceppe-boude

Hé Gilles, les messages de peur et l’arrogance n’ont pas marché lors de la dernière élection, alors tu peux aller te cacher. Le bonhomme sept-heure, ça ne marche plus!

Il n’a pas encore compris le message que les québécois n’en veulent pas de leur option anglophobe. Il reste convaincu que lui seul a raison et que les québécois sont tous dans l’erreur.

Il s’est passé 250 ans depuis la conquête, et pourtant on est encore là. Non seulement ça, mais maintenant nous somme en total contrôle de nos lois et de notre destin, alors qu’en 1765, nous n’étions qu’un peuple de conquis. Il y a plus de 80% de francophones au Québec, pas mal pour un peuple sur le « bord de l’extinction ». Et en dehors de l’île de Montréal, les anglophones sont quasi-absents. En région, c’est eux qui se font assimiler. Montréal n’est pas le Québec.

Et c’est pas parce que des gens autour de nous parlent d’autres langues, ou même si nous parlons d’autres langues que nous perdons notre langue maternelle ou notre culture. Je suis à apprendre ma 3e langue, et ça ne fait pas de moi un traitre ou un assimilé.

Un italo-québécois reste fidèle à sa culture même s’il parle français, donc la culture c’est beaucoup plus que la langue. Si la culture québécoise ne se résume qu’à la langue, elle est bien pauvre.

Le Québec n’est pas un pays, c’est le choix démocratique qu’ont fait les québécois, à deux reprises, assumez! On est au Canada, il y a deux langues officielles, parlez celle que vous voulez mais faites pas suer ceux qui parlent l’autre. C’est exactement pareil comme si un manitobain était offusqué d’entendre parler français autour de lui et voudrait limiter les droits des franco-manitobains.

En Suisse, il y a 3 langues officielles, et la plupart des gens connaissent 2 ou 3 langues. Sont-ils moins suisses pour autant? Est-ce qu’ils essayent de limiter les droits de parler une des langues au détriment d’une autre? NON.

Il n’y aura pas d’assimilation, ni d’indépendance du Québec.
Alors pour les messages de peur, il peut laisser tomber, ça ne prend plus. Sauf peut-être avec les séparatistes convaincus, eux ils aiment ça se faire des peurs et voir des anglais partout.

On peut se poser la question: pourquoi fait-il cette sortie maintenant? A-t-il des visées pour remplacer une certaine politicienne en chute libre? Il a pas encore compris le message? Peut-être qu’une 2e claque au visage pourrait le ramener à la réalité?

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28 Responses to Extrait d’entrevue avec Gilles Duceppe

  1. lemoutongris dit :

    J’en sais un bout sur « l’assimilation inverse » : les descendants de mon père étaient anglophones. Et mon grand-père me rappelle souvent qu’à mon âge (début des années 50), la Haute-Ville de Québec était anglophone. Un ancien patron, originaire de Sherbrooke, me racontait qu’il y avait une alternance officieuse entre un maire anglophone et un maire francophone jusqu’aux années 60 environ.

    Pour le reste, Duceppe prouve mon point, une fois de plus : la séparation ne peut se réaliser que par un fort sentiment antagoniste. C’est ce qui a donné le référendum de 1995, c’est ce qui a donné les succès électoraux du bloque (jeu de mot intentionnel) en 93 et 2003.

    Sinon, il semble effectivement y avoir assimilation du côté des allophones. Leurs actions prouve simplement que le français n’a pas l’attrayance nécessaire, et ce malgré une éducation forcée en français. Comme quoi forcer les gens n’est pas garant qu’ils nous aimeront…

  2. L'engagé dit :

    Je me demande si c’est 80% ou 79% de francophones et je me demande également si ça ne baisse pas encore on aura bientôt les résultats du recensement, mais il me suffit de savoir que l’on était encore 84% avant le rapatriement de la constitution pour m’inquiéter et voir la tendance. Je vous rappellerais également que depuis, la loi 101 ne cesse d’être charcutée.

    Le Québec n’est pas Montréal, mais Montréal est la métropole et la porte d’entrée des immigrants, sans compter que la grande région métropolitaine c’est certainement le tiers de la population de la province. Vous ne pouvez négliger ce qui se passe à Montréal comme s’il s’agissait d’une ville de 200 000 habitants. Cette semaine encore on m’a fait le coup dans un commerce : «in english».

    Je ne m’explique toujours pas que votre thèse selon laquelle les défenseurs de la langue agissent par francophobie, quant au commentaire précédent, la force d’attraction du français serait justement plus grande si le financement de l’éducation supérieure était proportionnel à la population francophone et non au triple de la proportion de la population anglophone on n’en serait justement pas là.

    Autrefois, les Canadiens français composaient 31% du pays, c’est désormais 21%, ce qui signifie que l’idée d’un Canada bilingue est révolue. Le régime fédéral est officiellement bilingue, ce qui signifie que vous pouvez théoriquement obtenir des services en français partout, mais le Canada, lui, n’est pas bilingue. Cela signifie que le poids francophone dans le ROC ne cesse de diminuer, ce qui a une conséquence encore plus grande dans la province. Dans les belles années du bilinguisme à la Trudeau, on pouvait plus facilement avoir le discours selon lequel les immigrants pouvaient naturellement se tourner vers le français au Québec puisqu’ils apprendraient une langue parlée partout au pays, mais désormais ce n’est plus vrai. Le rêve du Canada français à travers le bilinguisme c’était de penser que la langue serait mieux protégée dans un grand pays bilingue qu’en se concentrant dans un territoire unilingue. Ce rêve est mort et il n’y a donc plus d’incitatifs canadiens à vouloir apprendre le français. Alors les 50 000 immigrants par années qui arrivent pour la plupart par Montréal, comment vous assurez-vous qu’il s’intègrent en français s’il veulent également se laissez une chance de voir ailleurs dans le Canada? S’il apprennent l’anglais, ils peuvent fonctionner partout en anglais, et fonctionner à Montréal, d’où l’urgence de se préoccuper du sort de la métropole. Il faut rendre le français nécessaire justement pour que l’immigrant n’ait pas le choix de l’apprendre s’il veut vivre et travailler ici, pas faciliter le fonctionnement en anglais…

    Tant que Montréal est encore français, tout le territoire québécois demeure homogène et culturellement dynamique, mais n’entrevoyez-vous pas qu’un Montréal résolument anglais «provincialiserait» des régions qui ne seraient dès lors la périphérie d’aucune métropole? L’anglicisation de Montréal créerait d’autant plus une ringardisation et une folklorisation du français qui deviendrait pas le fait même le langage des régions. Et si les immigrants s’intègrent en anglais, comment pourront-il alors travailler en région?

    L’exemple italien est justement un beau cas d’assimilation à la langue anglaise et à la culture anglophone et «canadian» et non à la société québécoise. Maintenant une langue n’est certainement à elle seule une culture, mais elle en est un important vecteur, et j’ai peine à imaginer que l’on puisse nourrir une fascination pour Miron, Vadeboncoeur, Ferron ou Godin, sans participer à l’enracinement que permet la langue. Et si nous n’avons pas de tradition riche en théâtre, en littérature en cinéma en français, parmi les immigrants que nous intégrons, les artistes ne choisirons pas non plus de s’exprimer en français et il n’y aura pas non plus de miroir culturel de cette identité québécoise qui se transforme. Sans un Godin ou un Miron, comment pouvez-vous imaginez Kim Thuy, Laferrière ou Kokis? Si l’Italie n’était pas un pays justement qui agit à l’international, qui est maitre de ses affaires intérieures et extérieures, pays qui permet même à ses citoyens non-résidents de voter, pays qui encourage sa culture, sa gastronomie et son économie par toute sortes de politiques, pensez-vous que les Italiens expatriés seraient aussi fiers d’être Italiens? Connaissez-vous aussi bien les caractéristiques de la Catalogne que de l’Italie? J’en doute, mais ce n’est pas la population de la Catalogne qui pose problème, mais bien son statut qui l’empêche d’agir avec les moyens d’une nation intégrale. Notre culture serait d’autant plus forte à l’international comme au niveau national si la nation québécoise disposait d’un siège à l’ONU, à L’UNESCO, à L’OTAN et si dans les atlas on décrivait le Québec comme un pays indépendant et dont la langue officielle est le français. Quand un artiste québécois se ferait présenter à l’étranger comme un québécois justement et non un canadien, quand un événement arriverait au Québec on parlerait d’un événement québécois, pas canadien, quand un sportif gagnerait une médaille, tout cela produirait des effet riches, foisonnant sur notre culture et notre langue. Le rayonnement d’une nation francophone en Amérique du Nord qui émergerait génèrerait justement de l’intérêt pour nos artistes, nos écrivains nos cinéastes, combien de département d’études québécoises se créeraient à travers le monde, combien de futurs profs d’études françaises qui se spécialiseraient en littérature québécoise, tout ça n’aurait pas un effet domino sur la culture et la langue?

    On connait tous des provinces, des états ou des régions de divers pays, mais vous connaissez beaucoup de régions à l’intérieur même subdivision qui composent les pays étrangers? Les gens connaissent du Canada les provinces, mais si le Québec devient indépendant, forcément se crée un intérêt pour ce qui le compose, ses régions. En s’ouvrant à l’international, ce sont les régions qui s’ouvrent au monde et comme ceux qui sont aux pouvoir partagent la même culture que ceux qui habitent les régions, c’est clair qu’il y a une meilleure intégration économique dans le territoire, ce qui rejaillit encore une fois sur plan culturel. Le futur représentant du Québec à l’ONU et l’UNESCO parle bien plus pour l’intérêt de la Gaspésie ou de Charlevoix que son contemporain de Calgary.

    • lemoutongris dit :

      « Cette semaine encore on m’a fait le coup dans un commerce : «in english». »

      Alors change tout simplement de commerce. Une fois, près du métro Parc, j’avais qq achats – je crois que j’avais des produits réfrigérables. On n’a pas daigné me répondre en français, alors j’ai tout laissé sur le comptoir..

      « Ce rêve est mort et il n’y a donc plus d’incitatifs canadiens à vouloir apprendre le français. »

      alors pourquoi les écoles d’immersions débordent en Saskatchewan? POurquoi plusieurs anglophones en Ontario font leur scolarité dans le système français? Pourquoi ai-je eu autant de facilité à me faire servir en français à Regina pour le gouvernement fédéral? POurquoi m’a-t-on servi en français à la frontière manitobaine?

      « Notre culture serait d’autant plus forte à l’international comme au niveau national si la nation québécoise disposait d’un siège à l’ONU, à L’UNESCO, à L’OTAN et si dans les atlas on décrivait le Québec comme un pays indépendant et dont la langue officielle est le français. »

      L’ONU ne sert plus que de tribunes pour que les dictateurs fassent la morale aux démocraties (imparfaites, certes) occidentales et pour pousser un agende écolofasciste qui détruirait complètement l’économie mondiale.

      Pour le reste : le Québec est composé de 8M d’habitants; ces gens ne font pas une société homogène. Une juridiction quelconque ne sera jamais plus que les gens qui la compose.

      .combien de département d’études québécoises se créeraient à travers le monde »

      probablement autant qu’il y a de départements d’islandais, de gaélique, de cantonais et de quechua

      • L'engagé dit :

        Je vois que je m’adresse plus à un libertarien qu’à un fédéraliste convaincu donc mes arguments vont vous repousser, qu’importe, je ne vais répondre qu’à votre première objection et comme c’est assez long, je reviendrai sur les autres aspects demain…

        Changer de commerce? Mais justement, mon constat sert à indiquer qu’en dépit de tout l’effort que vous investissez pour nier que le français soit menacé, l’anglais se porte de mieux en mieux et si les commerces et les entreprises de moins de 50 employés n’y sont pas obligés, ils se moquent de l’esprit de la loi 101 au point où il y a une résurgence des commerces à Montréal où on ne vous servira non pas le «sorry I don’t speak french», mais bien «in english» et le fait que comme francophone on laisse tout sur le comptoir ne changera rien à la donne, il semble que l’on n’ait pas besoin de notre clientèle.

        Pour énormément de Montréalais anglophones, le constat selon lequel le Québec serait une société française, ou du moins le berceau, le foyer des francophones en Amérique, et que ces francophones aient, à plus d’une reprise, fait le choix d’affirmer ce fait français et d’affirmer le fait de vouloir vivre et s’épanouir en français ne les touche pas. Évidemment ils ont parfaitement le droit, garanti par la constitution et les chartes, de vivre en anglais. Mais ce qui est problématique, c’est cette espèce d’assurance qui vient avec le discours «je suis chez moi au Canda, l’anglais est la langue officielle, donc j’attends à ce que tous les services nécessaires soient financées de manière à ce que je puisse vivre en anglais.» Mais qu’est-ce qui leur octroie ce droit justement, et bien la législation fédérale, à laquelle le Québec est assujetti, avec l’arbitrage du Cour suprême qui penche toujours du même bord. Et ce n’est pas étonnant, la nation «Canadian» a 233 députés dans le régime fédéral pendant que la nation québécoise n’en a que 75. Pensez-vous que les 75 mènent les 233 autres? C’est la même chose à propos des juges de la Cour suprême, où les juges québécois sont minoritaires et dont le trio sera également composé d’un juge d’origine anglophone, pendant que les deux autres seront francophones et absolument parfaitement bilingues.

        Donc quand vous me dites que vous avez tout laissé sur le comptoir, j’en déduis que vous avez une sensibilité, mais pourquoi ne l’avoir qu’au niveau individuel et pas au niveau collectif? Pourquoi ne l’avoir que lorsque vous faites des achats et non pour les autres domaines économiques, le politique et le culturel? Notre mollesse au niveau linguistique et cette peur qu’on nous traite de tous les noms nous a empêché d’agir alors même que la loi 101 a été simultanément diminuée édentée par la Cour suprême. Et cela génère des situations absurdes, comme à Parc Extension (où j’ai habité aussi), où malgré le fait que ce lieu détienne le nombre record d’identités différentes, la langue courante est l’anglais. Pourquoi? Parce qu’il n’y a pas d’incitatif suffisamment fort pour apprendre le français, alors que le dénominateur commun au Québec est la français. La conséquence, c’est que quand un immigrant arrive à Parc-Ex, la réalité autour de lui c’est que la langue à apprendre, c’est l’anglais. Et voilà le cercle vicieux. Voilà donc que notre immigration, en dépit du fait qu’elle devrait accroitre la proportion de francophone dans la province tant plutôt à la faire diminuer. Cette barrière de langue empêche alors notre immigrant de jouir de la culture d’ici, de comprendre les référents et donc de véritablement s’intégrer. Le papa immigrant voudra alors que fiston ou fillette (qui aura fréquenté les écoles françaises) fasse son Cégep en anglais, puisque lui, plus anglicisé est plus prêt des médias et des idées véhiculée dans le monde anglophone et voilà que non seulement notre enfant d’immigrants rencontrera des anglophones natifs de Montréal, dans un environnement scolaire anglais, apprendra la philosophie des «humanities» anglaises et la littérature anglaise, ainsi rencontrera d’autres enfants d’immigrants ayant vécu le même parcours, tout ça à l’âge où on fait des choix importants. Alors que le français n’était pas la langue maternelle de l’enfant immigrant, ce français qui avait été dur à apprendre, voilà qu’on ne l’utilise plus pendant les cours et le choix d’une université anglaise devient encore plus attirant, ainsi que ce trouver si possible un travail en anglais et alors plus naturellement un conjoint également anglophone.

        Conclusion, contrairement aux ordres primaires et secondaire, le collégial et l’universitaire ne sont pas assujettis à la loi 101 et comme ces ordres d’enseignement sont financés par toute la société, c’est la population québécoise, majoritairement francophone qui paie l’éducation en anglais des fils et filles d’immigrants et à par là accélère la diminution de son poids démographique et pire, nuit à une véritable intégration de ses immigrants.

        Pensez-vous sincèrement que si Camille Laurin avait anticipé la mondialisation, qu’il aurait fait en sorte que les modalités d’application de la loi 101 s’arrêtent à la frontière du secondaire? Le collégial est gratuit au Québec, ne pensez-vous pas qu’avec un collégial assujetti aux modalités de la loi 101, la maitrise de l’anglais d’abord serait encouragée chez les immigrants? Ne pensez-vous pas que si le financement des universités étaient strictement proportionnel au poids de la minorité anglophone protégée par la loi 101, le français deviendrait la langue commune et nos immigrants étudiants des autres provinces qui veulent profiter d’une université à rabais, c’est en français qu’ils devraient le faire s’ils le voulaient vraiment et ils seraient beaucoup plus prompt à apprendre notre langue plutôt que se rabattre sur la possibilité de vivre dans le «Ghetto McGill» et de ne fréquenter principalement que des institutions anglos, sans rien savoir des Québécois, tout ça à cause de lois fédérales justement…

        Vous avez l’honneur de sortir d’un commerce où l’on ne vous parle pas français, mais vous payez des impôts pour que cette pratique se perpétue. Certains répondent que pour une égalité des chances, on doit justement offrir le choix du collégial et de l’université dans les deux langues, mais si au lieu de l’impératif du «parfait bilingue» pour la carrière du Québécois on se donnait plutôt le moyens d’une politique et d’une norme sociale qui soit celle du français d’abord? Car plus il y a de locuteurs anglais au Québec, plus il y a une pression pour que l’anglais soit bien maitrisé, on honore le «sans accent», comme si c’était une tare d’avoir un accent lorsque l’on parle une langue seconde, au point que le parent francophone qui n’enverra pas son enfant dans un cégep anglophone sera perçu comme ne favorisant pas sa réussite. Pourquoi ce ne serait pas aux parents anglophones de faire le contraire? Pourquoi le Québec ne se donnerait pas des incitatifs pour que la norme sociale soit celle du français, pour que cesse enfin l’anglicisation de ses immigrants et que cesse également cette pratique d’une éducation universitaire à rabais pour les étudiants du ROC, éducation à rabais qui a le malheur de favoriser en même temps notre anglicisation.

        Donc ce que vous avez proposé comme mesure individuelle, je vous propose de l’appliquer d’une manière collective.

      • lemoutongris dit :

         » le fait que comme francophone on laisse tout sur le comptoir ne changera rien à la donne, il semble que l’on n’ait pas besoin de notre clientèle. »

        et si 100 000 personnes faisaient la même chose? De plus, rien n’empêche un commerçant francophone d’ouvrir une boutique dans le coin

        « j’en déduis que vous avez une sensibilité, mais pourquoi ne l’avoir qu’au niveau individuel et pas au niveau collectif? »

        parce que le niveau collectif n’Existe pas. la société est formée des millions d’actions individuelles, pas d’une action collective.

        « Le collégial est gratuit au Québec, ne pensez-vous pas qu’avec un collégial assujetti aux modalités de la loi 101, la maitrise de l’anglais d’abord serait encouragée chez les immigrants? »

        non, pas du tout. Et je m’objecterai à toute extension de la loi 101 au-delà du secondaire. J’ai fait mon cégep en anglais, et je ne suis pas devenu anglophone.

  3. L'engagé dit :

    Je ne m’explique toujours pas que votre thèse selon laquelle les défenseurs de la langue agissent par francophobie

    je voulais dire anglophobie…

  4. Maxim Bernard dit :

    N’en déplaise à Gilles Duceppe, le Canada joue un rôle dans la défense de la langue française. Si le Québec était indépendant, nous serions noyés dans un océan de 330 millions de nord-américains anglophones. Comment le français pourrait-il survivre sans l’aide du Canada ?

    • Caligula dit :

      Il aurait bien moins de misère, le Canada lui nuit plus qu’il l’aide.

      En fait, un Québec indépendant aurait bien plus de latitude pour établir des liens et échanges avec les communautés francophones du Canada. Une fois que tu n’es plus menacé chez toi, tu peux aider les autres.

      Le recensement de 2006, qui nous a appris que Montréal était devenue majoritairement anglaise, a tout fait voler vos principes d’un Canada bilingue en miettes. J’ai hâte de voir le recensement de 2011 pour voir la vitesse à laquelle ça s’est détérioré.

      • crioux dit :

        Ah oui? La « menace » disparaitrait comme par magie? Vous feriez quoi, de l’épuration ethnique? Vous interdiriez l’anglais?

        Montréal n’est pas le Québec. L’ile de Montréal s’anglicise parce que c’est le point d’entrée des immigrants et que les francophones apeurés fuient vers les banlieues. Donc moins d’intégration puisqu’il y a moins de francophones autour d’eux.. Et les francophones qui vont en banlieues ne sont pas assimilés!

  5. crioux dit :

    « Autrefois, les Canadiens français composaient 31% du pays, c’est désormais 21%, »

    Est-ce dû à l’assimilation, ou alors à la dénatalité et l’immigration? En quoi est-ce que ça nuit au Québec qu’il y ait beaucoup d’immigration en Colombie ou en Alberta?

  6. L'engagé dit :

    Comment le Danemark survit, comment la Suède survit? Comment l’Islande survit?

    Mon cher Maxime Bernard regardez simplement l’exemple Manitobain, en 1890, le français a cessé d’être la langue officielle et en 1916, le Manitoba à interdit l’enseignement du français dans les écoles publiques.

    Le problème avec l’exemple du Manitoba de Rioux, c’est qu’il est vrai : au Manitoba on a interdit le français.

    Au lieu d’être noyé dans une mer de 330 millions de Nord-Américains anglophones comme vous dites et noyé dans une mer de 27 millions d’anglophones alors qu’on ne contrôle qu’un gouvernement provincial, pendant que la nation «canadian» contrôle 9 gouvernements provinciaux et le gouvernement fédéral en sus, avec 233 député contre uniquement 75 pour nous. Pensez-vous que les 75 députés mènent 233 autres? L’assimilation des Canadiens français dans le ROC fait en sorte de rendre obsolète le français dans le Canada et donc la coexistence avec les 27 millions d’anglophones oblige la seule province francophone à être bilingue, conséquemment, même dans le foyer des francophone, le français perd du terrain. Le financement de l’éducation supérieure en anglais atteint même un seuil correspond à trois fois la proportion démographique des anglophones véritablement protégés par la loi 101.

    En connaissez-vous beaucoup vous, des pays qui financent littéralement l’éducation dans une autre langue que la langue nationale? Un Québec indépendant serait un état français, la population francophone disposerait donc d’un état pour agir par elle-même pour développer son économie, sa politique et sa culture en français. Les immigrants voulant étudier, travailler devraient le faire en français.

    Et comme partout ailleurs, nous apprendrions l’anglais, mais en cessant d’être une langue officielle, et par là perdrait un peu de son pouvoir d’attraction.

    Allez lire sur le règlement 17 en Ontario et revenez soutenir que le Canada aide le français.

  7. Caligula dit :

    Wow! Tu te fais servir en anglais? Alors change de commerce.

    Autrement dit, ferme ta gueule et dégage le franco, on veut pas t’entendre réclamer être servi dans ta langue. Non. On aime mieux que tu ailles ailleurs. T’as fait 10km de voiture pour venir dans ce commerce spécifique mais on te sert en anglais? Fuck you. Retourne dans ton char et trouve un autre commerce qui vend la même chose mais en français.

    OK, mais si y en a pas? Ben sèche man, ou parle anglais.

    • crioux dit :

      Imagine la même chose ailleurs au Canada, un commerce en Alberta qui décide de ne servir ses client qu’en français. Ses affaires vont moins bien marcher, et il devra fermer. C’est la même chose ici. Aucun commercant ne peut se permettre de perdre de la clientèle. Si certains le font à Montréal, ils risquent de disparaitre à moyen terme et laisser la place à d’autres qui servent en français.

      Les lois du marché à l’oeuvvre, contrairement à des lois coercitives.

      • Caligula dit :

        Désolé mais les commerces unilingues anglais du centre ville roulent très bien merci.

      • L'engagé dit :

        Plus loin, vous admettez pourtant que Montréal est la porte d’immigrants qui ne parleront pas français parce que leur intégration se fait en anglais.

        Le Ghetto McGill, par exemple, touche à Wesmount, au centre-ville et au Mile-end. Donc l’étudiant albertain qui débarque n’a pas à apprendre le français pour se trouver un logement, pour ses études, ses courses, sa vie culturelle et pour l’accès à divers services, qu’ils soient municipaux, provinciaux ou fédéraux.Les lois du marché font plutôt en sorte qu’en ce moment, il y en a de plus en plus de ces commerces « qui peuvent se permettre de perdre de la clientèle » c’est-à-dire fonctionner en anglais.

        Refuser le statut de société distincte, c’était pas coercitif? On parle d’appliquer les modalités de la loi 101 aux entreprises de 50 employés et moins, aux cégeps et aux universités. C’est une mesure politique, pis?

        Le marché n’est pas équilibré? La politique du pays est le bilinguisme (une intervention d’état) et le marché n’est pas du tout équilibré quand on est 2% de la population du continent. Je vois pas le mal à rendre plus accessible les études en français et à restreindre l’accès des études en anglais. Pourquoi d’ailleurs la Gaspésie et les autres régions financeraient l’exode des cerveaux et l’anglicisation de Montréal?

        J’ai 7 ans, mes parents déménagent en Alberta et s’y installent. S’ils veulent que j’aie la carrière de mon choix, croyez-vous qu’ils von me garder dans le réseau francophone? Pour que je n’aie qu’un choix de programme au Campus de Saint-Jean? Peut-on créer les mêmes condition au Québec?

        Rien n’empêche que l’on étende les dipositions de la loi 101 comme je l’ai prescrit, justement comme une protection contre le bilinguisme fédéral qui protège les minorités, mais qui n’est pas capable de concevoir que les Québécois en soient une aussi.

    • lemoutongris dit :

      « S’ils veulent que j’aie la carrière de mon choix, croyez-vous qu’ils von me garder dans le réseau francophone? »

      Oui. Les élèves francophones (en Saskatchewan du moins) battent leurs collègues anglophones… même dans anglais langue maternelle!!

      « Je vois pas le mal à rendre plus accessible les études en français et à restreindre l’accès des études en anglais. »

      dans ton univers ou l’État contrôle tout, je ne m’en surprends pas. Mais dans le monde réel, limiter les choix, quels qu’ils soient, sont toujours une pénalité.

      « On parle d’appliquer les modalités de la loi 101 aux entreprises de 50 employés et moins, aux cégeps et aux universités. C’est une mesure politique, pis? »

      Pis ça va déprimer notre économie encore plus.

  8. Caligula dit :

    «les francophones apeurés fuient vers les banlieues»…

    Apeurés? Pourquoi apeurés? On leur dit de quitter les commerces qui ne les servent pas en français (acte de servilité), puis on leur reproche de quitter des quartiers où ils ne se sentent plus chez eux? Ok… C’est ça votre vision les fédéralistes.

    Et quand les nouveaux arrivants, faute de place, iront angliciser les banlieues…, on va reprocher aux francophones d’aller vivre en région?

    • crioux dit :

      Ce sont pourtant les faits. Les francophones déménagent en banlieues et les immigrants restent sur l’île et s’installent en ghettos. Ils ne sont donc pas en immersion francophone.

      C’est pour ça que statistiquement, l’anglais prends de la place sur l’île, mais il ne s’agit pas d’assimilation.

      Les déplacements par xénophobie ça a toujours existé. Le grand-père de mon ex était un américain déménagé de Detroit parce qu’il y avait trop de noirs. Il s’est établi en Gaspésie. Nul besoin de préciser que mon ex ne parle pourtant pas anglais, même si son père et son grand-père étaient américains. L’assimilation de l’anglais vers le français est réelle.

      • Caligula dit :

        Faudra que tu me donnes plus qu’un exemple isolé pour me convaincre que l’anglais recule au Québec et au Canada. Parce qu’à date, les chiffres du gouvernement fédéral disent le contraire.

      • crioux dit :

        Juste en Gaspésie:
        Gaspé a été fondée par des anglais en 1765 après la conquête, Il y a eu beaucoup d’immigrants irlandais et anglo-normands qui s’y sont établis. Aujourd’hui il ne reste qu’une petite communauté anglophone bilingue.
        New Carlisle et New Richmond étaient des ville loyalistes (américains qui ont fuit après l’indépendance des US.) et aujourd’hui il ne reste que quelques anglophones.
        Carleton a été nommé en l’honneur de Guy Carleton, général loyaliste et la municipalité voisine de Maria (d’où est originaire Nathalie Normandeau) est nommé en l’honneur de sa femme Maria Howard. Aujourd’hui les anglophones sont inexistants dans ces villes.

        Je suis certain que c’est comme ça à la grandeur du Québec. Les Cantons de l’est (Eastern Townships) ont déjà été majoritairement anglophones aussi, ce n’est plus le cas.

        Même hors du Québec, au Nouveau Brunswick, la ville de Moncton (nommée en l’honneur du lieutenant-colonel britannique Robert Monckton qui a dirigé en 1755 la saisie du Fort Beauséjour) est maintenant une ville bilingue fortement francophone.

        Sort de Montréal un peu!

      • Gilles Laplante dit :

        À Saguenay, il y a une trentaine d’années, le gens pouvaient envoyer leurs enfants faire leur primaire et secondaire dans une école anglaise. Aujourd’hui il n’y en a plus. C’est désolant de voir ces montréalais juger le Québec à partir de leur nombril.

  9. Maxim Bernard dit :

    C’est étrange de parler de cette «invasion» anglophone alors que nos anglophones quittent le Québec et que les francophones du ROC viennent s’établir au Québec :
    La Presse : Le Québec peine à retenir les non-francophones

    Le problème concernant l’intégration des immigrants allophones, c’est justement qu’ils sont en trop grand nombre. Pourtant, le Québec a les moyens de fermer le robinet de l’immigration, même à l’intérieur de la fédération. Mais on peut prendre notre temps : le français à Montréal n’est pas à un stade critique.

    • Caligula dit :

      Le français à Montréal est passé sous les 50% en 2006. Mais bon, m’a dire comme toi : attendons que ça soit rendu à un stade critique avant d’intervenir. C’est logique. Attendre que l’anglais prenne toute la place est le meilleur moyen de voir le français revenir en force. Je me demande pourquoi les souverainistes n’y ont pas pensé plus tôt.

      Juste une question : c’est quoi pour toi le stade critique où il faudra intervenir?

      • Maxim Bernard dit :

        Le stade critique, ça va être lorsqu’on aura de la difficulté à parler français au Québec. Il m’arrive parfois d’aller à Montréal, et quand je parle français, les gens me comprennent. Comme quoi le stade critique n’a toujours pas été atteint.

        De toute façon, le recensement de 2006 est probablement un cas isolé : si on en croit l’article que je vous ai donné dans mon message précédent, les envahisseurs anglophones auront bientôt déserté le Québec. J’ai hâte de voir les résultats du recensement de 2011.

        Et en parlant de stade critique, on l’avait déjà atteint dans les années 60. Toute notre économie était hors de notre portée : les dirigeants d’entreprises étaient presque tous anglophones. C’était l’assimilation imminente. Depuis, on s’est relevés. Le français n’est pas mort.

        De toute façon, l’anglicisation est un phénomène mondial. Être séparé n’y changerait rien. Au Québec, on a les outils pour faire rayonner notre langue. Seulement, on ne les utilise pas. C’est à nous à appliquer la loi 101 comme il se doit, mais on ne le fait pas. Pourtant, elle est amplement suffisante.

  10. Caligula dit :

    Rioux et Laplante

    Ok, une couple de places au Québec où les francos ont repris du terrain. Et alors? C’est rien comparé à l’écrasante réalité des chiffres du gouvernement fédéral lui-même : au Canada, le français disparaît. Au Québec, globalement, il recule.

    Niez-le tant que vous voulez, mais les chiffres ne viennent pas des séparatistes mais de votre camp.

  11. Caligula dit :

    Maxim

    La loi 101 a été charcutée par la cour suprême et n’a plus de dents. En plus quand les fédéralistes sont au pouvoir, ils n’appliquent pas la loi, et quand les séparatistes l’appliquent, les fédéralistes crient au génocide.

  12. Gilles dit :

    Vu de France :

    Même si les propos de Gilles Duceppe sont à nuancer; il n’en demeure pas moins qu’il pointe là d’importants enjeux pour l’avenir du Québec.

    C’est un fait indéniable, les Canadiens anglophones ne se sentent pas tellement à l’aise avec le français et je ne vois pas pourquoi cela changerait au passage, ces derniers s’interrogeant toujours sur l’utilité de la langue de Molière !

    L’arrogance du Canada et l’indifférence polie des Canadiens (du moins en apparence) pour le Québec risquera tôt ou tard d’avoir des effets négatifs pour l’unité de votre pays surtout si les francophones considèrent qu’ils ne sont pas respectés au sein de la fédération

    Qui plus est, il y a tout de même 4 Québecois sur 10 qui opterait pour l’indépendance à chaque sondage d’opinion, ce qui n’est pas rien ! Une donnée à prendre en compte et qui pourrait faire tâche d’huile surtout si les droits des francophones est mis en question.

    A titre personnel, je n’ai pas tellement d’avis sur l’indépendance du Québec (disons que je suis partagé) mais pour que le Canada reste tel qu’il est, il doit prendre réellement en compte la question québécoise, c’est même essentiel pour son unité !

  13. @Gilles
    Justement, ce que vous percevez n’est pas la réalité. Il y a beaucoup de canadiens anglais qui apprennent le français. Particulièrement les plus jeunes. Le % de gens favorables à l’indépendance est constamment en baisse, et de toute façon, beaucoup de gens qui sont favorables à ce mouvement y sont sur la base de la haine de tout ce qui se rapproche de près ou de loin à l’anglais. Ou alors la peur qu’un jour les méchants anglais vont les assimiler et qu’ils vont perdre le français (alors qu’il y à 80% de francophones au Québec). On ne peut pas bâtir un pays en se basant sur la haine et la peur.

    La preuve, lors de la visite de William et Kate, les séparatistes en ont profité pour faire valoir leur option, selon eux logique de le faire à ce moment puisqu’en opposition à tout ce qui est anglais. Donc si un membre de la noblesse anglaise vient au Québec, ça justifie la séparation puisque ça vient faire monter la haine de « l’anglais » chez-eux.

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