Logique écolo


Récemment, il y a eu un reportage à la télé sur une école « branchée », qui avait remplacé les tableaux et les cahiers par des iPad, tableaux interactifs et autres gadgets techno. J’ai rien contre ça si ça aide les élèves. Quoique j’en doute, un mauvais prof ne sera pas meilleur avec de la technologie par dessus, au contraire, ça peut être pire s’il ne maitrise pas bien cette dernière.

Par contre le commentaire suivant a été fait par une des élèves :

« C’est mieux pour l’environnement parce qu’on utilise moins de papier »


Argh! Voyons donc! Tous ces gadgets techno, qui sont constitué de plastiques (pétrole), de métaux (qui ont dû être miné quelque part) et autres produits, dont certains sont toxiques, qui ont coûté une fortune à construire, à transporter de la Chine jusqu’ici et qui vont se retrouver au dépotoir dans quelques années, ça serait moins dommageable pour l’environnement que faire du papier (recyclable, biodégradable) à partir d’une source locale et renouvelable, le bois?!?!

Mais c’est pas grave, le gros bon sens n’a pas sa place dans la logique et la propagande écolo.

Faudrait commencer par cesser de brainwasher nos enfants.

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3 Responses to Logique écolo

  1. Gilles Laplante dit :

    Quand la petite greluche va vouloir prendre des notes sur son iPad, elle va changer d’idée rapidement et prendre un calepin et un crayon. Avez-vous déjà vue quelqu’un qui doit faire le compte-rendu d’une réunion prendre des notes sur un iPad ou même un portable?

  2. Estec dit :

    Ça va nous couter plus cher et l’enseignement ne sera pas meilleur. Encore beaucoup de cours poches seront enseignés et d’autres en sciences sociales mal enseignés. L’enseignement que l’on nomme l’éducation sera toujours centralisé avec sa bureaucratie obèse. On va continuer à emmerder les jeunes avec le tarla de Durham et leur montrer Germinal pour parler contre les méfaits du capitalisme. En sortant du secondaire, nos jeunes ne sauront toujours pas dessiner et faire la différence entre un Rodin et un Claudelle, tout en subventionnant les musées qui pognent peu et des individus particuliers que l’on nomme artistes, pas assez bon pour vivre de leurs oeuvres; tout ça au nom de la « culture » québécoise.

  3. L'engagé dit :

    Une meilleure plume que moi vous répondra, mais dans un contexte français :

    Il s’agit de l’homonyme de Christian Rioux qui écrit au Devoir :

    La princesse et le plombier

    Le président français Nicolas Sarkozy n’en est pas à un ennemi près. On pourrait même dire qu’il a le don de les collectionner. Ainsi son courroux s’est-il tour à tour abattu sur Angela Merkel, Jose Luis Zapatero, Gordon Brown, Jose Manuel Barroso, les souverainistes québécois et même, il y a trois ans, sur un pauvre passant anonyme du Salon de l’agriculture qui avait refusé de lui serrer la main.

    On sait moins à l’étranger que le président a aussi des détestations littéraires. Ainsi abhorre-t-il tout particulièrement un éminent personnage des lettres françaises: Madame de La Fayette. L’auteur de La Princesse de Clèves a beau être mort en 1693, il compte parmi ceux qui ont déclenché les foudres présidentielles. Son roman a eu le don de faire sortir le président de ses gonds à deux reprises. En 2006, en pleine campagne électorale, le candidat avait déclaré qu’il était absurde d’inscrire ce premier roman français moderne au programme des concours des hauts fonctionnaires. Une telle décision ne pouvait être le fait que d’un «imbécile» ou d’un «sadique». «Je ne sais pas si cela vous est arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de La Princesse de Clèves», avait-il ironisé. Deux ans plus tard, il avait avoué avoir «beaucoup souffert» sur le chef-d’oeuvre de Madame de La Fayette.

    Jamais un président français n’avait osé dénigrer à ce point le patrimoine littéraire. Nicolas Sarkozy ne se doutait probablement pas — la France étant tout de même encore la France — que ses déclarations le poursuivraient jusqu’à aujourd’hui. Non seulement les ventes du roman ont-elles explosé, mais il est devenu un véritable étendard. Son titre a été repris sur des macarons et des bannières. On en a fait des lectures publiques et même des films.

    Il y a deux semaines, l’un d’eux sortait justement à Paris. Chose rare, ce documentaire a recueilli les éloges unanimes de médias aussi différents que Le Figaro, Le Monde et Les Inrockuptibles. Intitulé Nous princesses de Clèves, le film prend à rebours les préjugés de toute une élite qui, aussi bien en France qu’au Québec, juge ces grandes oeuvres dépassées ou inaccessibles aux jeunes d’aujourd’hui. Le propos du cinéaste Régis Sauder consiste au contraire à démontrer l’actualité brûlante de ce roman du XVIIe siècle dans la vie de plusieurs jeunes d’une banlieue de Marseille.

    Invités à étudier, à lire et à jouer l’oeuvre de Madame de La Fayette, ces jeunes d’un quartier dit «difficile» vont se l’approprier jusqu’à en faire un instrument leur permettant de découvrir et d’exprimer leurs propres angoisses et hésitations devant l’amour. Récit d’une initiation amoureuse, le beau texte de Madame de La Fayette se révèle soudainement d’une modernité surprenante. Car, en dépit des modes et des publicitaires qui s’amusent à inventer chaque année une nouvelle génération X, Y ou Z, les tiraillements du coeur ont-ils tellement changé depuis quatre siècles?

    Pas vraiment s’il faut en croire ces jeunes des quartiers populaires. Sauder nous les décrit avec tendresse. Il montre comment une oeuvre digne de ce nom permet de mettre des mots, et pas n’importe lesquels, sur des sentiments complexes. Des mots dont la qualité et l’intelligence feront toute la différence.

    Dans un de ses livres, le philosophe Allan Bloom raconte qu’il se retrouva un jour devant des étudiants de l’Université Cornell qui brandissaient une bannière sur laquelle était inscrit: «Great sex is better than great books». Le philosophe américain, pour qui la qualité même de nos sentiments était tributaire de la finesse de la langue et des modèles qui leur étaient offerts, répondit: «C’est vrai, mais on ne peut avoir l’un si l’on n’a pas l’autre.»

    En écoutant cette semaine nos plombiers de l’éducation expliquer qu’il fallait supprimer les commissions scolaires, les fusionner, hausser les salaires des professeurs ou les baisser, j’ai pensé au film de Sauder. Et je me suis dit que tous les François Legault de cette terre n’avaient qu’une peur bleue: celle de toucher du doigt ce qui était au coeur de l’éducation et qui consiste justement à mettre des élèves en contact avec des connaissances et des oeuvres qui marqueront leur vie à jamais. C’est pourquoi nos plombiers préfèrent toujours parler de décrochage, de bulletins, de réussite, de tableaux «intelligents», de connexion Internet et d’autres balivernes plutôt que de culture. Un mot que les ministres de l’Agriculture prononcent plus volontiers que leurs collègues de l’Éducation.

    Or, dans la classe que nous montre Sauder, il n’y a ni tableaux «intelligents», ni ordinateurs portables, ni connexion Internet, ni professeur cool abonné à Twitter. Seulement des élèves intelligents qui découvrent la profondeur d’une oeuvre qui va changer leur vie. Loin de la coolitude des nouvelles pédagogies, qui méprisent radicalement les jeunes en supposant qu’ils n’ont d’intérêt que pour leur petit univers immédiat, Sauder nous montre que l’on peut se regarder comme dans un miroir en plongeant dans une oeuvre écrite trois siècles et demi avant l’invention du iPod et de Twitter.

    Ce film est une arme contre tous ceux qui réduisent l’éducation à une simple affaire de plomberie technocratique ou de quincaillerie technologique. Et ils sont légion.

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