Si les mineurs chiliens avaient étés québécois…

Voici un texte qui circule sur internet:


5 août 2010 – Effondrement dans une galerie de la Mine Amos en Abitibi. 33 mineurs sont portés disparus.

22 août 2010 – Une sonde rejoint une salle de repos et revoie à la surface le message suivant: «nous sommes tous vivants».

Jusqu’à maintenant, tout va bien.

27 août 2010 – On crée un comité de travail composé des dirigeants de la mine, du ministère des Ressources naturelles, de la Sécurité publique, des centrales syndicales et d’un représentant du gouvernement fédéral pour discuter des meilleures techniques de sauvetage. Les discussions achoppent sur les coûts. Les syndicats accusent la minière de négligence, la compagnie menace de déménager en Amérique latine.

5 septembre 2010 – Les parties en arrivent à un accord sur le partage des coûts. Reste à trouver la solution technique.

14 septembre 2010 – On élabore trois plans de sauvetage qui visent à forer un trou de 60 cm pour atteindre les mineurs pris à 700 mètres sous terre, et à les remonter à l’aide d’une nacelle. Le gouvernement annonce que les mineurs devront sans doute attendre à Noël pour revoir leur famille.

19 septembre 2010 – Les Algonquins du lac Brunante obtiennent de la Cour provinciale une injonction pour arrêter les travaux de forage. Les camions doivent traverser des terres ancestrales consacrées à la chasse, la pêche et le trappage de survie.

4 octobre 2010 – Le gouvernement et les Algonquins du lac Brunante négocient une entente en vertu de laquelle le droit de passage est autorisé en retour d’une compensation de 7 millions de dollars.

6 octobre 2010 – Début des travaux de forage du puits de secours.

9 octobre 2010 – Les Amis de l’épinette noire et Greentree International obtiennent une injonction de la Cour provinciale pour arrêter les travaux de forage. Cette activité pourrait poser un risque pour la nappe phréatique et causer des désagréments aux migrations des outardes.

19 octobre 2010 – Le gouvernement et les groupes environnementaux s’entendent pour confier l’étude du dossier au Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

7 novembre 2010 – Début des travaux du BAPE.

18 novembre 2010 – Le comité des citoyens de Val-des-Mines s’inquiète des répercussions des forages sur la santé des citoyens, notamment des enfants. Ils obtiennent l’appui de leur député et de l’Institut national de Santé publique.

13 décembre 2010 – Dépôt du rapport du BAPE. Vu l’urgence de la situation, et la fin de la période de migration des outardes, le BAPE autorise la poursuite du forage. Mais pour minimiser l’impact sur la population, les forages ne pourront avoir lieu qu’entre 8 et 17 heures, du lundi au vendredi.

23 décembre 2010 – Arrêt des forages pour le congé des Fêtes.

7 janvier 2011 – Reprise des travaux de forage. Le gouvernement annonce qu’il confie à la compagnie Mécanex le soin de construire la nacelle qui servira à remonter les mineurs.

13 janvier 2011 – Un consortium chinois, une entreprise européenne et un concurrent québécois obtiennent de la Cour provinciale une injonction pour arrêter les travaux de forage. La construction de la nacelle à été confiée à une compagnie sans appel d’offres, ce qui est contraire aux dispositions des accords de l’Organisation mondiale de Commerce.

25 mars 2011 – La Cour donne raison au gouvernement qui n’avait pas à soumettre la construction de la nacelle à un processus d’appel d’offres, vu l’urgence de la situation. Les travaux reprennent.

5 avril 2011 – Un journaliste d’enquête découvre que le PDG de Mécanex est un généreux donateur à la caisse électorale du parti ministériel. Houleux débat à l’Assemblée nationale : l’opposition réclame la tenue d’une commission d’enquête sur la corruption et le retrait du contrat de nacelle à Mécanex.

12 mai 2011 – Début des travaux de la Commission d’enquête sur les allégations de corruption.

13 juillet 2011 – La Commission remet son rapport et reconnait que le gouvernement avait le droit de confier la construction de la nacelle à un entrepreneur de son choix, vu l’urgence du moment.

15 juillet 2011 – Reprise des travaux de forage

17 juillet 2011 – Début du congé de la construction

1er août 2011 – Reprise des travaux de forage

5 août 2011 – Premier anniversaire de l’effondrement de la mine. Les mineurs se considèrent chanceux d’être encore en vie et de ne pas travailler dans un pays sous-développé comme le Chili.

16 août 2011 – Le tunnel de sauvetage atteint enfin les mineurs. Reste à attendre la nacelle qui est en retard. Mécanex est en attente des pièces importantes qui sont fabriquées par son sous-traitant indonésien.

10 septembre 2011 – La nacelle arrive sur les lieux du drame. Horreur! Les sous-traitants ont peinturé un énorme drapeau canadien sur l’enveloppe extérieure. Les souverainistes sont outrés et y voient une vile manigance fédéraliste pour récupérer l’événement.

14 septembre 2011 – On crée un comité de travail composé des dirigeants de la mine, du ministère des Ressources naturelles, de la Sécurité publique, des centrales syndicales et d’un représentant du gouvernement fédéral pour discuter de l’épineux problème du drapeau.

22 septembre 2011 – Un compromis est négocié entre les différentes parties. La nacelle portera le drapeau du Canada, du Québec, de la ville de Val-des-Mines, de même que les logos de Mécanex, de la centrale des mineurs du Québec (CMQ) et de la fédération des travailleurs et travailleurs souterrains du Québec (FTSQ).

29 septembre 2011 – Bousculades, agressions physiques et saccage sur le chantier : la CMQ et la FTSQ ne s’entendent pas sur la priorité de remontée des mineurs.

1er octobre 2011 – Le ministre du Travail nomme un arbitre pour régler le conflit entre les centrales syndicales.

27 octobre 2011 – La CMQ et la FTSQ s’entendent sur une liste commune de priorité de remontée qui tient compte de l’ancienneté.

6 novembre 2011 – Un document confidentiel du gouvernement est obtenu par la presse. Les coûts de l’opération de sauvetage dépassent de sept fois les estimations initiales. Des groupes de citoyens en colère et l’opposition manifestent devant le chantier.

13 novembre 2011 – Le gouvernement annonce qu’il débloque une aide spéciale pour défrayer les coûts de l’opération de sauvetage et qu’elle ne se traduira pas par des hausses de taxes ou d’impôt. Le premier ministre demande à son homologue canadien que les sommes soient puisées à même les surplus de la caisse de l’assurance-emploi.

4 décembre 2011 – Les réparations effectuées et la nacelle repeinte, les opérations de secours peuvent débuter.

12 décembre 2011 – Les mineurs sont enfin de retour à la surface.

21 décembre 2011 – Le premier ministre se félicite du succès de l’opération et que les mineurs peuvent fêter Noël avec leur famille comme il l’avait prédit. Il blâme toutefois l’inaction du gouvernement fédéral qui, selon lui, est à l’origine des retards éprouvés.

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15 Responses to Si les mineurs chiliens avaient étés québécois…

  1. Paul Racicot dit :

    Tu as conçu un scénario fort rigolo et des plus réalistes ! Tu devrais le soumettre à l’ONF. Mais le temps qu’on s’y décide à en subventionner la réalisation… 😉

  2. Christian Rioux dit :

    @Paul
    Je n’en suis pas l’auteur, c’est un texte anonyme qui circule sur internet. Mais c’était trop bon pour ne pas le publier.

  3. Manx dit :

    Sérieusement, si vous trouvez que le Québec ressemble à ça, allez au Chili.

    Je ne trouve pas ça réaliste, mais c’est quand même un peu drôle ^^.

  4. Version Étasunienne où une mine s’effondre près de la frontière entre les États-Unis et le Mexique :

    -Les médias et le gouvernement tentent d’étouffer l’affaire et manipulent l’information : il n’y aurait qu’un seul mineur, sous seulement 10 mètres de terre.

    -L’armé et la police tentent de repousser les journalistes citoyens du site pour ne pas que les conditions de travail des travailleurs illégaux mexicains fasse de nouveau manchette dans les médias.

    -Les médias nationaux, complices, font une campagne commune de désinformation pour convaincre le publique étasunien que les travailleurs mexicains méritent l’asphyxie sous terre puisqu’ils ne sont pas de fidèles chrétiens orthodoxes.

    -On décide de ne pas forer de trous, d’abandonner les travailleurs, car les bénéfices et les profits ne valent pas les dépenses.

    -L’Otan déclenche une guerre contre le Mexique puisque le drapeau des États-Unis aurait été brulé au Mexique en représailles à l’abandon des recherches.

  5. Christian Rioux dit :

    @Manx
    Je trouve qu’il y a pas mal de vérité dans ce texte.

    On est bon pour demander des commissions d’enquête, des audiences publiques, etc, au lieu d’agir. Au Québec les gens aiment déléguer leur pouvoir au gouvernement, et se fier au gouvernement au lieu de se prendre en main eux-même. On aime ça faire des grèves et des manifs pour tout et pour rien, c’est un sport national!

    Regardez la manif contre la loi 103/115. Des gens manifestent parce qu’ils veulent une loi plus contraignante qui limite les libertés individuelles. Ailleurs dans le monde, les gens font des manifs CONTRE les lois qui limitent les libertés. Cherchez l’erreur.

  6. Martin dit :

    L’auteur est Truisme.

  7. Tym Machine dit :

    Ça ressemble aux travaux du CHUM ça loll 😉

  8. Gilles Laplante dit :

    @Manx,
    Le Québec, c’est pire que ça. Encore un homme qui est décédé le 30 septembre à l’hopital Maisonneuve après 7 heures d’attente sans même obtenir une civière et encore moins de soins.

  9. Manx dit :

    « On aime ça faire des grèves et des manifs pour tout et pour rien, c’est un sport national! »

    Nah, c’est pas un sport national quand on se fait battre par les Français, les Grecs, les Espagnols, les Italiens et beaucoup d’autres. On n’a pas eu de grève sérieuse depuis quelques années, en excluant des petites grèves d’une journée çà et là.

    Je pense qu’on agit beaucoup et que l’on confie les commissions d’enquête à des imbéciles. Ce qui me frustre, c’est quand on nous dit que les PPP améliorent notre vie et que l’on se ramasse à payer 30% plus cher pour nos routes. Mon cul, c’est du poulet?!

    Tu tires loin dans tes arguments en allant me shooter la loi 103/115. La loi sur les écoles passerelles, c’est une peanut. On le sait tous les deux; c’est plutôt les manifestants qui n’ont pas encore compris. D’ici 2-3 jours, ça va être fini.

    Mais pendant qu’on y est, on pourrait très bien citer Angela Merkel, chancelière allemande, qui vient de dire que le multiculturalisme Européen en Allemagne, ça se résume au mot « Fail! » et que les gens qui veulent immigrer en Allemagne devraient parler Allemand. Parle-moi de d’ça, de l’oppression. Je ressens de la grosse pitié pour ces amis de la liberté qui veulent vivre dans une nation sans parler la langue nationale.

    « Le Québec, c’est pire que ça. Encore un homme qui est décédé le 30 septembre à l’hopital Maisonneuve après 7 heures d’attente sans même obtenir une civière et encore moins de soins. »

    Et je ne viendrai jamais te dire que l’on n’a pas de problèmes très importants à régler. Par contre, je vais venir dire à n’importe quelle personne qui ne prend pas ce texte comme une blague qu’il est un idiot. Si vous vivez au Québec et que vous n’avez pas une once de fierté envers le lieu où vous vivez, alors je ne vous comprends pas.

  10. Christian Rioux dit :

    @Manx
    On sait bien que c’est une farce, mais elle est proche de la réalité.

    Regarde juste Shell, on est rendu en commission parlementaire spéciale, pour empêcher une compagnie PRIVEE, de démanteler SES installations.

    Tous les experts consultés disent que ça n’aurait pas d’impact sur la dépendance énergétique du Québec, sauf le Syndicat qui dit le contraire….

  11. Gilles Laplante dit :

    On a même été en cour pour empêcher une compagnie de fermer un magasin. Et si le syndicat avait gagné son point, on aurait fait quoi? On aurait forcé WalMart à construire un autre magasin à Jonquière? Ridicule. Le pire c’est que la cour a accepté d’entendre la cause. Au Québec, on a étatisé le ridicule.
    Je vis au Québec et je trouve qu’il n’y a pas de quoi être fier. De quoi peut-on être fier? Nos politiciens, notre système de justice, notre système d’éducation, notre système de santé, nos infrastructures de transport, nos compagnie accrochées aux mamelles de l’État, nos médias qui nous mentent ou ne nous fournissent que la partie de l’information qui les arrangent? Il y en a qui sont fiers de bien peu.

  12. Alexis Morin-Martel dit :

    @ Gilles Laplante,

    Il n’y a rien dans la législation Québécoise qui puisse forcer une entreprise à garder ses portes ouvertes si elle décide de fermer boutique. Ce qui était litigieux dans l’affaire que tu soulèves c’est que la fermeture s’accompagnait d’une ouverture d’un magasin quasi-identique à proximité par la même compagnie. Donc, la question soulevée était la suivante : la fermeture était-elle réelle ou l’acte en question n’était qu’un moyen détourné pour couper court aux revendications syndicales? Tu comprends la nuance?

  13. Truisme dit :

    Le texte sur les mineurs chiliens est de mon cru.

    http://truisme-lepamphlet.blogspot.com

    Je ne suis visiblement pas seul à être sarcastique sur là où en est rendu notre société. J’espère seulement que ça va aider à faire bouger les choses…

  14. Christian Rioux dit :

    @Truisme
    Merci pour avoir clarifié la source. Ton texte est très populaire sur internet, je l’ai reçu par email.

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