Confusion dans les étiquettes

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Nationaliste, cessessioniste, séparatiste, indépendantiste, souverainiste, fédéraliste…

Ces étiquettes sont imprécises et mal utilisées. Je vais essayer de clarifier tout ça.

Séparatiste, indépendantiste, souverainiste:
Pourquoi 3 termes pour décrire une seule et même chose? Séparatiste ou indépendantiste sont des termes clairs qui décrivent exactement ce qu’un mouvement séparatiste désire faire, soit séparer une région d’un pays pour en faire un pays indépendant. Souverainiste par contre n’a pas la même signification et est utilisé par les péquistes parce qu’il fait moins peur que « séparatiste » ou « indépendantiste ». Je n’ai pas trouvé de groupe indépendantiste qui se dit « souverainiste » ailleurs qu’au Québec. La souveraineté signifie avoir le pouvoir total sur un territoire, ça ne signifie pas que ça en fait un pays indépendant. Dans certaines fédération, chacun des états qui la composent sont souverains sans être des pays.

Nationaliste: Ce sont ceux qui appuient une doctrine qui revendique pour une nationalité le droit de former une nation. Sauf que dans ce cas, il faudrait identifier la nation Québécoise, qui n’existe pas. Le « peuple » ou la « nation québécoise » qui avait été reconnue par les Conservateur, dans le but de s’attirer des votes, était incorrecte. S’il y avait eu un semblant de nation au Canada, ça aurait été celui de Canadien-français. Mais ensuite, il aurait fallu reconnaitre les autres nations aussi, parce que notre pays est un pays d’immigrants, donc un melting-pot de plein de nationalités différentes. Même au Québec, il y a 4 peuples fondateurs reconnus et affichés au plafond de l’Assemblée nationale à Québec: français, anglais, écossais et irlandais, mais les nationalistes oublient vite. « Je me souviens », mais je me souviens plus de quoi! Donc les nationalistes voudraient un bout de territoire pour les « québécois de souche » mais pas les autres (définition à la Falardeau). On pourrait faire une réserve au Lac St-Jean🙂

Cessessioniste: ce terme désignerait un état qui désire cesser d’adhérer à un système ou une alliance politique, par exemple les anciennes républiques soviétiques, qui avaient été annexées, et qui veulent revenir à leur état précédent.

Fédéraliste:, il s’agit d’un terme utilisé par les séparatistes pour identifier ceux qui ne sont pas d’accord avec eux. Un peu comme Bush, « If you’re not with us, you’re against us ». Pourtant, je ne suis pas séparatiste, mais je ne m’identifie pas comme étant fédéraliste. Je ne suis qu’un citoyen qui trouve ridicule cette idée de séparation. Je n’ai pas besoin d’avoir un titre qui dit que j’appuie un système politique, je pourrais être en faveur d’un système républicain, monarchiste ou autre. Ironiquement, un séparatiste pourrait être en faveur d’un système fédéraliste pour un éventuel Québec indépendant.

13 commentaires pour Confusion dans les étiquettes

  1. l'engagé dit :

    Vos propositions sont intéressantes, mais le «fédéralisme» a au Canada une origine ambigüe dès le départ. En effet, au moment de la rédaction de son rapport, le désir de constituer une fédération du «British North America» , une réunion de collectivités trop faibles en elles-mêmes intéresse Durham, mais le cas canadien-français le fait réfléchir et il lui préfère l’union, ce que son fameux rapport permet de comprendre. Pour Durham «le Bas-Canada est » destiné à être accroché à une autre puissance».
    (Lacoursière, Provencher et Vaugeois, 2000)

    Déjà, on peut constater une intéressante adhésion à la souveraineté, les Canadiens (qui sont les Canadiens français, les «autres étant de fier et loyaliste sujets britanniques) sont se sont battus pour obtenir un gouvernement responsable, c’est-à-dire représentatif de la souveraineté du peuple. C’est précisément le refus de le leur accorder qui est à l’origine de la Rébellion des Patriotes. En voulant les «accrocher», on va bien qu’il y a une résistance franche et exogène au désirs des Canadiens français d’être maitres de leur destiné qui est aussi ancienne que l’aspiration à la liberté, à l’autonomie politique et économique.

    Avant même de parler d’indépendance, les Canadiens désiraient cette souveraineté, il est d’ailleurs frappant de constater que votre explication de l’épithète «souverain» permet de bien comprendre le projet de 1980 ou de 1995. La déclaration unilatérale d’indépendance n’était une avenue à prendre qu’en cas d’échec des négociations pour un nouveau pacte entre la désormais souveraine nation québécoise et le ROC. Certains de vos exemples sont donc très intéressants, on peut être souverain à l’intérieur d’une fédération, comme on peut ne pas l’être tout en étant indépendant. Pensons par exemple aux pays du Pacte de Varsovie : le fameux baiser Brejnev-Honecker était perçu comme le symbole de la subordination de la RDA à l’URSS.

    Quoi qu’il en soit, le fédéralisme canadien a nagé entre deux eaux : l’union de 1841 est politiquement instable alors que la métropole considère la colonie comme un fardeau. Enfin, la Guerre de Sécession montre que les colonies sont militairement vulnérables. Pour vendre l’union de toutes les colonies, il faudra un système capable de concilier ce qui semble antagoniste : unité et diversité. Macdonald : « une union législative eut été préférable » Cartier : « C’est précisément en conséquence de de cette variété de race, d’intérêts locaux, que le système fédéral doit être établi et qu’il fonctionnera bien»
    Macdonald encore : « [on] en est venu à adopter une forme de gouvernement fédéral, qui pourra avoir toute la force d’une union législative et administrative ».

    Pour les Canadiens français, le fédéralisme est préférable à l’Union, parce qu’il leur donne plus de souveraineté, alors que pour les loyalistes, le fédéralisme est préféré à l’union seulement parce qu’il est mieux que la souveraineté du Bas-Canada (ou qu’un appel à cette dernière) et qu’une Union forcée pourrait la rendre désirable. En résumé, par fédéralisme, les Canadiens pensent conserver leur autonomie, alors que pour les loyalistes, les anglais, c’est plutôt une rhétorique pour satisfaire les Canadiens (je parle toujours des Canadiens français), l’union est vendue à l’extérieur en affichant que ce n’est qu’une façade.

    À la lumière de ce rafraichissement historique, on comprend que le terme fédéraliste n’a pas à priori de signification péjorative ou méliorative.
    Toutefois, un «fédéraliste» demeure quelqu’un qui préfère ce type d’union avec le reste du Canada à une souveraineté du Québec, mais le fédéraliste en question peut-être en faveur du statu quo ou d’un renouvellement de la constitution ou des structures administratives et politiques de la fédération.

    Quelle que la position politique que vous prêchez, si vous vivez au Québec et que vous reconnaissez les propos de Bourassa lors du dépôt du rapport Charest en 87 : «Le Canada anglais ne comprend pas le Québec, ne comprend pas sa langue, sa culture et son droit.» ; vous devez alors comprendre pourquoi Bourassa a dit, à la mort de Meech : « Le Québec est aujourd’hui et pour toujours une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement».

    Bourassa est le dernier homme politique au Québec (ou au Canada) ayant eu le pouvoir à avoir été également un fédéraliste réformateur, les autres sont plutôt des partisans du statu quo. Or, le Québec n’a jamais signé la constitution du Canada, laquelle augmente le pouvoir des minorités, fait la promotion du multiculturalisme, et contient une charte qui peut invalider un certain nombre des décisions du Parlement, de
    l’Assemblée nationale québécoise. C’est une atteinte à sa souveraineté (que l’on a compris plus haut comme un droit collectif d’agir économiquement, politiquement et socialement) et une diminution claire du rôle fondateur de la nation québécoise. L’augmentation du pouvoir de dépenser du fédéral, ou l’augmentation de la population du ROC ne font rien pour renverser la vapeur d’un gouvernement fédéral qui tend, depuis le fameux rapatriement, à centraliser. Ainsi, dans son discours de Charlottetown en 2004, critique clairement cette tendance: «Je suis venu vous dire qu’il est nécessaire que le Canada renoue avec l’esprit du fédéralisme et se détourne de ses tentations centralisatrices. Je suis venu vous dire que l’avenir de la fédération canadienne, c’est… le fédéralisme. Ce qui nuit à la fédération, ce n’est pas que le Québec veuille faire les choses à sa manière. Ce qui nuit à la fédération, c’est quand on veut que les provinces et les territoires soient tous identiques. »

    Charest est donc un fédéraliste convaincu, c’était Monsieur Canada lors du référendum de 1995, mais il ne fait rien pour changer la structure du Canada, on doit donc le ranger dans la famille des fédéralistes du statu quo. Or, le statu quo est précisément ce qui nous étouffe. Le Québec est aux prises avec de graves problèmes, et il aurait besoin de tout le pouvoir d’un État pour les régler. Pourquoi, précisément parce que comme le dit Bourassa, le Québec est une nation différente du reste de la nation canadienne par son droit, sa culture, sa littérature et sa langue. Nous ne saurons régler les problèmes (même si nous les partageons avec les Canadiens) auxquels nous faisons face qu’avec des solutions singulières qui nous sont adaptées. C’est la raison pour laquelle nous refusons (souverainistes ou fédéralistes) quand Ottawa centralise et est trop interventionniste.

    Toutefois, la structure actuelle empêche le Québec de se libérer de la tutelle que lui impose son adhésion au fédéralisme. Pas que celui-ci soit mauvais en soit, mais qu’il soit inadapté. Comme les problèmes auxquels nous faisons face sont graves (décrochage, finance publique, santé, développement économique et environnement), il nous faut agir vite, avec intelligence et puissance. Par contre, les structures administratives, politiques, économiques et sociales canadiennes limitent notre champ d’action et notre pouvoir, notre capacité d’intervention.

    Comme il n’existe pratiquement aucun moyen de «réformer le Canada» et pas de représentant au Québec pour le faire, la seule façon de trouver une responsabilité et une capacité d’agir passe par l’indépendance (le renvoi de la question devant la cour Suprême et le travail de Dion ont provoqué cela, c’est la «Séparation ou rien», puisqu’il n’est pas possible de faire une question qui inclurait une offre de renouvellement du fédéralisme; Ottawa pourrait la refuser) . S’il faut pour cela souffrir de l’étiquette de «séparatistes» ou de «sécessionnistes», tans pis. Car vivre, c’est agir. Ainsi, chaque fois que l’on est limité dans notre agir, on meurt à petit feu.

    Votre taxonomie est donc intéressante, mais elle néglige une part importante de la question : la nation québécoise, avec sa culture, sa langue, en contexte si minoritaire en Amérique du Nord, a-t-elle les moyen de se passer des outils et les pouvoirs que lui conférerait l’indépendance?

  2. l'engagé dit :

    Au paragraphe 8, ligne 14, je parle d’un discours en 2004 à Charlottetown, il s’agit évidemment de Charest.

    Les autres coquilles permettent malgré tout au texte d’être lisible. Vous excuserez le «roman», mais si je ne passais pas par cette démonstration complète, mon raisonnement n’aurait pas été logique ni appuyé sur l’histoire et les faits.

  3. Christian Rioux dit :

    Tu oublies que les patriotes, il y en avait des francophones et des anglophones. Les deux voulaient se libérer de l’empire colonial britannique. Sur le drapeau des patriotes original, il y avait 2 étoiles, une pour le haut et le bas Canada respectivement. Il est donc faux de dire que les Bas Canada était séparatiste et le Haut Canada de « loyaux sujets britanniques »

    Le mouvement patriote n’avait rien à voir avec le mouvement séparatiste d’aujourd’hui puisqu’il prônait l’indépendance du Canada envers l’empire britannique, et non pas du Bas-Canada. Les patriotes anglophones et francophone étaient alliés dans un même combat.

    Mais ca ne change rien au fait que le mot « fédéraliste » n’a pas sa place.

  4. l'engagé dit :

    Tout d’abord, je dois vous remercier, vos remarques m’obligent à rafraichir ma mémoire. Vous amalgamez la Rébellion des Patriotes du Bas-Canada (automne 37 puis février 38), à la rébellion «Patriots» de Mackenzie (décembre 37), qui a en effet profité du départ des troupes du Haut-Canada vers le Bas-Canada pour faire son mouvement.

    Mackenzie (d’ailleurs d’un grand-père de Mackenzie King, le premier ministre) était partisan d’un républicanisme, lequel fut ironiquement développé par les «loyalistes» qui s’étaient réfugiés au Canada après la Guerre d’indépendance des États-Unis. Bien qu’ils fussent loyaux à la couronne, ces arrivants et leur descendants avaient l’idéal d’une certaine autonomie que le gouvernement colonial limitait désormais. Par ailleurs, une partie du peuplement britannique incitait les défavorisés de la métropole à construire dans la colonie, et voilà que par le truchement de lois discriminatoires, ils devaient subir la même ségrégation qu’au Royaume-Uni, notamment par l’attribution des terres, dont les meilleures étaient réservées aux membres de l’Église anglicane, excluant de facto les Irlandais catholiques, les Écossais presbytériens (vous aurez reconnu là Mackenzie) et les mouvements méthodistes. L’élite d’alors qui dirigeait le Haut-Canada s’appelait le « Family Compact» et c’est contre ce groupe que les insurgés en avaient. On peut donc résumer la rébellion du Haut-Canada par la cristallisation de la grogne qui a transformé descendance d’immigrants loyalistes et immigrants métropolitains contre la riche élite conservatrice anglicane. La Rébellion des Patriotes du Bas-Canada a été le catalyseur, si l’on peut me permettre cette image, de ce mouvement «patriots du Haut-Canada, lequel s’est pathétiquement terminé par un vaisseau en flammes sombrant dans les chutes de la Niagara. C’est d’ailleurs sur les rives de ladite rivière que Mackenzie a déclaré une République du Canada avant de devoir finalement s’exiler.

    Les Rébellions Patriotes (automne 37 et février 38) sont la conséquence du refus de Londres de considérer les 92 Résolutions au Bas-Canada, lesquelles insistaient particulièrement sur la réforme du conseil législatif et d’un exécutif responsable. Les résolutions exposent combien l’administration et la distribution du pouvoir cherchent plutôt à satisfaire la minorité britannique du Bas-Canada, que l’on appelle alors d’ailleurs la « Clique du Château » (dans laquelle on comptait aussi certains seigneurs canadiens-français soucieux de préserver leurs privilèges), sorte de double du «Family Compact» du Haut-Canada.« La résolution 52 est une affirmation claire du fait français  »devenu prétexte d’exclusion, d’infériorité politique et des séparations des droits et des intérêts »» (j’emprunte la référence de la résolution à Lacoursière et al.), sans rompre le lien, on peut synthétiser les résolutions en une demande d’une plus grande souveraineté politique (attention le lien entre la métropole n’est pas rompu, les Canadiens français demeureraient des alliés, mais ils soutiennent que l’Angleterre doit agir comme un bon père de famille : laisser plus d’autonomie à mesure que ses enfants grandissent).

    La réaction des «Montrealer» est viscérale :« il n’est pas question d’être gouverné par des  »étrangers », des  »vaincus »», « cette colonie est britannique, il est normal qu’elle se peuple de Britanniques, «nous sommes prêts à résister jusqu’à la dernière extrémité aux efforts des Canadien français». Ils vont même jusqu’à prendre les armes contre leur propre gouverneur, Gosford, trop conciliantes à leur avis et fondent le «Doric Club», un organisme militaire. Au pire des tensions, la Montreal Gazette stipule que « les Britanniques doivent ou écraser leurs oppresseurs, ou se soumettre tranquillement au joug qui leur est préparé. » On comprend donc que la perception britannique interne du Bas-Canada voit la tentative patriote comme une menace directe et craint un «esclavage honni». Plutôt que voir toute tentative de responsabilité et de prise en charge des Canadiens français pour ce qu’elle est, les Britanniques (qui deviendront avec le temps nos Anglo-canadiens du Québec) y voient une menace. C’est ainsi que Londres va refuser les résolutions et le peu de liberté politique qu’elle permettra servira précisément à contester sa mainmise sur la destiné des Canadiens français. C’est précisément dans ce climat trouble et à cause de la suppression des assemblées populaires que vont s’organiser les fameuses révoltes des Patriotes. Fait intéressant, l’existence du «Doric Club » va inciter les Patriotes à créer leur propre organe : l’Association des Fils de la Liberté. Les membres du « Doric Club » vont provoquer assez de troubles pour que le gouverneur Gosford proclame la loi martiale et réprime l’agitation par la force. Au lieu de chercher les véritables responsables (et comprendre que l’origine de la grogne est structurelle et politique), on va émettre des mandats d’arrêt contre les chefs patriotes et on les accuse de trahison… alors qu’ils n’ont encore rien fait! Ce n’est qu’ensuite que les Patriotes passent à l’action et qu’ils se font durement réprimer et que la population subit de dures représailles, le Bas-Canada est alors administré par un militaire (Colborne) et la constitution de 1791 suspendue.

    En conclusion, il y a des convergences entre les mouvements «patriotes» du Bas et du Haut-Canada, les deux mouvements luttent contre la même tendance métropolitaine à l’oppression, à la discrimination et à l’exercice inéquitable du pouvoir ainsi qu’à la distribution partisane des avantages économiques. Toutefois, les résistances se feront à travers des cadres politiques distincts. Les insurgés partisans de l’Indépendance des États-Unis s’appelaient eux-mêmes des patriotes, personne ne vient pourtant les amalgamer aux Rébellions de 37-38. Le terme «patriote» est donc un substantif ou une épithète qui désigne le résistant qui s’unit à d’autres par l’identification à un groupe, à un collectif, « à une patrie», dans une cause commune contre un oppresseur ou un opposant contre lequel il veut se libérer.

    Catholiques et autres protestants non anglicans, Écossais, Irlandais et Anglais non membre de l’oligarchie formaient un groupe patriote dans le Haut-Canada, et fondaient leurs révoltes sur des revendications précises. Patriotes du Bas-Canada représentaient les Canadiens français (lesquels intégraient quiconque les appuyait dans leur lutte, comme Nelson, un ardent tory, qui épousera la cause des Canadiens français en apprenant à les connaitre plus intimement ). Il n’y avait pas d’entité politique unie entre le Haut et le Bas-Canada, sinon que le gouverneur (nommé par le roi) et le conseil exécutif (lui aussi nommé), les luttes des patriotes (des deux Canada) visent précisément à donner aux assemblées respectives un droit de regard sur la constitution des conseils législatifs, exécutifs et de la responsabilité ministérielle. Le «Canada» en tant qu’institution politique unie du Haut et du Bas-Canada pouvant faire sécession de l’Empire britannique n’existait pas, et les révoltes patriotes canadiennes-françaises étant un phénomène très spontané de résistance armée, c’est dans leur historicité politique qu’il faut voir leurs revendications. Ces dernières étant articulées autour des 92 résolutions depuis 1834, lesquelles étaient consacrées à fournir un cadre politique plus équitable pour les Canadiens français, on peut véritablement parler d’une quête de souveraineté politique. Ce n’est qu’à partir de la dure répression et constatant qu’il n’y a pas d’ici possible que le mouvement prend une tournure armée, sécessionniste et républicaine, mais il ne s’agissait pas de la même entité dans les deux Canada.

    Tout mouvement partisan d’une plus grande autonomie politique, économique sociale pour le Québec, principalement pour soutenir la population francophone (laquelle est le prolongement des Canadiens français auxquels se greffent les nouveaux arrivants désireux de vivre cette culture) qu’il soit fédéraliste, comme ce qui a donné Meech, avec Bourassa et Mulroney, ou encore indépendantiste, avec Parizeau, a à voir avec la Rebellion Patriote.

    C’est-à-dire que ce mouvement permit de constater que la conquête avait laissé croire que les Canadiens français pourraient contrôler leur destinée alors que le cadre politique ne le permettait pas. La Rébellion est la conséquence d’un mouvement démocratique de demandes de pouvoirs qui ont été rejetées et la répression, des représailles pour avoir osé élever la voix et pour intimer les Canadiens français à rester tranquilles.

    Toute quête politique pour permettre aux Québécois de disposer des leviers pour s’épanouir cherche à corriger les dérives qu’a occasionnées l’assujettissement de la minorité francophone à un ensemble politique qui exacerbait son incapacité à se prendre en main.

    On ne peut donc dire que la quête de l’indépendance et la Rébellion « que c’est la même chose», certes, le contexte a changé, mais la quête d’indépendance est le prolongement de l’esprit des 92 Résolutions.
    On peut résumer l’historicité de la démarche à cette maxime de l’historien Séguin : Vivre c’est agir, être remplacé dans cet agir, c’est mourir à petit feu.

    Chaque fois que le Québec se voit remplacé dans un pouvoir ou qu’Ottawa décide pour lui, il perd l’occasion d’exercer son talent et de développer de l’expérience. C’est ainsi qu’ un peuple minoritaire sur un territoire et intégré dans un ensemble politique à travers lequel il n’a pas les pleins pouvoirs pour tout ce qui les concerne, perd littéralement de la vigueur à mesure que son poids politique diminue.

    Toute lutte pour inverser cette tendance peut redonner à une communauté ses moyens d’agir, c’est pourquoi l’indépendance, pour un peuple minoritaire dans un ensemble politique où il est assujetti à une majorité par le biais de structures politiques ou économiques qui l’aliènent, est préférable au statu quo.
    Le Québec et le ROC n’étant pas en situation de parité démographique, la structure actuelle n’est pas favorable au Québec, il est condamné à perdre son influence et donc sa capacité d’agir. Comme il n’existe aucune option fédéraliste capable de rectifier cette tendance, il est vrai que pour quelqu’un qui a coeur l’intérêt de la collectivité québécoise, le fédéralisme ne peut être une notion péjorative, mais elle ne l’est pas à priori.

    Pour terminer, une remarque :

    Inversement, indépendance ou souveraineté ont un sens propre, et le sens figuré est mélioratif en ce sens que l’autonomie est préférable à la dépendance ou à l’assujettissement, alors que « séparatisme » et « séparatiste » sont des mots avant tout à forte coloration, à connotation négative et sont utilisés d’abord au sens figuré et non en fonction de leur sens propre.

    « Fédéraliste » est au contraire un terme dont l’usage est principalement propre et non figuré, si vous voulez ajouter un sens au terme, vous devez lui adjoindre un adjectif. Je vous propose de relire le premier commentaire afin de comprendre combien le fédéralisme pouvait, pour les Canadiens français, représenter une bonne chose.

    L’ennui, c’est qu’il n’y a plus aujourd’hui de véritables fédéralistes réformistes, il n’y a que des fédéralistes du statu quo, lesquels constatent le délabrement du Québec, sans y apporter de solution, alors que cette situation demande une résolution politique. La seule viable, si on croit en la collectivité québécoise et que l’on supporte l’idée selon laquelle «vivre c’est agir» consiste à augmenter nos moyens d’action, ce qui consiste dans l’état actuel du Canada à oeuvrer pour l’Indépendance.

  5. Flore dit :

    Pour un qui ne s’affiche pas pour la souveraineté des québécois, vous êtes passablement québéco-centriste. L’utilisation de ces termes dépassent largement les frontières de la province.
    Nationalisme signifie plutôt: L’«Exaltation du sentiment national; attachement passionné à la nation» – Le Robert. Ça n’est rattaché à aucune doctrine, contrairement à ce que vous avez affirmé.

    Pour la souveraineté…c’est plus complexe. Rousseau (Jean-Jacques) a théorisé la notion dans le «Contrat social» en 1762.
    Voici un extrait, mais il est également possible de se procurer le livre, de l’ouvrir et de lire ce qu’il y a dedans…:
    «Qu’est-ce donc proprement qu’un acte de souveraineté ? Ce n’est pas une convention du supérieur avec l’inférieur, mais une convention du corps avec chacun de ses membres ; convention légitime, parce qu’elle a pour base le contrat social ; équitable, parce qu’elle est commune à tous ; utile, parce qu’elle ne peut avoir d’autre objet que le bien général ; et solide, parce qu’elle a pour garant la force publique et le pouvoir suprême. Tant que les sujets ne sont soumis qu’à de telles conventions, ils n’obéissent’ à personne, mais seulement à leur propre volonté : et demander jusqu’où s’étendent les droits respectifs du souverain et des citoyens, c’est demander jusqu’à quel point ceux-ci peuvent s’engager avec eux-mêmes, chacun envers tous, et tous envers chacun d’eux.»

    ROUSSEAU, Jean-Jacques. Du contrat social, Paris, GF, 2001.

  6. Le nationalisme, c’est une manière de maintenir sur la place publique une et une seule vision de ce que peut être la vie en commun: celle dans laquelle, par le recours à la notion de menace permanente, la population est sommée d’obéir à des élites qui, du fait de la gravité de la situation telle qu’elles la décrivent elles-mêmes puisqu’elles sont les seules à avoir le droit de parler, n’ont aucun compte sérieux à rendre. Le nationalisme, c’est le contraire de la démocratie: c’est opposer aux droits de l’homme le devoir d’assurer la survie de l’ensemble dans des termes qu’il est interdit de discuter.
    Se définissant lui-même comme étant essentiellement «défensif», le nationalisme a nécessairement besoin pour se maintenir que la menace perdure et même, à l’occasion, s’amplifie. C’est la condition essentielle à son règne. Le nationalisme ne peut pas constituer une manière de résoudre les problèmes, il est par nature une manière de s’assurer qu’ils ne le seront jamais, réglés parce qu’autrement sa raison d’être disparaîtrait. et que, du même coup, les élites qui l’ont promu et en ont tiré profit des générations durant deviendraient susceptibles d’être jugées non plus sur leurs sempiternelles promesses ou menaces, mais sur les effets concrets et durables des gestes qu’elles ont posés. Le nationalisme n’a qu’un seul but, perdurer, et les problèmes dont il entretient lui-même l’existence constituent la justification de son règne.

    René-Daniel Dubois sur les dérives du nationalisme québécois

  7. Caligula dit :

    Merci l’Engagé pour cette belle démonstration qui réfute cet argument selon lequel la révolution des Patriotes était la même que celle des Anglais. Christian tente de mêler les cartes sur cette question et vous m’avez apporté les infos qu’il me manquait pour le débouter la prochaine fois qu’il tentera cette diversion.

  8. l'engagé dit :

    À votre service Caligula…

    Que dire à Monsieur Rioux?

    Vous ne pouvez pas lire Vadeboncoeur, Ferron, Miron, Parizeau, Landry, Séguin (Maurice, l’historien) et tant qu’à y être Lacoursière (Histoire du Québec et du Canada) Lester et le dernier Philpot?

    Comment ne pas voir que le Canada des droits, c’est à dire le Canada de Trudeau, le Canada des petites minorités et du droit suprême des individus est un projet pour diluer la portée du projet québécois.

    Les nations ne se font pas de cadeaux, l’idée c’est pas de se pavaner avec notre drapeau et de crier qu’on est les meilleurs, ce n’est pas de faire des batailles entre Orangistes et Catholiques, on est pas à la veille de la Première ni de la la Seconde Guerre mondiale

    l’IDÉE C’EST JUSTE DE RECONNAITRE QUE LES DIRIGEANTS POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES D’UNE NATION FONT CE QUI EST LE MIEUX POUR CETTE DERNIÈRE, MÊME SI CELA PEUT NUIRE À D’AUTRES NATIONS.

    Les Minutes du Patrimoine, le rassemblement de milliers de partisans du NON, les manoeuvres de Chrétien (nuit des longs couteaux), mépris pour Meech, la Loi sur la clarté, c’est quoi si c’est pas une initiative nationaliste? L’élection d’un gouvernement conservateur défendant ses intérêts, c’est quoi si ce n’est une variante d’un nationalisme régional?

    Quand les Canadiens cherchent à accroitre leur économie et la puissance de leur centres de décisions, ils font tout pour que Toronto, comme métropole soit favorisée et outillé, quitte à faire des dommages pour MTL, quand ils entourent la Capitale de centre de recherche, c’est sur la rive gauche de l’Outaouais qu’il les y installent.

    L’individu est tributaire du social, il dépend de son groupe, de dynamiques sociales qui le dépassent. Si certains s’échappent d’un déterminisme, la santé des membres d’un groupe dépend généralement de la santé du groupe. C’est vrai pour les familles, les tribus, les communes, les régions puis les nations.

    L’instrument pour qu’une collectivité, une nation s’épanouisse est SA CAPACITÉ D’AGIR. Si vous étouffez fiscalement une nation, si vous la subordonnez sur le plan politique parce qu’elle est une minorité noyée dans une majorité, si elle ne peut s’exprimer à l’extérieur de l’enceinte de l’autre nation dans laquelle elle est dissoute, qu’elle n’a pas de voix pour signer des accords à l’OCDE, OMC, l’ONU, c’est comme si cette nation était constamment sous tutelle.
    NE VOYEZ-VOUS PAS QUE DANS CETTE STRUCTURE LA CAPACITÉ D’AGIR DES QUÉBÉCOIS EST LIMITÉE PAR LE CADRE DE LA FÉDÉRATION? Nous sommes francophones et latin, nous avons une culture, un droit et une anthropologie si j’ose dire différente des Canadiens-anglais. C’est pas qu’on les aime pas, c’est qu’il est impossible de nous administrer sans constamment créer des heurts et on est minoritaire, condamné à perdre la joute. Ça n’a rien à voir avec les élucubration de Langlois.

    C’est facile j’imagine, de la pointe de la Gaspésie de se sentir à l’aise, partout le territoire québécois, à l’Est, la mer, Larochelle ou Saint-Malo et à l’Ouest, les habitants francophones.

    Moi, je vais au Nord, c’est des Italos qui ne veulent rien savoir du français, au Sud, des jeunes de l’Ouest du Canada qui ignorent jusqu’à la loi 101 et René Lévesque, ils n’ont même pas conscience du mythe des deux peuples fondateurs, ils pensent que le Québec est une genre de Louisiane. À L’Est, j’ai un peu d’espoir, mais ça se gentrifie douement et à l’Ouest, c’est un mélange de Punjab, du Pakistan, de la Grèce et j’en passe. La disparition du français, je la vis au jour le jour. Désirer que son peuple survive, qu’il s’épanouisse n’est pas sectaire, c’est juste normal.

  9. Christian Rioux dit :

    @L’engagé
    Et vous vous imaginez que si vous séparez le Québec, ceux qui ne correspondent pas à votre idéal québécois-francophone-de-souche vont disparaitre? Tous ces anglophones et immigrants vont continuer à exister et votre baguette magique séparatiste ne va pas régler ça. Pas plus qu’en France ou en Allemagne ou les immigrants prennent de plus en plus de place. A Paris, certaines rues sont bloquées par des musulmans à l’heure de la prière. J’ai pas encore vu ça au Québec.
    Même au U.S. d’ici quelques décennies, les blancs-de-souche ne seront plus majoritaires.

    Au risque de me répéter, nous sommes une terre d’immigrants. Nous sommes français, anglais, irlandais, écossais, acadien, loyaliste et amérindien. Votre peuple français n’existe que dans votre imaginaire sectaire. Revisitez votre arbre généalogique.

    Nous vivons maintenant une autre vague d’immigrants qui va redéfinir en partie notre identité. Vous avez beau chialer et vous rouler par terre, il n’y a rien que vous pouvez faire pour y changer quoi que ce soit, sauf peut-être faire des dizaines d’enfants par femme.

    Je vous suggère le billet suivant, que j’ai écrit il y a 2 ans:
    http://web.cgaspesie.qc.ca/crioux/wordpress/?p=74

    Et s.v.p. tentez de vous en tenir au sujet du billet. Le sujet ici est sur les étiquettes.

  10. l'engagé dit :

    Je vous ai répondu, mais le texte ne s’affiche pas. Si vous souhaitez publier, prenez le texte le plus récent. J’ai aussi essayé sur le p=74, mais je n’y arrive pas plus.

    Bonne soirée

    L’Engagé

  11. l'engagé dit :

    C’est certain que si vous vous évertuez à ne pas lire les piliers de la culture québécoise ni d’ouvrir un livre d’histoire, vous resterez marqué par une visite au parlement, qui d’après votre interprétation offre une vision symétrique de la construction d’une grande nation amalgamée de Français, d’Irlandais, d’Écossais et tutti quanti.

    L’histoire, officielle celle-là, c’est celle de deux peuples fondateurs et encore, ce pays fut construit, élaboré et pensé de manière asymétrique. Remarquez, à mesure que les Écossais prennent de la place, c’est toujours dans l’alignement avec leurs alliés loyalistes, lesquels deviennent d’autant plus forts, le gendre de Durham avait parfaitement compris l’avantage de permettre la dilution du patrimoine écossais dans la balance et l’avantage que pouvait présenter cette manière de diviser pour régner.

    Regardons ensemble l’histoire un peu antérieure à la formation du Canada tel qu’on le connait à partir de 1867, c’est un peu d lecture, mais c’est intéressant. Je cite Chagnon dans La Déconstruction du mythe des deux peuples fondateurs, remarquez, je vous y contrains parce que votre entêtement ne me laisse guère le choix…

    «Via Durham, Londres suivra les recommandations de Thom: le Bas et le Haut Canada seront réunis en une seule province et, en attendant que les Canadiens soient enfin minorisés par une forte immigration de Britanniques, on accordera un nombre égal de représentants au Haut-Canada, même si cette province a une population de moins 100 000 habitants, par rapport au Bas-Canada. Est-ce à ce moment-là que nous sommes devenus un des deux peuples fondateurs?

    Le patriote Louis-Hippolyte Lafontaine ne suivra pas les conseils de Papineau et de ses amis et acceptera de travailler à l’intérieur de la nouvelle constitution. Le 25 août 1840, il écrit à propos de l’Union: «L’histoire dira que la force l’a imposée aux deux peuples du Bas et du Haut-Canada. Pour rendre cette mesure légitime, il faudra le consentement et l’approbation de ces deux mêmes peuples.» Grâce à une alliance avec le chef réformiste, Lafontaine prend huit ans pour vaincre la résistance de certains gouverneurs et obtenir le gouvernement responsable.

    Mais, moins d’un an après cette victoire, certains éléments conservateurs du Canada anglais ne semblent pas apprécier un progrès de la démocratie si cela veut dire une trop grande influence des Canadiens au sein du gouvernement.

    La minute du patrimoine: Le 13 février 1849 devant ses pairs au parlement, le député MacNab s’enflamme: «S’il en est ainsi, l’Union a complètement manqué son but. Elle a été faite dans le seul motif de réduire les Canadiens français sous une domination anglaise et on obtiendrait l’effet contraire! Ceux que l’on voulait écraser, dominent.» Fin de la minute.

    Pourquoi un tel emportement de la part de cet éminent député conservateur du Haut-Canada? Parce que le gouvernement Lafontaine-Baldwin avait déposé un projet de loi laquelle une fois sanctionnée permettrait l’indemnisation des personnes innocentes ayant encouru des pertes pendant les «rébellions» de 1837 et 1838 dans le Bas-Canada.

    La minute du patrimoine: Deux poids, deux mesures: quatre ans plus tôt, une mesure semblable avait été établie sur simple décret et sans la moindre contestation. Fin de la minute.

    Se sentant outragé par le You Strangers de MacNab, Lafontaine répond: «Quoi, monsieur l’Orateur, les Canadiens français étrangers sur leur propre terre natale! Ce serait une insulte, si ce mot malheureux de l’honorable membre avait été prononcé avec préméditation.» En tant que premier premier ministre de la province du Canada, Lafontaine fait déjà usage de la langue de bois. Il sait très bien que le You Strangers de MacNab est partagé par une majorité d’anglophones. On peut le constater par ce qu’en pense le gouverneur Elgin, qui incidemment était le gendre de lord Durham. Le 1er mars 1849, jour même de la réplique de Lafontaine à MacNab, il écrivait à Grey, son patron au Foreign Office: «seule une union des quatre provinces pourrait placer les intérêts britanniques en Amérique du Nord sur un pied d’égalité.» Un an après l’avènement du gouvernement responsable, le vice-roi se sent donc dans l’obligation de proposer une plus grande minorisation des Canadiens français pour protéger les intérêts britanniques en Amérique du Nord. Malgré la bonne volonté des Lafontaine et Baldwin, il semble donc que l’harmonie entre «les deux races» était loin d’exister en 1849.

    ***

    La minute du patrimoine: The Gazette en édition spéciale: «La fin a commencé, Anglo-Saxons, vous devez vivre pour l’avenir; votre sang et votre race seront désormais votre loi suprême, si vous êtes vrais à vous-mêmes. Vous serez Anglais, dussiez-vous n’être plus Britanniques. (Ö) dans le langage de Guillaume IV, le Canada est perdu et livré. La foule doit s’assembler sur la Place d’Armes ce soir à huit heures. Au combat, c’est le moment.» Fin de la minute.

    The Montreal Gazette a réussi ce jour-là à faire la preuve que, quand ils se sentent menacés par un quelconque French Power, les Anglo-Montréalais, toutes classes confondues, se retrouvent tous du même côté de la barricade.

    Autre minute du patrimoine: La Minerve, 26 avril: « De douze à quinze cents personnes, torche à la main, répondent à l’appel. Et pendant l’incendie du parlement qui s’en suit, des pompiers rebelles voyaient de coeur joie cette horrible conflagration. Ils laissaient faire les ravages du feu dont ils ont coutume d’être si grands ennemis. » Fin de la minute.»

    voici le dénouement :

    «À l’élection de 1857, alors que les conservateurs de Cartier sortent majoritaires de la lutte dans le Bas-Canada, ceux de Macdonald perdent leur majorité dans le Haut. George Brown soumet alors une résolution pour que le principe de représentation proportionnelle soit adoptée. Principe qui, on s’en souvient, avait été refusé en 1840 alors que la population du Haut-Canada était moins nombreuse que celle du Bas.

    Si Brown échoue avec sa résolution de 1857, celle du 14 mars 1864 réussira et va finalement tout chambarder la donne politique.»

    et la fin :

    « La minute du patrimoine: Quand la «Confédération» sera enfin votée en 1867. Ce ne sera plus le Brown, politicien à la langue de bois, mais le rédacteur du Globe qui s’écrit: «French Canadianism, (is) entirely extinguished.» Fin de la minute. Par cette courte phrase, Brown se révèle le digne successeur de Durham et de MacNab. Qui peut parler de pacte entre deux nations quand, très publiquement, l’architecte de la constitution de 1867 se manifeste comme un fossoyeur d’une de ces deux nations?»

    Voilà pour la leçon d’histoire, la politique est importante parce que c’est cette dernière qui arbitre, qui donne les modalités par lesquels les peuples vont s’administrer.

    source : http://archives.vigile.net/avant-garde/charronmythe1.html

    Est-ce si dure à comprendre que les Québécois, que les descendants des Franco-canadiens et de ceux qui se rejoignent cette nation soient MINORITAIRES.

    Vous croyez que je m’égare? C’est pour vous montrer qu’un nationalisme québécois a sa pertinence dans la mesure qu’il est simplement le vecteur par lequel peuvent se rassembler les Québécois dans leur lutte pour constituer une majorité sur un nouveau territoire plutôt qu’une minorité dans un ensemble qui dissout leur influence. Il faut faire la différence entre le nationalisme des vieilles nations impérialistes, et la recherche d’autodétermination, d’indépendance des petites nations qui ont justement été soumise au joug colonial des premières. C’est une lutte pour la dignité, la langue, la culture et la conquête d’une autonomie politique tout comme pour le contrôle de ses centres de décisions économiques.

    Quant à votre commentaire sur mon sectarisme, il est tout bonnement insultant, je vous parle depuis un moment de la louisianisation du Québec, qui est d’autant plus en danger que n’ayant pas le plein contrôle sur notre agir, nous n’avons pas les moyens d’offrir le même type de plateforme d’intégration qu’un État indépendant.

    Quand mon Punjabi (que j’affectionne) me sert en anglais, il est au Canada, il déménagera peut-être dans 2 ans à Toronto, il a simplement l’impression que les francophones sont une ethnie comme une autre dans cette grande mer de minorités qu’est le Canada. Les anglo-saxons sont bien moins menacés (au E-U et ici) qu’ils ont créé le modèle culturel, politique et économique par lequel ils assimilent assez bien les arrivants. C’est d’ailleurs ça la réussite du modèle, pour gagner du pouvoir comme minorité, il faut adhérer à tout un ensemble de dénominateurs communs qui mènent à la mainmise malgré tout de la majorité. Ce système étant au Canada en plus bâti à travers un système de minorisation de l’influence des Canadiens français, il faut être de mauvaise foi pour penser qu’avec des moyens moins grands qu ‘un État, que le Québec puisse faire mieux.

    C’est donc notre modèle d’intégration national qu’il faut revoir, justement pour être prêt pour le défi des vagues d’immigration que vous promettez. Mais nous ne pouvons faire cela avec les simples pouvoir d’une province, encore moins quand la Cour Suprême, la constitution et les chartes qui prévalent sont celles d’un autre peuple, d’une autre culture. Un système d’intégration, d’éducation et une identité plus assumée peut certainement pallier le  »manque de fécondité », vous mélangez les débats, mais pour ça, il faut une certaine souveraineté politique. L’argent pour financer tout ça existe, mais il est honteusement gaspillé dans une structure qui nous est préjudiciable.

    Le cas du déclin du français mérite à lui seul un autre débat, mais comme nous sommes sur le dossier des étiquettes, je vous rappelle simplement que vos étiquettes, elles, étaient grossières et faisaient fi de connaissances historiques, politiques et philosophiques élémentaires, pour permettre une pensée véritablement nuancée et originale. Idem avec votre référence à Dubois (j’ai écrit Langlois, désolé) que vous ne prenez même pas la peine de commenter.

    Pourtant, vous êtes capable de pensées originales, votre mémoire sur les accommodements raisonnables est intéressant. Vous avez parfaitement le droit d’aimer le Canada, mais regardez au moins son histoire en face et constatez les vices inhérents de son système politique, lequel a des incidences économiques desatreuses et enfin, reconnaissez que si l’on est coincé dans des dynamiques structurelles, des impasses, c’est précisément parce que nous rencontrons, au Québec, les défis des nations, sans pourtant avoir des moyens équivalents. L’ouverture que vous réclamez, c’est précisément à Ottawa et au Canada anglais à la fournir, en acceptant de donner un poids équivalent au Québec sur le plan politique et économique, que sa différence suggère. Malheureusement, une administration tend à s’accroitre, et les partisans d’une décentralisation à Ottawa, dès qu’ils sont au pouvoir, y prenant gout, inversent leurs promesses. C’est sectaire d’être pour le Québec, mais ça ne l’est pas lorsqu’il s’agit d’encourager les système politique et économique du Canada anglais?

    Ça me fait penser au fait que ces  »frogs » qui veulent promouvoir le français sont justement sectaires et  »fermés », parce que l’anglais serait  »ouvert », par définition? Voyons donc, la diminution du français hors Québec est révélatrice, pendant des années : les élites Canadiennes anglaises ont fait la promotion d’un anglais dans la sphère publique alors que les langues maternelles étrangères (dont le français) devaient être confinées dans le privé, quand elles n’étaient pas carrément interdites… Cette  »ouverture » est asymétrique,  »le nationalisme, c’est les autres », cette formulation est justement typiquement nationaliste, puisque c’est le propre de l’impérialiste (un nationalisme colonisateur) de ne même pas voir sa propre culture tant il pense que cette dernière est  »normale »,  »supérieure ».

    Refuser donc les enjeux que révèlent le nationalisme québécois, c’est pratiquer un aveuglement volontaire sur les conséquences d’un nationalisme anglais dans l’architecture même du Canada. C’est pourquoi, je le répète, vos étiquettes sont le reflet d’une vision trop partielle.

    De quoi avez-vous peur? En quoi le Canada vous protège-t-il? Si l’État devenait plus accessible, parce que la capitale à Québec et la Métropole à Montréal, ne seriez-vous pas imputables, si vous demeurez immobile, de la dégradation de la société?

    Vous nous dites que nous chialons, on peut rien faire, il y a trop de fonctionnaires, de «sépartiss», de «socialiss», de «syndicaliss», «d’environnementaliss» on s’en va à la dérive, c’est mieux aux states », si seulement y avait pas le conflit constitutionnel, MÉCHANTE FAÇON DE RÉGLER LES PROBLÈMES, vous vous déresponsabilisez. Les idéalistes de la souveraineté ont au moins le mérite de proposer un changement notable dans la structure de notre société. Présentez un meilleur projet, mais ne me faite pas croire que le statu quo est une bonne chose, car toute la morosité dont vous faites preuve dans vos billets en est la résultante. Autrement dit, les indépendantistes proposent une issue, le fait qu’ils le proposent n’est pas la source de la stagnation, mais bien le refus, par nos élites économiques et politiques du non, de ne pas en prendre acte. Pouvez-vous me dire ce qui empêche les fédéralistes de changer le Canada? Certainement pas les «séparatiss». Les fédéralistes du Québec n’osent rien faire, Charest le premier, précisément parce qu’ils savent que le ROC ne veut rien savoir d’un quelconque accommodement. Un tel échec serait susceptible de favoriser le nationalisme et donc un réveil de la seule option disponible : l’Indépendance. Le statu quo, de son côté, provoque l’immobilisme et nuit au Québec, l’appauvrit et surtout L’EMPÊCHE D’AGIR, indirectement, quand nous constatons les effets pervers, nous réagissons avec un sursaut de nationalisme : on pourrait faire tellement mieux. Voilà pourquoi votre taxonomie est honteuse, elle ne permet pas de saisir combien cette attitude attentiste nous est préjudiciable, vous en faites même la promotion.

    L’Engagé

  12. Vos textes se ramassent probablement dans le SPAM parce qu’ils sont trop longs. Et ils sont tellement lourds que souvent je ne les lis même pas au complet. Vous auriez avantage à être plus concis.

    Et avant de dire que je ne lis pas l’histoire, c’est simplement qu’on ne lit pas les mêmes. Ne vous limitez pas seulement à ceux qui disent ce que vous voulez entendre.
    Quand vous lisez les textes sur les patriotes, quand vous voyez « anglais », la plupart du temps, ça signifie l’empire colonial britannique, pas les canadiens-anglais. Les séparatistes ont tenté de lier ce combat au leur, alors que ça n’a rien à voir.

    S.v.p. tenez vous en au sujet original, sinon je n’y répondrai plus.

  13. l'engagé dit :

    Mon cher Monsieur Rioux,

    C’est très difficile de voir en quoi je suis hors sujet, j’explique simplement en quoi vos allégations sur mon prétendu sectarisme ne reposent sur rien. J’utilise pédagogiquement le secours de l’histoire pour démonter vos postulats et exposer en quoi la racine du nationalisme québécois est légitime, le projet du Canada étant le prolongement de la volonté d’assimilation maintes fois prouvées de l’élite anglo-saxonne (ça vous va comme dénomination de groupe?) ou du moins d’un contrôle des centres de décisions et d’un effort pour garder les francophones minoritaires. Les discours, les lettres que je cite parlent pour elles-mêmes, Il ne s’agit que de sources primaires, avec quelques commentaires, pas d’interprétation.

    J’en conclue qu’elles sont soient exemptes de vos livre d’histoires, ces sources, ou que vous ne vous donnez pas la peine de consulter Séguin ou Lacoursière. Vous me faites la leçon, mais proposez-vous un historien qui sache analyser les mêmes événements? S’il en fait fi, alors que c’est un moment important, il doit avoir de sacrées bonnes raisons, c’est tout un revirement méthodologique, auriez-vous l’amabilité de nous faire connaitre cet historien révolutionnaire?

    Je vous ai fait la démonstration que vos étiquettes étaient franchement chimériques, vaines et trompeuses, mais que le pire, c’est qu’elles participent au maintien d’un statu quo, parce qu’elles popularisent des idées fausses sur le mouvement souverainistes, et ce faisant, participent de cet état d’une population minoritaire paralysée. Il serait si simple d’accepter dignement d’être majoritaire et de s’assumer. Vous êtes sympathique et je m’en veux de me défendre ainsi, mais affirmer des choses aussi grosses, sans fondement, c’est de la mauvaise foi.

    Par mes commentaires, je permets simplement à vos lecteurs de constater que certains de vos propos sont tordus.

    Comme vous coupez les cheveux en quatre avec chaque fois de nouveau sophismes, je me protège avec un maximum de méthode et avec des textes longs et assez précis.

    Vous voudriez me faire lire des livres d’histoire qui enseignent que : «Fédéraliste:, il s’agit d’un terme utilisé par les séparatistes pour identifier ceux qui ne sont pas d’accord avec eux. Un peu comme Bush, “If you’re not with us, you’re against us”.» Relisez-vous, c’est d’un ridicule, André Pratte s’affuble lui-même de cette étiquette…

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