Analyse des résultats

elections2008

Le résultats des élections est pratiquement le même qu’en 2008. Pourtant lors du déclenchement des élections, ça semblait vouloir être différent. Que s’est-il passé?

Les conservateurs ont commencé fort, mais ils ont graduellement perdu du terrain, notamment au Québec. Pourquoi? Selon moi, ils ont été mous, n’ont pas répondu aux attaques et à la campagne de peur du Bloc. Ils auraient eu avantage à expliquer et montrer que la plupart des attaques dirigées vers eux étaient non-fondées ou exagérés. A leur place, je mettrais à la porte leurs conseillers en communication.

Les libéraux étaient bien en arrière au départ, certains prédisaient une raclée monumentale. Vers la fin de la campagne, Stéphane Dion a surpris et a tranquillement remonté la pente, mais pas assez pour que ça se matérialise lors du vote. Il a quand même fait mieux qu’on espérait de lui. La plupart des gens semblent agréablement surpris de la performance de Dion lors de la campagne. Peut-être que la barre avait été mise tellement basse qu’il était facile de remonter un peui. Mais les libéraux aiment être au pouvoir, alors cette défaite est suffisante pour que les aspirants à la chefferie aiguisent leurs couteaux.

Les NPD, avec Jack Layon a été correct, sans plus. Il a utilisé trop de publicité négative contre les conservateurs et n’a jamais vraiment attaqué le Bloc au Québec, où il y aurait pourtant un bon potentiel pour les Démocrates. Souvent lors de l’élection, les supporters du NPD votent stratégiquement et se rangent derrière les libéraux, ils ne l’ont pas fait cette fois-ci, donc division du vote qui a aidé les conservateurs. Ils ont quand même faits quelques gains. Et d’un autre côté, le pourcentage de vote NPD a augmenté, donc une victoire morale pour le NPD.

Le Bloc était nerveux lors du déclenchement des élections. Les sondages étaient mauvais pour eux et il leur fallait une excuse ou un scandale (comme les scandale des commandites la dernière fois) pour justifier leur existence, qui était remise en doute. La coupure de 45 millions dans un budget de 4 milliards a été suffisante pour commencer leur campagne de peur. Le Bloc a fait la pire campagne de peur et de salissage de l’histoire du Canada. Sans cette diabolisation des Conservateurs, ils n’auraient rien eu à dire. Le pourcentage de vote Bloquistes a aussi descendu, ce qui est une mauvaise nouvelle pour les séparatistes. A chaque élection, ils trouvent une excuse différente pour garder leurs sièges, mais les québécois font bien finir par se rendre compte que s’isoler du pouvoir est nuisible et qu’il faut bien finir par participer au choix de qui dirigera le pays, au lieu de laisser ce choix aux autres. Par exemple, en votant massivement Bloc, les québécois ont gardé au pouvoir les conservateurs. En votant massivement Libéral, on aurait pu avoir un gouvernement minoritaire libéral.

Les Verts ont augmenté leur pourcentage, mais toujours sans réussir à élire un député. Je leur en aurait souhaité un, mais ça reste encore bien difficile pour eux.

Les perdants? Ce sont les électeurs. Avec un taux de participation aussi bas (moins de 60%), on peut se demander si notre démocratie est malade.

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5 Responses to Analyse des résultats

  1. lutopium dit :

    Salut. Entièrement d’accord avec toi sur le dernier point: les grands perdants sont les électeurs. J’ai de la difficulté à expliquer pourquoi presque la moitié des gens n’exercent pas leur droit de vote. La prochaine fois que j’en entend un chiâler, je lui demande s’il a voté. Et s’il répond que non, il passera un mauvais quart d’heure!

  2. Radisson dit :

    J’aimerais juste vous rappeler qu’avant de faire une campagne de démonisation contre Harper et les conservateurs les Bloquistes en ont fait une de salissage odieux et à vomir contre les Libéraux avec le scandale des commanditee!

    L’objectif du Bloc est de discréditer les politiciens québécois qui ont encore le courage de se présenter au Fédéral pour un parti normal!

    Il s’agit d’une oeuvre de destruction bien planifiée!

    Que les électeurs soient dégoûtés et ne participent pas au scrutin fait l’affaire des Bloquistes! Il es ainsi plus facile pour euc de monopoliser le vote grâce à leur base séparatiste…et quelques enveloppes brunes!

  3. « Par exemple, en votant massivement Bloc, les québécois ont gardé au pouvoir les conservateurs. En votant massivement Libéral, on aurait pu avoir un gouvernement minoritaire libéral. »

    C’est là que se situe probablement le pire paradoxe du Bloc Québécois: en prétendant défendre les intérêts du Québec, il empêche au bout du compte cette province d’avoir une influence réelle sur la politique canadienne. Il fut un temps où les élections se gagnaient et se perdaient au Québec; maintenant, on peut se demander s’il s’agit d’une perte de temps.

    Un exemple, Chicoutimi-le-Fjord. Là-bas, le bloquiste Robert Bouchard a été réélu contre le conservateur Jean-Guy Maltais. Il existait pourtant une alternative beaucoup plus intéressante pour le comté en la personne de Marc Pettersen, le libéral, qui proposait des projets ambitieux pour la région: un nouveau pont, une centrale marémotrice, une grappe industrielle sur l’hydrogène… Si les gens opposés aux conservateurs avaient voté pour lui, la circonscription serait nettement plus avantagée. Posez un raisonnement similaire un peu partout au Québec et, comme vous le dites, Marc Pettersen se serait retrouvé au gouvernement…

    Courage, le vote bloquiste baisse à chaque élection…

  4. @Alexis
    « Il fut un temps où les élections se gagnaient et se perdaient au Québec; »

    Totalement d’accord. Comme je disais précédemment, c’est un peu comme dire au reste du Canada: « Decidez donc à notre place qui devrait diriger le Canada ».

    Si jamais le Québec se sépare, il devrait changer le nom pour Moronie, parce qu’il est peuplé d’au moins 40% de morons. Dieu merci, ils ne sont pas majoritaires…

  5. Tym Machine dit :

    « Souvent lors de l’élection, les supporters du NPD votent stratégiquement et se rangent derrière les libéraux »

    C’est vrai dans le ROC, au Québec, ils se replient sur le Bloc, leur ami gauchiste de toujours, le NPD junior.

    « Si jamais le Québec se sépare, il devrait changer le nom pour Moronie, parce qu’il est peuplé d’au moins 40% de morons. Dieu merci, ils ne sont pas majoritaires… »

    38% des Québecois ayant exercé leur droit de vote ont voté pour le Bloc, le taux de participation a été de 60%, ce qui donne 22,8% des québecois qui ont privilégié l’isolement bloquiste.

    On est presque à la moitié des 40% que vous venez tout juste d’évoquer.

    Pour ce qui est des libéraux, ils ont obtenu 13 comtés, tous dans la région ouest de Montréal versus 10 pour les conservateurs et 24% du suffrage universel versus 22% pour les conservateurs.

    La remontée de Dion fut quand même assez spectaculaire au Québec. On parle ici de la majorité silencieuse montréalaise moins vocale que celle de Québec qui vote conservateur. Cette majorité est vastement constituée d’immigrants souvent réfractaires aux politiques de droite des conservateurs et même si le Bloc prétend attirer beaucoup d’appui dans les communautés ethniques, il n’en demeure pas moins que comme Parizeau l’avait si bien évoqué dans son discours sur le vote ethnique de 1995, les immigrants appuient très peu le Bloc et la séparation du Québec aux mains des nationalistes car il en va de leurs intérêts.

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